1960 - 2008 : INDÉPENDANCE DU CONGO ?

1er juillet 2008 par Victor Nzuzi


Bonjour,

Aux Camarades qui se sont donné la peine de me souhaiter une bonne fête de l’indépendance, je dois carrément répondre qu’il n y a pas d’indépendance dans mon pays. La colonisation a changé de forme et, maintenant, nous ne sommes pas seulement une colonie belge, mais une colonie de l’Union européenne, des Etats-Unis et, depuis quelques jours, de la Chine [1].

Comprenez :

1 – Il y a 17.500 casques bleus de l’ONU en RDC et près de 2.000 agents de la mission civile de l’ONU.
2 - Nos élections locales ne sont pas tenues depuis plus d’une année du fait que ceux qui donnent l’argent, au Nord, sont fâchés de la présence chinoise dans les mines de cuivre et de cobalt ; aussi, dans des affaires de construction de routes ...
3 - Notre budget est d’à peine 3 milliards $ US dont la moitié vient de l’étranger.
4 - Chaque fois que nous devons faire le Budget de l’Etat, le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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est là pour donner ses directives.
5 - Pour gérer toutes les ressources naturelles : bois de la forêt, minerais, eau..., les instructions viennent du FMI et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
. Ils nous ont imposé les codes de gestion qui font qu’aujourd’hui, 33% du territoire national est un champ minier où les investisseurs vont exploiter pendant 20, 30 ans sans presque rien donner au peuple congolais (seuls, quelques individus au Congo prennent leurs petites parts).
NB : dans mon village, les terres sont occupées depuis 1923, par la compagnie J V L d’un agro-industriel belge. Au moment où je vous écris, ce colon est là. Ses vaches polluent les eaux et nous manquons de terre pour cultiver…

Alors, dois je parler de l’indépendance ?

Actuellement, ceux qui prennent les mines déplacent certains villages, il y a même dans certains coins du Katanga, des écoles de plus de 1.000 élèves qu’ils veulent déplacer pour creuser leurs mines de cuivre.
Les droits et les libertés ? Il faut lire le rapport d’enquête de la mission de l’ONU sur le massacre dans le Bas Congo (voir site de la MONUC).

Conclusion : il est temps d’employer d’autres mots que des slogans d’indépendance. On ne doit pas continuer à distraire les gens.
Voilà la situation 48 ans après, de quoi tomber malade.

VICTOR
Le paysan
NAD ( Nouvelles Alternatives pour le Développement) Réseau CADTM international



Victor Nzuzi

NAD UNIKIN Kinshasa RDCongo

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