Contre le sommet de la Banque mondiale & du FMI

[Alterecho] L’automne de Prague - reportages & interviews

4 octobre 2000 par Alterecho


Une première émission, ça se soigne, et AlterEcho ne recule devant aucun sacrifice pour choyer ses auditeurs, DONC, je me suis désigné la semaine dernière comme envoyé spécial sur l’événement majeur, j’ai nommé l’automne de Prague. Pour ceux qui étaient déjà en train d’hiberner, je rappelle que la semaine dernière à Prague, le Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, FMI pour les intimes, et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
ont tenu leur congrès annuel, et que ledit congrès a dû essuyer beaucoup de protestations, contestations et manifestations de la part d’une bande de va-nu-pieds venus nombreux de l’Europe entière et même au-delà. Le but pour aujourd’hui est de regarder l’événement d’un peu plus près, et même de beaucoup plus près que les médias qui étaient censés vous le relater.

D’abord, en bref, le FMI et la Banque mondiale, c’est quoi ? Ce sont des institutions jumelles qui sont nées sur les ruines de la seconde guerre mondiale. On ne va pas épiloguer, mais en gros, le FMI est une banque qui prête aux Etats qui ont besoin d’argent, à la condition que ces Etats respectent certaines conditions. On pense tout de suite aux fameux ajustements structurels, qui ont été récemment rebaptisés à cause de leur mauvaise réputation. Les ajustements structurels, c’était ça : tu as besoin d’argent pour ne pas mourir, moi je nage dedans, je veux bien t’en donner un petit peu à condition que tu fasses ce que je te dis. Et c’est ainsi que les pays industrialisés imposent aux pays du tiers monde des recettes néolibérales, genre : il faut privatiser tel ou tel service public, cultiver plutôt ceci que cela, etc. Pas que ces recettes soient adaptées au problème, mais elles ont le grand avantage de faire le bonheur des investisseurs étrangers, autrement dit des pays industrialisés. Bon, et si je refuse ? Ah, dans ce cas, pas de sous, et il faut encore rembourser le crédit de la dernière fois. Bref, il ne reste plus qu’à accepter, quel que soit le prix à payer.

La Banque mondiale, ce n’est pas très différent. Elle a pour vocation de financer des projets de développement. Evidemment, elle a un droit de regard sur ce qu’elle finance, donc elle ne finance que des projets qui cadrent dans l’optique des pays où elle prend son argent, en gros, les pays industrialisés. Un peu le genre de coopération au développement à scandale pratiqué longtemps en Belgique par l’AGCD, si vous voyez ce que je veux dire. Tu reçois de l’argent pour un projet, mais ton projet doit être réalisé par une boîte belge, sinon pas de sous. La BM, ce n’est pas exactement la même chose, mais c’est le même esprit. Bref, ce sont deux institutions qui, sous prétexte de fabriquer un monde meilleur sont plutôt en train d’en saccager une partie, de saigner les plus pauvres et de creuser les inégalités.

Alors, je ne sais pas si vous avez suivi l’actualité, mais depuis un an ou deux, les gens commencent à en avoir marre, et ils se mettent à manifester leur mécontentement vis-à-vis de toute cette hypocrisie. Il y a d’abord eu Seattle, où les manifestants ont saboté le sommet de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site :
, une autre organisation du même acabit, puis le même topo à Washington ; on a vu aussi les foules soutenir José Bové à Millau, où on le poursuivait pour avoir symboliquement démonté un MacDonalds pour protester contre la marchandisation du monde. La dernière étape en date, c’était donc à Prague, la semaine dernière.

A Prague, il y a eu toute une série de manifestations et toutes sortes de manifestants. Ca allait de divers mouvements religieux aux groupements d’extrême gauche, en passant par des formations politiques et des mouvements anarchistes. Les revendications elles aussi étaient très variées. Certains demandent l’annulation pure et simple de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
, d’autres une réforme profonde de la Banque mondiale et du FMI, d’autres encore la disparition pure et simple des ces institutions. Evidemment, vous en avez sûrement entendu parler, il y a eu des violences entre la police et les manifestants. Mais sans doute, et c’est bien là le problème, vous n’avez entendu parler QUE de ces violences, alors qu’il y avait tant d’autres choses à dire. Les manifestants n’étaient effectivement pas tous des enfants de chœur, et certains avaient un look disons... pas comme monsieur tout le monde. Du coup, quand les médias se retrouvent devant une situation de ce genre, c’est de ça qu’ils parlent, parce qu’ils regardent rarement plus loin que le bout de leur nez. On a donc beaucoup entendu parler de violences et d’anarchistes, très peu de revendications concrètes, et on n’a pas vu du tout d’analyse en profondeur du FMI et de la Banque mondiale et des résultats de leur action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
.

Pour pallier à ces manques, voici pour commencer une interview d’Eric Toussaint, le président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Pour une fois qu’il a eu l’occasion d’exposer ses points de vue en plus de 30 secondes ou 2 minutes, vous pensez bien qu’il en a profité.

Écoutez l’interview d’Eric Toussaint.
(05’23) (RealAudio).

Il est bien évident que dans cette émission, nous observons un rigoureux devoir d’objectivité, et que nous donnons donc la parole à toutes les parties. Ca tombe bien, puisque j’ai eu l’occasion d’interviewer un ponte de la Banque mondiale, Luis Dodero. Monsieur Dodero est espagnol, et il est le vice-président de l’Agence multilatérale de garantie des investissements, une des agences de la Banque mondiale. Cette agence assure le risque couru par les investisseurs étrangers lorsqu’ils investissent dans les pays en voie de développement, bref, une activité bien dans la ligne de l’œuvre civilisatrice de la Banque mondiale. Ce pauvre monsieur Dodero s’est donc retrouvé à Prague, bloqué dans sa limousine. Il se rendait gentiment à une petite sauterie à l’ambassade d’Espagne juste au moment où une horde de manifestants espagnols s’était mis dans la tête d’aller exprimer son mécontentement devant la porte de ladite ambassade. Que tout le monde se rassure, il est arrivé sain et sauf au buffet, mais son petit retard nous a laissé juste le temps de lui poser quelques questions.

Écoutez l’interview de Luis Dodero.
(06’02) (RealAudio).

Bon. Après avoir eu les deux sons de cloche, regardons ce que nous ont servi les professionnels de l’objectivité, j’ai nommé les journalistes. Cette semaine, je l’avoue, mon champ de vision a été fort étroit puisqu’il s’est limité au Soir et à La Libre Belgique. On essayera de faire mieux les prochaines fois.

Déjà, le Soir commençait en force le lundi 25 septembre. Il y avait un article intitulé « Lutte active du FMI contre la pauvreté ». Formidable ! Le Soir est donc allé constater sur le terrain combien le FMI lutte activement contre la pauvreté. Enfin, c’est ce que laisse entendre le titre, mais c’est évidemment trop beau pour être vrai. En fait, ce merveilleux quotidien s’est apparemment contenté d’interroger un conseiller du FMI, qui affirme évidemment, la main sur le cœur, que le FMI fait tout pour éradiquer la pauvreté dans le monde. Pour préserver l’objectivité, ou plutôt un certain équilibre, le journaliste larde les citations du conseiller de quelques échos d’organisations contestataires. « Oui, mais, le CADTM dit ceci, Jubilee 2000, une autre organisation qui manifestait à Prague, dit cela. » Chaque fois, une petite citation de l’expert réfute opportunément les critiques. La conclusion se trouve donc dans le titre de l’article : le FMI lutte activement contre la pauvreté.

Dans LLB, même topo mais pour la Banque mondiale cette fois. La Libre cite une dépêche de l’AFP dans laquelle une légume de la banque admet que le développement n’est pas uniquement une question de gros sous, mais aussi de qualité de vie. Suit une citation rigolote, et surtout révélatrice : « Il n’y a là ni reniement ni volte-face, a assuré M. Stern, assurant qu’il s’agissait de l’aboutissement d’une réflexion engagée depuis 10 ou 15 ans. » Il a donc fallu 10 ou 15 ans à la BM pour inventer l’eau tiède. Et comme dans le Soir, quelques belles paroles d’un expert financier suffisent à faire un beau titre, beau mais mensonger. Ici, c’est : « la BM fait son mea culpa ». La Libre et le Soir ne sont pas près de faire le leur.

Jeudi dernier, le 29 septembre, Le Soir publiait une interview de Didier Reynders, qui a été très bon élève cette semaine. Il a vraiment payé de sa personne pour défendre ses chères institutions, mais là, dans Le Soir, il a quelque peu dérapé. Premier dérapage : à propos du caractère démocratique du FMI et de la BM, Reynders sort sa meilleure langue de bois pour dire, je cite : « Je reste intransigeant sur le fait que ces institutions sont de nature démocratique, dans leur existence même. Elles résultent d’une décision politique. C’est à travers des mécanismes d’élection et de formation de gouvernements que l’on peut proposer une institution telle que le FMI ou l’ONU et que ces dernières, à leur tour, peuvent prendre des décisions. » Si quelqu’un voit le rapport, qu’il lève le doigt. Heureusement, j’ai croisé à Prague Josy Dubié, ancien reporter RTBF et sénateur écolo, qui est autrement plus éclairant que Reynders sur la même question.

Écoutez l’interview de Josy Dubié.
(02’29) (RealAudio).

Ben voilà, là on comprend tout. On comprend très bien aussi la très mauvaise foi de Didier Reynders, toujours lui et toujours dans la même interview accordée au Soir. Là, c’est le VRAI dérapage. Voilà ce que dit notre ami libéral pour balayer d’un revers de la main toute la contestation menée par les ONG : « La plupart des ONG qui manifestent proviennent des pays développés. Elles se sentent autorisées à dire ce qu’il faudrait faire dans des pays en voie de développement. » Plus loin, il enfonce encore le clou en disant : « la représentation des pays en voie de développement est un peu confisquée par les associations des pays développés. » Bêtise pure, ou culot monstre ? Pas facile à dire. En tout cas, je suis resté pantois devant ces déclarations. Ca fait des années que le FMI et la Banque mondiale se sentent parfaitement autorisées à dire ce qu’il faut faire dans le tiers monde, et qu’ils confisquent non pas la représentation, mais carrément la souveraineté des pays en voie de développement, mais ça, Didier aime bien. Par contre, qu’une ONG se risque à dire timidement que ce n’est pas bien, et là, le sieur Reynders enfourche son canasson et part en guerre.

Il n’y a pas que Reynders qui ait dérapé dans ce cas précis. En tant que journaliste, quand on entend une énormité pareille, on est tenu de réagir. L’interview est signée Bernard Demonty, je suis donc allé trouver Bernard Demonty.

Écoutez l’interview de Bernard Demonty.
(04’27) (RealAudio).

On le voit et on l’entend, pour Le Soir, le débat démocratique, c’est cinq minutes de temps de parole à gauche, cinq minutes à droite et débrouillez-vous. Ca me rappelle un passage d’un petit bouquin qui date de 1973, mais qui est toujours parfaitement d’actualité. Ca s’appelle « Radioscopie de la presse belge », et c’est signé René Campé, Marthe Dumon et Jean-Jacques Jespers. A propos du Soir, on pouvait lire : « En général, Le Soir épouse les causes qui finissent par triompher. Il préfère les partis modérés, avec une prédilection pour les gouvernements d’union nationale. » Bref, le Soir est un journal frileux et mollasson, et ça fait donc au moins un quart de siècle que ça dure.

Mais pourquoi s’acharner sur ce pauvre Soir, alors que tant d’autres nous fournissent toutes les occasions de nous énerver ? Justement, j’en parlais avec Eric Toussaint, souvenez-vous, c’était le type qui demandait l’annulation de la dette en début d’émission. Eh bien, Eric Toussaint a rencontré à Prague quelques envoyés spéciaux, et lui aussi, il s’est un petit peu énervé.

Écoutez l’interview d’Éric Toussaint.
(03’45) (RealAudio).

Eric Toussaint parlait de radios de services public captables en FM et en ondes moyennes. Vous, je ne sais pas, mais moi, ça me fait penser à la RTBF. Justement, à propos de la RTBF, j’ai rencontré son envoyée spéciale à Prague, de retour de son voyage, qui a été plutôt mouvementé. Il s’agit de Françoise Gillain, qui a eu la malchance de se faire embarquer par les flics sans raisons apparentes et de passer quelques heures dans un sympathique commissariat tchèque. Je vous propose tout de suite de l’écouter.

Écoutez l’interview de Françoise Gillain.
(02’21) (RealAudio).

Comme quoi, il n’y a pas qu’au Soir qu’on ménage la chèvre et le chou. Comme le disait également Eric Toussaint, la VRT, c’est-à-dire la RTBF flamande, enfin pas tout à fait, mais c’est censé être l’équivalent, bref, la VRT donc avait envoyé une équipe télé sur place pour suivre la délégation belge des manifestants et voir ce qui s’y passait. Résultat : alors que la RTBF n’a montré que des images de violence, la VRT pris le temps de donner la parole aux contestataires dans un long reportage, et de parler abondamment d’Indymedia. Indymedia, c’est le centre des médias indépendants, une initiative née aux Etats-Unis au moment de la contestation du sommet de l’OMC de Seattle. Comme les médias dominants ne sont pas fichus d’expliquer ni les enjeux ni les événements dans ce genre d’occasions, ce sont de simples citoyens qui se sont réunis pour raconter les choses comme elles se passent. Inymedia s’exprime, modernité alternative oblige, via Internet, et on trouve sur le site aussi bien des sons que de la vidéo, des photos, des réflexions et des récits écrits. Depuis Seattle, de très nombreux centres Indymedia ont fleuri à travers le monde, et notamment à Bruxelles. Le sommet de Prague était le premier événement où des collaborateurs d’Indymedia du monde entier s’étaient donné rendez-vous pour couvrir l’événement en masse, avec un succès appréciable. J’ai demandé à Han Soete, l’un des fondateurs d’Indymedia Belgique, comment était né le centre belge, et quelles sont les perspectives qu’offre l’initiative.

Écoutez l’interview de Han Soete.
(02’09) (RealAudio).

Vous trouverez l’adresse du site Indymedia sur le site d’AlterEcho, http://alterecho.collectifs.net/. Une fois de plus, on notera que ce ne sont que les médias flamands qui s’intéressent aux infos d’Indymedia. Nous aurons très souvent l’occasion dans cette émission de revenir sur les étranges différences entre médias flamands et francophones en Belgique.

Voilà, le premier numéro d’AlterEcho se termine. Vous remarquerez que j’ai parfaitement réussi à éviter LE sujet phare de ces jours-ci, les élections communales. D’une manière générale d’ailleurs, nous tenterons de n’aborder ici que les sujets qui en valent la peine, donc tout va bien pour l’instant.



Visitez le site d’Alterecho : http://alterecho.collectifs.net/.

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