Alternatives économiques féministes au système dominant

30 septembre 2015 par Chloé Despax

Marie-Hélène Le Ny

Le samedi 13 septembre s’est tenu l’atelier « Alternatives économiques féministes au système dominant » dans le cadre de la 4e Université du CADTM Europe. Lors de cet atelier animé par Christine Vanden Daelen (CADTM Belgique), Jules Falquet (Maîtresse de conférences HDR Université Paris Diderot – France) a partagé son analyse sur l’exploitation systématique des femmes par la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
, Carla Sandoval (Le Monde selon les femmes – Belgique) nous a présenté quelques alternatives concrètes et luttes spécifiques des mouvements de femmes en Amérique latine tandis que Soizic Dubot (Vie féminine – Belgique) est revenue sur « Qu’est-ce qu’une alternative (économique) féministe ? » et comment la matérialiser ?

Avant de développer son exposé, Jules Falquet nous a appris à mieux la connaître. Voici quelques extraits de sa présentation personnelle : « Il est important d’être conscient-e-s du ‘point de vue situé’ c’est-à-dire avoir conscience d’où on parle. Je suis une femme blanche, française, sans problème de papiers, sociologue, de classe plutôt aisée donc. J’ai vécu au Mexique, au Salvador juste après la guerre, en Colombie, au Brésil, en République dominicaine. Les féministes lesbiennes noires, indiennes et les femmes ayant vécu des situations de guerre m’ont appris énormément de choses. Pour moi être lesbienne ne se résume pas à une préférence sexuelle mais reflète une interrogation sur les logiques d’organisation de la société, d’éducation  ». Entre autres engagements, Jules Falquet fait partie d’un collectif féministe anti-islamophobe proche des femmes de Kobané |1| mais également d’une association d’appui pour les femmes migrantes lesbiennes, ougandaises notamment.

Elle débute son intervention en rappelant la centralité du concept de l’ « intersectionnalité » : les rapports sociaux de sexe, de race, de classe sont imbriqués, liés. Ils se façonnent les uns les autres et interagissent entre eux constamment. Ensemble ils forment des systèmes de domination (cf. le sexisme, le racisme et le capitalisme) qui touchent quasiment chacun-e d’entre nous. On ne peut lutter contre l’un de ces systèmes en négligeant les autres. Cela n’aurait pas de cohérence en terme de changement radical de société et comporterait le danger de renforcer les systèmes non soumis à notre action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
collective (ex : lutter seulement contre les rapports de classe peut renforcer le racisme et le sexisme).

Après cette mise au point, Jules Falquet aborde la thématique de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
néo-libérale et des femmes. Cette mondialisation débute dans les années 90 avec la chute du mur de Berlin. Elle produit exode rural, relocalisation industrielle et privatisations massives des services publics où la majorité des travailleurs sont des travailleuses. Cette privatisation a créé une crise du « care » (traduction en français : « prendre soin des autres » : rôle dévolu selon l’organisation patriarcale depuis des millénaires aux femmes). Pour y suppléer, fut organisé un vaste transfert de la main d’oeuvre féminine des pays du Sud vers le Nord ou vers les métropoles du Sud pour aller travailler dans les emplois de services privatisés, pour exécuter un travail de reproduction sociale antérieurement assuré en partie par l’Etat. Si les femmes forment la main d’oeuvre du néolibéralisme (travailleuses prédominantes dans les usines d’assemblage, les services, le tourisme, le sexe,…), elles sont en même temps empêchées de circuler par des lois migratoires fortement en leur défaveur. On assiste ainsi à une hétérosexualisation de la circulation des femmes : elles peuvent circuler seulement pour se marier, pour rejoindre le père ou pour se vendre sur un marché du travail néolibéral très sexué. Ces mouvements contraints des femmes rendent leur travail moins cher et les rend plus dociles.
Si les femmes génèrent des richesses considérables (elles sont en quelques sortes les poules aux oeufs d’or du marché globalisé), la mondialisation ne leur a pas permis d’améliorer leurs conditions de vie et encore moins de s’émanciper. Elle a juste renforcé les inégalités, tous les écarts se sont creusés.

De plus, Jules Falquet insiste sur l’aspect guerrier du capitalisme qui gouverne le marché et s’empare des ressources. Les attentats de novembre 2001 ouvrent une nouvelle forme de guerre, une guerre antiterroriste, qui administre des méthodes terroristes via l’application du Patriot Act |2|. Il s’agit dans la réalité des faits d’une guerre menée par les Etats contre leur propre population. Les premiers adversaires de « l’axe du bien » sont les citoyen-ne-s. Cette guerre dirigée contre la main d’oeuvre est une occasion de renforcer le complexe militaro-industriel, acteur économique considérable (la France est le troisième vendeur d’armes au monde, des fabricants d’armes contrôlent les médias) et très masculinisé (le patronat de ce secteur est quasi exclusivement composé d’hommes et s’adresse à une clientèle masculine : vigiles, gardiens, soldats, délinquants, police, narcotrafiquants, etc.). Les hommes en armes vivent sur le dos des femmes de service !

Elle conclut en revenant sur le concept d’ « amalgame conjugal » développé par l’anthropologue italienne Paola Tabet. Il s’agit d’un continuum de l’échange économico-sexuel : les épouses échangent l’amalgame conjugal (le travail domestique, procréatif, émotionnel, etc.) en échange d’un « entretien » (compensation donnée par le mari comme aller au restaurant, au cinéma, ...). Jules Falquet prend le contrepied de cette théorie pour parler de « désamalgame conjugal » : certaines femmes décident de se « désamalgame » et séparent des formes de travail reproductif pour les échanger contre un salaire (ménage, sexe).
La mondialisation pousse-elle les femmes vers un désamalgamage conjugal, vers une marchandisation du travail reproductif ? En tous les cas, pour un homme, cela va être plus intéressant d’aller voir les prostituées, de faire un enfant tout seul...que d’entrer en liaison de type « marital » pour bénéficier de l’amalgame conjugal.

Echos de quelques questions qui structurèrent les débats :

Qui est derrière le capitalisme ?

Le taux d’intérêt. Le capitalisme n’est pas une fatalité. Il correspond à un moment où les rapports économiques se sont autonomisés du social (ex : faire garder un enfant par une baby-sitter et non plus par la mère). L’argent est virtuel. La seule question qui domine le système capitaliste est : qu’est-ce que cela va rapporter ?

Quel lien entre le capitalisme et l’avancée des droits des femmes ?

Au moins la mondialisation a fait entrer les femmes sur le marché du travail rémunéré mais elle ne leur a concédé que la partie la plus précaire et la moins valorisée. La mondialisation a bien plus produit une transformation qu’une amélioration des rapports sociaux de sexe.

L’éducation, la transmission du savoir échappe de plus en plus aux parents et aux institutions publiques (écoles).

Qu’est-ce qu’on appelle éducation ? La formation scolaire ou la formation morale, éthique ? En France, il y a eu d’importantes grèves dans l’éducation (secteur d’emploi des femmes). C’est au sein de cette profession que fut posée la question du voile. Ainsi, ces mêmes professeurs qui ont fait grève pour leurs droits se sont retrouvés à devoir jouer les gardiens du discours étatique qui bannit le port du voile à l’école. On réinvestit ainsi le corps enseignant avec des éléments racistes et sexistes. L’école est à nouveau mise au centre des dispositifs pour soi-disant déradicaliser, lutter contre les extrémismes (cf. rétablissement du chant de la marseillaise dans les établissements scolaires, signature d’un papier aux familles sur le fait qu’elles comprennent bien les valeurs de la République, etc.).

Préciser la phrase : la guerre anti-terrorisme est une guerre contre la main d’œuvre

Toutes personnes voulant voyager/migrer font les frais des logiques de guerre, connaissent d’innombrables difficultés à circuler. Ces mesures sécuritaires font en sorte que la population civile est traitée comme étant ni plus ni moins terroriste.

La projection d’un film sur les alternatives développées par des agricultrices en Bolivie face au changement climatique introduisit l’exposé de Carla Sandoval. Elle partagea ensuite les défis que rencontrent les femmes en Amérique latine dans le contexte néo-libéral actuel. La déstructuralisation de l’Etat providence amorcée dès les années 80 n’a fait qu’accroître les inégalités. Politiques néolibérales et extractivistes sont synonymes de féminisation de la pauvreté et de la migration, de délocalisation de la main d’oeuvre féminine, de violence structurelle contre les femmes (Guatemala, Salvador, Honduras) en corrélation avec la pauvreté qui s’étend sans cesse.

La pensée féministe en Amérique latine émerge dans un environnement socio-économique différent qu’en Europe. Elle est critique, contre-hégémonique et contre-culturelle. Elle veut transformer l’économie et fortifier les cadres existants d’économie solidaire. Les niveaux macro, méso et micro sont liés, en interrelation. Elle se propose de déconstruire le système patriarcal et de lutter conjointement contre la triple discrimination de race, de sexe et de classe. L’omnipotence de l’économie du marché est dénoncée et combattue. Les féministes conscientes des conséquences du capitalisme sur les relations hommes/femmes ou les relations sociales en général proposent des modèles non plus basés sur l’argent. Elles repositionnent la sphère reproductive (le « care » pris en charge encore et toujours majoritairement par les femmes) comme constituant un élément clé du macro-économique. Dans cette optique, l’apport des femmes doit être comptabilisé comme richesses nationales. Enfin, elles prônent la transformation de la structure colonialiste des Etats-nations en Amérique latine (40 à 60% de la population sur le continent est indigène).

La pratique du troc, des productions et échanges non-marchands et la création de coopératives féminines constituent quelques-unes des alternatives mises en place par des mouvements de femmes en Amérique latine. Elles s’inspirent généralement de l’économie solidaire.

Les modèles de développement proposés par les féminismes en Amérique latine sont des modèles transdisciplinaires ne relevant pas seulement de l’économique (mais intégrant l’histoire, l’anthropologie, la sociologie, ...). Ils promeuvent la solidarité inclusive ainsi qu’une déconstruction du mythe de la famille nucléaire hétérosexuelle.

Le Modèle du « Buen vivir » est très fortement relayé par les mouvements féministes en Bolivie et Equateur. Il apparaît dans les années 90 dans un contexte d’émergence d’importants mouvements sociaux et d’effondrement du bloc « communiste ». « Buen vivir » vient de l’épistémologie indigène : la terre n’est pas vue comme une commodité à s’échanger pour réaliser des profits. La terre est la Pachamama. Ce modèle prône la justice redistributive et une économie au service de l’humanité et des biens communs globaux et non le contraire. Les alternatives qu’il propose peuvent rejoindre le modèle de décroissance occidental.

Les débats consécutif à l’exposé de Carla Sandoval relayèrent des préoccupations relatives à la non-hétérogénité des mouvements féministes en Amérique latine (comme ailleurs…) qui, s’ils connaissent des réalités communes (langues, religions, histoire), ne partagent pas nécessairement les mêmes stratégies ni finalités politiques. La microfinance soutenue par certains acteurs de la coopération au développement fut également dénoncée comme ne constituant nullement une alternative. Elle ne remet pas en cause le système, s’inscrit dans la lignée des politiques néolibérales et constitue un business qui se fait sur le dos des plus pauvres des pauvres, les femmes.

La présentation de Soizic Dubot consista en un partage de réflexions qui animent Vie féminine sur la question des alternatives féministes économiques. Vie féminine est un mouvement d’éducation permanente qui rassemble des femmes de milieu populaire ayant des vécus de précarité. Les membres de ce mouvement tissent des solidarités et des projets à partir de leur vécu individuel et au-delà (exemples : mise en place de la « bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). des vêtements », système solidaire de garde d’enfants, échanges gratuits, etc.). Leur travail invisible et gratuit, l’exploitation des femmes migrantes, leur statut d’employées précaires, leur dépendance économique et la non prise en compte de leurs besoins (place d’accueil des enfants par exemple) poussent les militantes de ce mouvement à déconstruire le système capitaliste actuel et à revisiter ce qui est mis en place. Leurs questionnements sur les alternatives féministes s’organisent autour d’interrogations telles que : mon projet favorise-t-il l’égalité hommes-femmes ? L’autonomie économique des femmes ? Jusqu’où doit-on aller ? Faut-il renverser le capitalisme ? Se tenir à l’extérieur du système ? Etre à contre-courant face aux logiques capitalistes ? Ce type d’exercice mène à se poser des questions d’ordre plus « général » : la reconnaissance sociale doit-elle toujours nécessairement passer par le travail ? Qui décide réellement actuellement ? Comment les citoyen-ne-s pèsent-ils/elles dans l’économie ? Qui dirige ? …

Vie féminine est au début de ce parcours réflexif visant à faire émerger un autre « imaginaire social ». Au delà des pistes de réflexions partagées par Soizic, il entend bien dans les prochaines années apporter sa contribution à l’élaboration collective d’alternatives féministes consacrant l’égalité et l’émancipation de toutes et de tous. Nous nous sommes d’ores et déjà donné rendez-vous pour ensemble continuer la réflexion et aussi donner vie à d’autres possibles s’organisant en dehors des dominations qu’elles soient capitalistes, patriarcales ou racistes.

Relecture réalisée par Christine Vanden Daelen


Notes

|1| Ville du nord de la Syrie située sur la frontière turque

|2| Le USA PATRIOT Act (acronyme traduisible en français par : « Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme ») est une loi antiterroriste qui a été votée par le Congrès des États-Unis et signée par George W. Bush le 26 octobre 2001. Elle crée les statuts de combattant ennemi et combattant illégal qui permettent au gouvernement des États-Unis de détenir sans limite et sans inculpation toute personne soupçonnée de projet terroriste. Dans la pratique cette loi autorise les services de sécurité à accéder aux données informatiques détenues par les particuliers et les entreprises, sans autorisation préalable et sans en informer les utilisateurs.