3e Forum Social Congolais

Appel de Kinshasa à une mobilisation citoyenne contre le néolibéralisme pour un Congo juste, prospère et fort

31 octobre 2011


Nous, forces sociales de toutes les provinces de la République Démocratique du Congo, Syndicats et ONG, mouvements associatifs , Mutuelles de santé, intellectuels, artistes, paysannes et paysans,
travailleuses et travailleurs, salariés, étudiants, congolais de la Diaspora, chômeuses et chômeurs, pauvres, réunies au 3e Forum Social Congolais, à Kinshasa, du 23 au 26 octobre 2011 au Carrefour des jeunes de Matonge, sommes déterminées à approfondir la lutte pour une société congolaise nouvelle qui valorise ses fils et ses filles et qui redistribue équitablement la justice et les richesses du pays .

Nous sommes révoltées contre la misère qui frappe la majorité de la population congolaise, dans un pays aux multiples richesses du sol et du sous-sol. Nous sommes indignées par l’attitude des politiciens qui ne prennent point en compte les aspirations de la population dans leurs attitudes et actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
et ne recourent à elle que pendant la période électorale.

Nous sommes contre la corruption, l’impunité, le clientélisme, le tribalisme, le culte de la personnalité, le détournement des deniers publics, le favoritisme, les disparités sociales et les violations des droits et libertés individuelles.

Nous sommes contre l’hégémonie des institutions financières internationales, la destruction de nos valeurs et cultures, la dégradation de notre environnement, l’insalubrité nocive dans nos villes et
villages, l’instrumentalisation des enfants par les politiques, l’intolérance de tous bords, les violences interminables contre les femmes, le meurtre des défenseurs des droits humains, les intimidations des syndicalistes, les tracasseries administratives et fiscales, l’insécurité dans les transports aériens, routiers, ferroviaires et maritimes .

Nous dénonçons les attitudes des sociétés multinationales qui ne garantissent pas un emploi productif et durable, bref le démantèlement de la législation du travail, entrainant ainsi le chômage aigu.

Nous dénonçons les manœuvres des politiques et plusieurs chefs d’entreprises qui encouragent la prolifération des syndicats de travailleurs dans le seul but de fragiliser l’action syndicale et accroitre la misère des travailleurs.

Nous dénonçons le transfert des capitaux par les Multinationales à l’extérieur du pays avec des facilités sous le concept caché de la promotion des investissements avec la complicité des décideurs congolais aux dépens de fisc congolais.

Nous dénonçons la privatisation des entreprises publiques sous la couverture d’une reforme dictée par les institutions financières internationales.

Nous dénonçons les conditions des travailleurs et travailleuses congolais dans les entreprises industrielles en général et minières, forestières et pétrolières en particulier ainsi que dans le commerce et la construction. Nous dénonçons également les conditions des travailleurs domestiques, travailleurs agricoles, exploitants miniers et forestiers artisanaux, foulant ainsi aux pieds les normes fondamentales de l’organisation Internationale du Travail OIT
Organisation internationale du travail
Créée en 1919 par le traité de Versailles, l’Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L’OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L’OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d’administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité : il consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens. Leurs rapports défendent depuis quelques années l’idée que le chômage provient d’un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd’hui), lui-même suscité par une baisse de la demande. Son remède est celui d’un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique, ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple). L’OIT affirme qu’il est naïf d’expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les changements technologiques n’impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.
(OIT).

Nous dénonçons la taxation, par la Banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. des transferts des fonds des migrants congolais vers leurs familles restés au pays.

Nous dénonçons le poids de l’impôt sur les travailleurs salariés qui diminue le pouvoir d’achat des populations

Nous dénonçons les politiques internationales en matière d’immigration et de la liberté de circulation des personnes, provoquant ainsi l’immigration clandestine et la mort de plusieurs personnes voulant traverser les frontières du Nord.

Nous dénonçons les politiques d’immigrations africaines qui ne permettent pas au congolais de circuler librement en Afrique.

Nous dénonçons les conditions difficiles d’acquisition des passeports ainsi que leur prix exorbitant.

Nous dénonçons le manque d’une politique nationale en faveur de la Jeunesse congolaise.

Nous déplorons la corruption qui caractérise le monde du Sport et qui est à la base de la violence pratiquée par les jeunes supporters allant même jusqu’à s’en prendre aux édifices publics.

Nous appelons à la promulgation immédiate de la Loi sur le Sport et l’adoption de mesures de son accompagnement.

Nous déplorons le non respect du principe de Laïcité tel que défini par la Constitution et qui se caractérise par l’intolérance d’opinions politiques, religieuses et philosophiques et même par l’abandon par l’état de ses charges en matières d’éducation, par exemple.

Nous voulons qu’une politique claire de justice sociale et économique soit mise en place par le Gouvernement afin de mettre fin à la corruption dans la fonction publique, les régies financières, les hôpitaux publics et dans tous les secteurs de la vie devenus plus commerciaux que sociaux.

Nous voulons mettre fin à des tracasseries dont sont victimes aux quotidiens les agriculteurs, les paysans, les locataires, les petits commerçants et les voyageurs.

Nous appelons à la vulgarisation de la nomenclature des taxes et impôts à travers des campagnes de sensibilisations de la population ;

Nous appelons à la mise en place d’un guichet unique « Guichet d’entreprises » d’enregistrement des entreprises et de facilitation en rapport avec les différentes démarches administratives à effectuer ;

Nous sommes indignées par la spoliation, par les Multinationales, les grands propriétaires terriens nationaux qui s’accaparent des terres destinées à l’Agriculture familiale en vue de la construction des
nouvelles cités des riches, en vue de l’exploitation minière et forestière, en vue de la construction des nouvelles routes et en vue des activités privées.

Nous dénonçons les politiques qui favorisent les importations massives des produits agricoles au détriment de l’Agriculture familiale congolaise plongeant des millions des personnes dans la pauvreté

Nous sommes indignés par la non protection des consommateurs et des locataires laissés-pour-compte.

Nous dénonçons la suppression des bourses d’études dans l’enseignement supérieur et universitaire Nous n’acceptons pas que les dirigeants élus par la population soient les premiers à les brimer et à les intimider. Nous sommes indignés par les cortèges officiels dont le comportement des policiers et militaires qui ne respectent pas la dignité des paisibles citoyens.

Nous sommes indignés par le comportement extravagant des élus du peuple qui violent impunément la loi et qui s’enrichissement indument.

Nous dénonçons la non prise en compte des congolais de l’extérieur dans le processus électoral et souhaitons qu’ils participent aussi comme électeurs là où ils sont.

Nous en avons marre de la pénurie croissante d’eau courante et de l’électricité dans plusieurs foyers en milieu urbain et du manque pure et simple de ces énergies en milieu rural.

Nous dénonçons l’absence d’organisations étatiques et communautaires assurant l’accès des gagne-petit aux soins de santé N

Nous en avons marre de l’insécurité continue dans les villes et villages.

Nous croyons fermement que des alternatives concrètes à la gouvernance actuelle et au système politique en cours sont possibles.

Nous réaffirmons la suprématie des droits de l’homme, des droits à un environnement sain et des droits sociaux sur les exigences du capital, des investisseurs et des Institutions financières internationales.

Nous voulons approfondir et accroitre la convergence entre l’ensemble des forces sociales afin de mieux résister aux politiques injustes tant au niveau national que global afin d’améliorer l’égalité, la justice sociale, la démocratie et la sécurité pour tous, sans aucune distinction. Nos méthodes et nos alternatives doivent contraster fortement avec les politiques destructrices du néolibéralisme traduites par les nombreux programmes gouvernementaux, bilatéraux et multilatéraux qui relèguent au second
plan le social des populations.

La mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
actuelle, néolibérale, telle que vécue et encouragées par les Institutions financières internationales et le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. , renforce un système sexiste, patriarcal, qui favorise l’exclusion et la féminisation de la pauvreté. Il exacerbe toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des enfants. L’égalité homme-femme doit être une dimension centrale de notre combat. Sans elle, un autre Congo et un autre monde ne seront jamais possibles.

La mondialisation néolibérale favorise la destruction de l’environnement, en le rendant, par l’industrialisation sauvage, néfaste pour la santé et les conditions de vie du peuple. L’atmosphère, l’eau, la terre et les êtres humains également sont transformés en marchandises.

La Dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
Extérieure de la RDC a été payée plusieurs fois. Injuste, illégitime et frauduleuse, elle fonctionne comme un instrument de domination, privant la population de ses droits fondamentaux. Le
mécanisme PPTE PPTE
Pays pauvres très endettés
L’initiative PPTE, mise en place en 1996 et renforcée en septembre 1999, est destinée à alléger la dette des pays très pauvres et très endettés, avec le modeste objectif de la rendre juste soutenable.

Elle se déroule en plusieurs étapes particulièrement exigeantes et complexes.

Tout d’abord, le pays doit mener pendant trois ans des politiques économiques approuvées par le FMI et la Banque mondiale, sous forme de programmes d’ajustement structurel. Il continue alors à recevoir l’aide classique de tous les bailleurs de fonds concernés. Pendant ce temps, il doit adopter un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), parfois juste sous une forme intérimaire. À la fin de ces trois années, arrive le point de décision : le FMI analyse le caractère soutenable ou non de l’endettement du pays candidat. Si la valeur nette du ratio stock de la dette extérieure / exportations est supérieure à 150 % après application des mécanismes traditionnels d’allégement de la dette, le pays peut être déclaré éligible. Cependant, les pays à niveau d’exportations élevé (ratio exportations/PIB supérieur à 30 %) sont pénalisés par le choix de ce critère, et on privilégie alors leurs recettes budgétaires plutôt que leurs exportations. Donc si leur endettement est manifestement très élevé malgré un bon recouvrement de l’impôt (recettes budgétaires supérieures à 15 % du PIB, afin d’éviter tout laxisme dans ce domaine), l’objectif retenu est un ratio valeur nette du stock de la dette / recettes budgétaires supérieur à 250 %. Si le pays est déclaré admissible, il bénéficie de premiers allégements de son service de la dette et doit poursuivre avec les politiques agréées par le FMI et la Banque mondiale. La durée de cette période varie entre un et trois ans, selon la vitesse de mise en œuvre des réformes clés convenues au point de décision. À l’issue, arrive le point d’achèvement. L’allégement de la dette devient alors acquis pour le pays.

Le coût de cette initiative est estimé par le FMI en 2019 à 76,2 milliards de dollars, soit environ 2,54 % de la dette extérieure publique du Tiers Monde actuelle. Les PPTE sont au nombre de 39 seulement, dont 33 en Afrique subsaharienne, auxquels il convient d’ajouter l’Afghanistan, la Bolivie, le Guyana, Haïti, le Honduras et le Nicaragua. Au 31 mars 2006, 29 pays avaient atteint le point de décision, et seulement 18 étaient parvenus au point d’achèvement. Au 30 juin 2020, 36 pays ont atteint le point d’achèvement. La Somalie a atteint le point de décision en 2020. L’Érythrée et le Soudan n’ont pas encore atteint le point de décision.

Alors qu’elle devait régler définitivement le problème de la dette de ces 39 pays, cette initiative a tourné au fiasco : leur dette extérieure publique est passée de 126 à 133 milliards de dollars, soit une augmentation de 5,5 % entre 1996 et 2003.

Devant ce constat, le sommet du G8 de 2005 a décidé un allégement supplémentaire, appelée IADM (Initiative d’allégement de la dette multilatérale), concernant une partie de la dette multilatérale des pays parvenus au point de décision, c’est-à-dire des pays ayant soumis leur économie aux volontés des créanciers. Les 43,3 milliards de dollars annulés via l’IADM pèsent bien peu au regard de la dette extérieure publique de 209,8 milliards de dollars ces 39 pays au 31 décembre 2018.
n’est qu’un leurre. Nous exigeons l’annulation totale de la dette sans conditions et la réparation des dettes historiques, sociales et écologiques, ceci constituant les premières mesures d’une solution définitive aux crises que la dette extérieure provoque.

Nous appelons nos élus à voter une Loi contre les Fonds Vautour Fonds vautour
Fonds vautours
Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
et les dettes odieuses. Nous les appelons à mettre sur pied une Commission d’Audit de la Dette au niveau du parlement et du Gouvernement.

Nous appelons tous les mouvements sociaux, les mouvements des jeunes, les mouvements des femmes, les associations des quartiers, les Mutuelles de santé, les Syndicats et les ONG qui croient en notre combat , à se solidariser et à développer un comportement qui démontre une parfaite résistance aux systèmes et politiques qui oppriment le peuple et qui ne favorisent que les intérêts des Multinationales et des puissances étrangères ainsi que de quelques nationaux.

Nous appelons à la prise en compte de la dimension culturelle dans les projets de développement ainsi que la mise en pratique des engagements pris par l’Etat congolais notamment la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles (UNESCO 2005).

Nous appelons à l’élaboration d’une politique culturelle cohérente avec la participation de la société civile culturelle de toutes les disciplines qui valorise la création avec sa liberté d’expression, définit le statut de l’artiste, soutient les industries créatives, la formation artistique et les infrastructures culturelles.

Nous appelons les élus du peuple à élaborer et adopter une Loi de protection des activistes des Droits de l’homme.

Nous appelons tous les Mouvements et les organismes du Monde engagés socialement, à l’instar de : Diakonia, CNCD/11.11.11, Solidarité Socialiste, Christian Aid, Social Watch, Reality of Aid, CCFD, Dynamo International, CAL, CADTM, CSI/ITUC, CSC, FGTB, ENDA, OXFAM, VIA CAMPESINA, COSATU, CIVICUS, CETRI, etc. à soutenir le processus du Forum Social Congolais, afin d’aider les congolais et congolaises à sortir du carcan de la peur, du paternalisme, des stéréotypes et des clichés positivistes du néolibéralisme et de ses corollaires comme la privatisation des services
sociaux de base.

Nous appelons les Mouvements et les organismes du Monde engagés socialement à soutenir les mouvements sociaux congolais à lutter contre la dette odieuse Dette odieuse Selon la doctrine, pour qu’une dette soit odieuse, et donc nulle, elle doit remplir deux conditions :
1) Elle doit avoir été contractée contre les intérêts de la Nation, ou contre les intérêts du Peuple, ou contre les intérêts de l’État.
2) Les créanciers ne peuvent pas démontrer qu’ils ne pouvaient pas savoir que la dette avait été contractée contre les intérêts de la Nation.

Il faut souligner que selon la doctrine de la dette odieuse, la nature du régime ou du gouvernement qui la contracte n’est pas particulièrement importante, puisque ce qui compte, c’est l’utilisation qui est faite de cette dette. Si un gouvernement démocratique s’endette contre l’intérêt de la population, cette dette peut être qualifiée d’odieuse, si elle remplit également la deuxième condition. Par conséquent, contrairement à une version erronée de cette doctrine, la dette odieuse ne concerne pas seulement les régimes dictatoriaux.
(voir : Eric Toussaint, « La Dette odieuse selon Alexander Sack et selon le CADTM » ).

Le père de la doctrine de la dette odieuse, Alexander Nahum Sack, dit clairement que les dettes odieuses peuvent être attribuées à un gouvernement régulier. Sack considère qu’une dette régulièrement contractée par un gouvernement régulier peut être considérée comme incontestablement odieuse... si les deux critères ci-dessus sont remplis.

Il ajoute : « Ces deux points établis, c’est aux créanciers que reviendrait la charge de prouver que les fonds produits par lesdits emprunts avaient été en fait utilisés non pour des besoins odieux, nuisibles à la population de tout ou partie de l’État, mais pour des besoins généraux ou spéciaux de cet État, qui n’offrent pas un caractère odieux ».

Sack a défini un gouvernement régulier comme suit :
 « On doit considérer comme gouvernement régulier le pouvoir suprême qui existe effectivement dans les limites d’un territoire déterminé. Que ce pouvoir soit monarchique (absolu ou limité) ou républicain ; qu’il procède de la « grâce de Dieu » ou de la « volonté du peuple » ; qu’il exprime la « volonté du peuple » ou non, du peuple entier ou seulement d’une partie de celui-ci ; qu’il ait été établi légalement ou non, etc., tout cela n’a pas d’importance pour le problème qui nous occupe. »

Donc, il n’y a pas de doute à avoir sur la position de Sack, tous les gouvernements réguliers, qu’ils soient despotiques ou démocratiques, sous différentes variantes, sont susceptibles de contracter des dettes odieuses.
et toute forme d’oppression, contre les diktats du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et de la Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, les directives de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Créée le 1er janvier 1995 en remplacement du GATT. Son rôle est d’assurer qu’aucun de ses membres ne se livre à un quelconque protectionnisme, afin d’accélérer la libéralisation mondiale des échanges commerciaux et favoriser les stratégies des multinationales. Elle est dotée d’un tribunal international (l’Organe de règlement des différends) jugeant les éventuelles violations de son texte fondateur de Marrakech.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays – une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ».

Site : www.wto.org
et contre les accords de coopération mal négociés.

Nous les appelons à accompagner les congolaises et congolais à reconstruire la paix, la solidarité, la tolérance, le respect de la dignité humaine, l’égalité homme-femme, le respect et la promotion de la
personne avec handicap, la protection des enfants et des vulnérables.
Nous appelons les décideurs nationaux à mutualiser les efforts afin d’obtenir que chaque citoyen ait accès aux soins de santé.

Nous appelons les hommes politiques de la RDC à marcher selon les attentes de la population et à privilégier la Vie et les droits sociaux des populations dans la conception des politiques de développement et dans la négociation de tous les accords de coopération

Nous appelons les candidats aux élections présidentielles et législatives à présenter et à défendre leurs programmes sociaux. Et nous appelons l’ensemble des populations à voter ses dirigeants sur base des
programmes ambitieux et réalistes et sur base de la crédibilité des candidats liés à leur passé dans la gestion de la sphère publique et privée.

Nous appelons les candidats aux élections présidentielles et législatives à signe une sorte de contrat social avec la Population les engageant à rendre régulièrement compte à la population qui leur donnera mandat.

Nous en appelons à des élections apaisées, transparentes et démocratiques. Les élections locales demeurent notre préoccupation et exigeons des garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). claires pour leur organisation.

Nous en appelons au strict respect de l’Article 1 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui consacre le caractère Laïc de l’Etat Congolais.

Nous nous engageons à soutenir le processus du Forum Social Congolais et à approfondir la réflexion dans nos organisations et nos milieux naturels de vie en vue de contribuer efficacement à l’émergence d’une couche sociale congolaise prête à barrer la route au néolibéralisme et à ses corolaires que sont la privatisation des services sociaux, l’intolérance, la recherche du lucre, les violations des libertés et droits de la personne, la dette odieuse, le marchandage de tous les secteurs de la vie, etc.

Nous saluons la présence parmi nous, à ce 3e Forum Social Congolais, des camarades venus du Congo-Brazzaville, témoignant ainsi la fraternité et l’amitié qui nous unissent et qui devraient toujours nous unir.

Nous en appelons à la réalisation d’un Forum social des deux rives, d’un Forum Social des Grands Lacs.

Nous souhaitons que la RDC abrite le Forum Social Africain et organise à l’occasion du sommet de la francophonie, un Forum Social de la Francophonie.

Nous soutenons toutes les luttes sociales en RDC, en Afrique et dans le monde contre la misère et les diktats des finances internationales.

Nous soutenons les déclarations de la Société Civile au 4e Sommet des Nations Unies sur les Pays Moins Avancés Pays moins avancés
PMA
Notion définie par l’ONU en fonction des critères suivants : faible revenu par habitant, faiblesse des ressources humaines et économie peu diversifiée. En 2020, la liste comprenait 47 pays, les derniers pays admis étant le Timor oriental et le Soudan du Sud. Elle n’en comptait que 26 il y a 40 ans.
à Istanbul. Nous soutenons la participation de la société civile au Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’Aide qui se tiendra à Busan, en Corée, en Novembre 2011.

Notre participation au 3e Forum Social Congolais a enrichi, au regard de l’autopsie que nous avions faite du Cinquantenaire de l’indépendance de la RDC, notre compréhension de la lutte globale et locale contre le néolibéralisme et la misère, et nous en sommes sortis plus forts.

Nous en appelons à tout le peuple congolais de nous rejoindre dans notre lutte sociale pour la construction d’un futur meilleur. Un Congo de justice et de dignité humaine est possible !

Le Forum social Congolais, parti intégrante du Forum Social Mondial et du Forum Social Africain, est un pas vers la souveraineté nationale et vers une République Démocratique du Congo plus juste et plus égalitaire !

Signataires : Voir en pièce jointe