3e Forum social européen : « Rechercher des alternatives pour un continent avec 60 millions de pauvres »

23 septembre 2004 par Sergio Ferrari


Après Florence en 2002 et Paris en 2003, Londres accueillera du 14 au 17 octobre 2004 le 3e Forum social européen (FSE). Principal espace de réflexion pour le mouvement alter-mondialiste, les défis que doit relever le Forum découlent de l’extrême complexité de la réalité européenne. Tel est l’avis d’Eric Decarro, ancien président national du Syndicat des Services Publics (SSP-VPOD) et militant actif Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
du Forum social lémanique (FSL) et du Forum social suisse (FSS). Eric Decarro est l’un des deux représentants helvétiques au sein des instances qui depuis un an préparent le rendez-vous britannique.

Pour une Europe sociale

Q : La phase d’organisation finale se termine... Que va-t-il se passer à Londres ?

Eric Decarro (E.D. : Au niveau thématique, nous avons défini 6 axes : la guerre et les occupations militaires ; les efforts pour une Europe démocratique et sociale (droits sociaux) ; la justice sociale, qui inclut le travail et les droits syndicaux ; les différentes facettes de la globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
économique, telles que la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
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, le Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, l’Organisation mondiale du commerce OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
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et les questions régionales dérivées, comme l’accord de libre commerce des Amériques (ALCA). Aussi le racisme, le fascisme, les fondamentalismes et la xénophobie, et le dernier, la problématique de l’environnement et de l’écologie. Les questions concernant le genre seront traitées de manière transversale.

Cinq sessions plénières (conférences) se tiendront avec une traduction garantie pour chaque axe principal. De plus, toutes les propositions de séminaires présentées par diverses organisations et réseaux - propositions qui approchaient au début de nos discussions le nombre de 700 - ont été regroupées par thèmes et réduites au final à quelque 170 pour des questions de logistiques, équipement de traduction en particulier. Les autres se tiendront dans le cadre d’ateliers de travail. Ces décisions découlent des limites que nous avons rencontrées à Londres, où nous disposons d’espaces plus réduits - en nombre de salles - qu’à Florence ou à Paris.

Q : Tous les axes thématiques auront-ils le même poids ?

E.D. : A partir de la demande des délégués participant aux séances de préparations et du nombre de propositions de séminaires reçues, deux axes seront prioritaires : celui de la justice sociale (avec 44 séminaires) et celui de la construction d’une Europe démocratique et sociale (avec environ 33 séminaires). Leur poids sera prépondérant. Pour les autres axes, il est prévu de 20 à 23 séminaires. Il est aussi prévu, dans le cadre du programme, une assemblée des femmes. Pour certains axes, une assemblée de campagne sera organisée (sur les droits des migrant-e-s par ex.).

Moins de moyens qu’à Paris

Q : Tu as mentionné des problèmes d’espace (et de budget). Qu’en est-il ?

E.D. : Les organisateurs britanniques nous ont expliqué que, pour des raisons politiques - une conséquence claire des mesures d’ajustement imposées depuis des années dans leur pays -, ils devaient compter sur un appui financier inférieur à celui des précédents forum. La municipalité de Londres finance le 40 % du budget total de 2,4 millions de francs (1,2 million de livres sterling). De leur côté, les grandes fédérations syndicales garantissent 20 % du budget. Il faut y ajouter deux éléments défavorables : les organisations syndicales - très impliquées dans la préparation du FSE - n’ont pas encore versé la contribution promise, d’où des problèmes de liquidités Liquidité
Liquidités
Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
pour les organisateurs du FSE et la municipalité de Londres exige un contrôle serré de toute avance financière. Le reste de ce budget, un chiffre pas du tout négligeable, devra être couvert par les inscriptions des participant/es. Nous avons donc lancé un appel urgent : ceux et celles qui s’inscrivent et paient jusqu’au début octobre la taxe d’inscription de 60 francs recevront gratuitement une carte de transport public (d’une valeur de 38 francs) valable pour toute la durée du forum.

Q : Comment se déroulera pratiquement le FSE ?

E.D. : Le premier jour, le 14 octobre, la municipalité de Londres se charge de la réception. Vendredi et samedi se tiendront les assemblées plénières, les séminaires et les ateliers de travail. Le dimanche 17 octobre, l’assemblée des mouvements sociaux se réunira le matin - en même temps que quelques ateliers. L’après-midi, aura lieu une manifestation massive de clôture avec l’idée d’un « rallye » contre la guerre. Cette manifestation a suscité une âpre discussion. Un secteur la comprenait comme une nette convocation anti-guerre et anti-Bush, en tenant compte du fait que les élections présidentielles nord-américaines se dérouleront deux semaines plus tard. Un autre secteur soulignait qu’on ne pouvait pas limiter la convocation à cet élément ponctuel, vu que les thématiques du FSE sont beaucoup plus larges et dépassent de beaucoup la situation électorale aux Etats-Unis.
Finalement, un accord a pu se faire en faveur d’un appel à manifester en faveur d’une Europe des droits sociaux et contre la guerre, en soulignant la responsabilité de la Maison Blanche.

Q. : A combien peut-on évaluer le nombre de participant/es au Forum ?

E.D. : Les organisateurs attendent 20-30.000 délégué/es. En ce qui concerne la manifestation, qui s’annonce massive, on y attend au minimum 100.000 personnes.

Un débat politique nécessaire

Q : Quel seront le cadre politique fondamental, les points de tension, le « débat subliminal » de la rencontre londonienne ?

E.D. : Il existe des différences entre certains secteurs, qui ont une vision très « verticale », d’efficience, d’un certain contrôle, d’une recherche de résultats et les « horizontaux », qui défendent des idées du type démocratie de base et des formes d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
basées sur la désobéissance civile.

Ce mouvement horizontal comprend des acteurs et des sensibilités différentes. Certains d’entre eux estiment que le FSE est un espace « en dispute » qui « peut être reconstruit », alors que d’autres le considèrent comme une initiative « récupérée » par des forces politiques qu’ils considèrent comme réformistes traditionnels. Il y a une part de vérité dans les deux positions car le FSE contient d’importantes contradictions, facteur de vie. En tout cas, il existera, cette fois dans le cadre du forum, un espace autonome avec une série de débats de fonds et d’activités en tous genres.

Mais, au-delà de ce niveau de tensions, je perçois au sein du FSE des contradictions importantes sur des questions fondamentales qu’on ne saurait nier. Il est évident que, lors de cette prochaine session, les syndicats seront beaucoup plus présents qu’auparavant. Ce n’est pas un hasard si la dernière assemblée préparatoire de Bruxelles s’est déroulée dans les locaux de la Confédération des syndicats européens (CSE). Cela permet de prévoir des contradictions significatives. Par exemple, le mouvement syndical et la CSE se sont prononcés en faveur de la Constitution européenne. D’autre acteurs alter-mondalistes du continent européen, eux, s’y opposent, vu la philosophie de base de cette Constitution qui accepte, en résumé, la prédominance du marché et du capital financier, prédominance par essence contradictoire avec les droits sociaux. Or, les syndicats considèrent qu’au niveau des droits sociaux les modifications qu’ils ont réussi à faire introduire sont suffisantes et permettent de faire un pas en avant.

Tout cela m’amène à réfléchir sur le nécessaire - pour ne pas dire indispensable - approfondissement du concept même de démocratie, mis en question par certains intellectuels renommés comme José Saramago (dans un article publié dans un des derniers numéros du « Monde Diplomatique ») ou encore par le philosophe français Jacques Derrida dans ses réflexions sur la citoyenneté. S’interroger sur ce thème central implique également d’analyser pour le critiquer le modèle que les gouvernants nord-américains tentent d’imposer par les armes au monde entier. En dernière instance, il est essentiel de réfléchir sur l’incompatibilité entre le concept de démocratie et le modèle dominant de la guerre et du marché, qui garantit la prééminence du capital financier et qui attaque systématiquement tous les droits et les conquêtes sociales.

Q : Peut-on imaginer qu’à Londres des avancées se réalisent sur ces thèmes qui paraissent éternellement renvoyés à plus tard ?

E.D. : Je pense qu’il y aura un certain nombre de polémiques dans cette direction. Mon impression - telle qu’elle découle des discussions latérales durant le processus de préparation - est qu’il existe beaucoup d’illusions sur les institutions démocratiques actuelles et sur la possibilité, dans ce cadre, d’inverser les politiques néo-libérales actuelles. Mais jusqu’ici ce débat sur le fonds n’a pas été mené, en tous cas pas dans les assemblées européennes de préparation. Dans l’étape actuelle, nous avons investi nos forces dans les aspects organisationnels, dans la définition des axes de travail et dans la compression du nombre des séminaires (ce qui suppose évidemment des choix politiques), afin que ceux-ci puissent exister en fonction des possibilités logistiques.

Q : Y a-t-il eu - ou y aura-t-il à Londres - une réflexion directement liée au déroulement du prochain Forum social mondial à Porto Alegre, en janvier 2005 ?

E.D. : Il a été peu question de Porto Alegre 2005 durant la préparation. Certainement, une série de séminaires seront consacrés à l’avenir du mouvement alter-mondialiste, et à des thèmes fondamentaux comme, par exemple, la relation des mouvements sociaux avec les partis ou entre syndicats et partis, qui seront aussi à la base de la réflexion lors du prochain rendez-vous brésilien.

Q : Enfin, un point sensible qui n’a pas toujours été bien intégré aux forums : le rôle de l’assemblée des mouvements sociaux...

E.D. : Il existe un groupe de travail, qui s’est chargé d’analyser et de préparer le thème. En conclusion, il a ratifié la valeur des forums sociaux comme espace de discussion et, en même temps, de recherche d’alternatives et de convocation à des mobilisations.

Ce groupe considère que la première tâche a été bien remplie, alors qu’il existe une certaine faiblesse par rapport à la deuxième. Maintenant, le mouvement doit déterminer quelques dates-clés de mobilisation continentale pour dépasser cette limite. Par exemple : le 29 octobre à Rome, lors de la signature du Traité constitutionnel européen ; fin mars 2005, lors du sommet européen sur les questions économiques et sociales (des contacts vont être engagés avec le mouvement syndical pour renforcer la mobilisation sur cet important objet) ; au milieu 2005, le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. - qui se tiendra en Ecosse.

Il faut bien y réfléchir. Car cette idée subordonne la construction d’alternative aux revendications concrètes - la plupart du temps défensives - de ces mobilisations. Ceci tend à affaiblir les mobilisations elles-mêmes qui doivent être éclairées, par-delà les revendications immédiates, par des éléments portant sur le contenu de la société que nous voulons. Je pense donc que cette recherche d’alternatives va bien au-delà et occupe un espace propre de réflexion. Exercice qui doit intégrer une large gamme d’acteurs. Il est évident, par exemple, que tous les « sans » - les sans-emplois, les sans-toits, - les sans-papiers - ont fait pression pour obtenir une présence plus forte. Une demande tout à fait explicable si l’on pense qu’il existe aujourd’hui en Europe plusieurs dizaines de millions de chômeurs/euses et que près de 60 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté et exigent de faire entendre leur propre vision d’une autre Europe différente...

Sergio Ferrari
Trad. H.P. Renk
(Collaboration E-CHANGER)



Sergio Ferrari

Journaliste RP/periodista RP