26 juin > 28 juin

Paris, France

Action Sommet du G7 « Debt for climate/Annulons la dette pour le climat »

Action Sommet du G7 « Debt for climate/Annulons la dette pour le climat » à Paris / Autour du G7 (26-28 juin), Attac, Extinction Rebellion et Youth for Climate participeront à une action de désobéissance civile engageante et visuelle à Paris, pour exiger du G7, à l’occasion de son sommet à Munich, l’annulation de la dette des pays du Sud Global. Avec la collaboration du CADTM.

De nombreux activistes participeront à cette action bloquante, engagée et visuelle, qui mettra en lumière les liens entre justice climatique et justice sociale, et la nécessité d’agir sur la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
afin de lutter contre la crise climatique.

Cette action s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation internationale, Debt for Climate, qui se déroule dans plus de 20 pays. Elle fait suite à un appel issu d’une coalition de pays du sud et des MAPAs (Most Affected Peoples and Areas).

La mobilisation Debt for Climate vise à exiger du G7 G7 Groupe informel réunissant : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing. de mettre la question de la dette et de son annulation à l’agenda de leur sommet. L’enjeu de l’annulation de la dette au nom du climat, répond à une nécessité : libérer les pays concernés d’une dette effroyable et inéquitable, qui les empêche de mener une politique environnementale significative et les obligent à surexploiter leurs ressources, et en particulier les énergies fossiles, pour pouvoir rembourser la dette. La France, qui assure la présidente tournante de l’Union Européenne et qui sort d’une période électoral, doit prendre ses responsabilités et envoyer de véritable signaux.

Alors que le Giec nous exhorte à mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles pour sauvegarder notre futur, l’annulation de la dette est plus que jamais nécessaire afin de mettre fin à un système obligeant ces pays à développer les exportations à tout prix, augmenter l’extraction et l’utilisation des énergies fossiles, et limiter les investissements écologiques.

Alors qu’avec la guerre en Ukraine, une crise alimentaire sans précédent menace, la dette amplifie la crise et menace d’accélérer et d’accroitre l’exploitation des énergies fossiles et la destruction de la biodiversité. La priorité actuelle donnée aux droits des créanciers plutôt qu’aux droits et moyens de subsistance des populations des pays en développement est une impasse.

Alors que se conjuguent la menace d’une catastrophe alimentaire mondiale, une crise de la dette effroyable et les effets de l’urgence climatique, le G7 et les institutions financières internationales portent une responsabilité écrasante et coupable.

Le G7, le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
ont des responsabilités historiques dans le développement de ce cercle vicieux dettes/surexploitation des ressources. On a vu, par exemple, la Banque mondiale et le FMI imposer par le passé la privatisation de l’eau dans de nombreux pays comme condition à l’allègement de la dette. On les a vu également conditionner des prêts à la production intensive de produits destinés à l’exportation, prêts qui ont eu des conséquences environnementales désastreuses, voire irréversibles.

La crise de la dette est d’abord la résultante d’un système financier injuste dominé par les pays les plus riches. La dette africaine, cumulée pour tous les pays du continent, atteint 1400 milliards de dollars. De son côté, la BCE BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
a racheté pour près de 5.000 milliards d’euros de dette publique et privée depuis 2014, permettant ainsi aux états de bénéficier de taux d’emprunts très bas, alors que c’est justement « la charge de la dette », c’est-à-dire le remboursement des intérêts, qui est insoutenable pour les pays d’Afrique. Cela démontre aussi que nous avons les moyens d’agir !

La reconnaissance d’une dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
par les pays les plus riches est une exigence fondamentale. Cette dette écologique provient de la responsabilité des pays les plus riches dans le changement climatique : ce sont eux qui sont les premiers responsables de la destruction de la biodiversité et du pillage des ressources, au sein de pays, qui sont, les moins responsables, et les plus impactés par les crises environnementales en cours et à venir.

L’annulation de la dette doit s’accompagner d’une allocation de financements climat de qualité, qu’il faut considérer, non comme une « un acte de charité » mais comme la reconnaissance de la dette climatique des pays du nord.

Justice climatique, sociale et écologique sont intimement liés. L’action nécessaire pour lutter contre l’urgence climatique passe par l’annulation de la dette, mais aussi par la reconnaissance de la responsabilité historique des pays du G7 et des devoirs qui lui incombent.

Attac, Extinction Rebellion et Youth For Climate ont décidé de répondre à l’appel Debt for Climate en agissant conjointement en France. La réforme de la dette, la solidarité avec les pays les plus touchés par la catastrophe en cours, et pourtant les moins responsables, la nécessité d’une politique écologique décoloniale et la reconnaissance de la dette écologique doivent être les piliers de l’action climatique internationale.

Attac-France, Extinction Rebellion-France, YFC-France, avec la collaboration du CADTM.


À venir