ATTAC MAROC - Contre la mondialisation libérale

Communiqué de Presse - Rabat, le 6 octobre 2015

7 octobre 2015 par ATTAC/CADTM Maroc

ATTAC Maroc présentera sa nouvelle étude intitulée : « Accords de libre-échange, des accords coloniaux contre les peuples. Analyse des accords de libre-échange liant l’Union européenne et le Maroc », le​ samedi ​10 octobre 2015 à 17h à Rabat lors d’une conférence au Club des avocats.

- ATTAC Maroc dresse une première évaluation des accords de libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne.

- Notre association appelle au lancement d’une campagne « Stop ALECA ».

En l’absence d’un bilan rigoureux et indépendant des quinze ans de politique d’ouverture commerciale tout azimut, le Maroc s’est lancé dans de nouvelles négociations pour un Accord de libre échange avec l’Union européenne (UE). En mars 2013, le gouvernement a entamé des négociations avec l’Union européenne pour la signature Accord de Libre-échange Complet et Approfondi (ALECA). Cet accord prévoit plus de libéralisation des services et des capitaux, une intégration du Maroc dans le dispositif européen de domination de ses voisins du Sud et de l’Est. Cet accord s’inscrit dans le sillage d’autres traités en négociation (Traité Transatlantique, TISA, etc.).

Dans le cas de l’Afrique du Nord, le Maroc est le laboratoire de ce type d’accords complets et approfondis pour la région. Le dernier round (4e) de ces négociations s’est tenu à Bruxelles en avril 2014. Le cinquième round a été reporté à une date qui sera fixée ultérieurement. Et ce n’est qu’en 2014 que le Maroc a lancé une étude sur les secteurs qui seront couverts par le futur ALECA, le tout en l’absence totale de transparence de la part des autorités marocaines et européennes.

À ATTAC Maroc, nous affirmons que tous ces ALE sont dangereux pour les Marocains et leur économie. Partant du bilan officiel, nous avons tenté de dresser notre propre évaluation de la politique d’ouverture commerciale. À cet effet, nous venons d’éditer un ouvrage consacré à cette question. Cette étude citoyenne s’arrête sur les non-dits de tels accords que nous qualifions de coloniaux et contre notre peuple.

Après avoir donné un aperçu sur les soubassements idéologiques qui étayent la frénésie libre-échangiste à cette étape de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
néolibérale, nous dressons un rapide bilan de l’impact des traités de libre-échange signés à ce jour par notre pays, pointons le déni de démocratie qui entoure ce dossier, et analysons d’un peu plus près leur impact sur les questions agricoles, sur le secteur des services (à partir de l’exemple du secteur de la santé et de la question de la propriété intellectuelle), sur l’endettement du pays ainsi que sur la circulation des personnes et le volet migratoire. En plus de la participation des militant-e-s de notre association, cet ouvrage a été honoré par la participation de deux éminents experts sur le sujet.

Najib Akesbi, économiste et spécialiste des questions agricoles, a livré son analyse de ces ALE. Othoman Mellouk, coordinateur régional MENA de la Coalition internationale pour l’accès aux traitements, prévient contre les conséquences pour la santé des Marocains en cas de signature d’un tel accord. Cette publication a bénéficié du soutien de la Fondation Rosa Luxembourg et de son bureau régional à Tunis.

À travers cette évaluation, nous voulons ouvrir le débat et lancer une campagne nationale pour dire Stop à l’ALECA et tous les ALE qui mettent en péril l’avenir de notre tissu productif et contribuent fortement à la crise structurelle de l’emploi et aggravant le déficit commercial, l’endettement et plaçant l’économie marocaine dans une dépendance accrue et sans défense face à la concurrence agressive des multinationales au pouvoir élargi.

La présentation de notre livre « Accords de libre-échange, des accords coloniaux contre les peuples. Analyse des accords de libre-échange liant l’Union européenne et le Maroc » s’effectuera le 10 octobre 2015 à 17h à Rabat lors d’une conférence au Club des avocats, rue d’Afghanistan.

Contact :
Omar Aziki, SG d’ATTAC Maroc
Tel : 0661173039


Auteur.e

ATTAC/CADTM Maroc

membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/