Appel de Niono contre le nucléaire en Afrique

4 novembre 2011 par Le Forum des Peuples


Appel de Niono contre le nucléaire en Afrique et pour l’abolition des armes Nucléaires

L’explosion récente de la centrale de Fukushima au Japon en 2011 remet à l’ordre du jour la question du nucléaire et de l’uranium en Afrique. L’Afrique ne saurait être indifférente à cette situation vu qu’elle participe activement à l’industrie du nucléaire en raison des nombreux gisements d’uranium dont la nature la pourvue. Pour les peuples africains réunis au 10e Forum des peuples à Niono contre le G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). réuni à Cannes, Fukushima est un funeste rappel des nombreuses conséquences sur les populations africaines de l’exploitation de l’Uranium. Pour alimenter les centrales nucléaires et les programmes d’armement nucléaire dans différentes parties du monde, les peuples du Niger, du Mali, de la Guinée, d’Afrique du sud, de la République Démocratique du Congo, de la Namibie etc. sont sacrifiés au pilori de la quête perpétuelle de profit du système capitaliste. Les peuples africains voient la terre de leurs ancêtres accaparée, leurs maisons et forêts détruites par les industries européennes, américaines et chinoises, suite aux accords signés par leurs gouvernements qui ont ratifié le traité de Pelindaba. Les radiations et la pollution des espaces ne sont jamais pris en compte dans les coûts d’exploitation des gisements d’uranium en Afrique. Les effets nocifs et radioactifs durables sur la santé des ouvriers, en particulier, et sur la population, en général, sont reportés à la charge des Etats Africains, qui pourtant ne bénéficient que de très peu des ressources financières issues de l’exploitation de ces gisements suite aux accords néo coloniaux qui les lient avec les pays du Nord et en particulier la France et la Chine.

Non satisfaites d’exploiter les mines africaines, les multinationales du Nord profitant de la crise énergétique que traversent beaucoup de régions africaines suite à la faillite des grands projets de barrages financés par la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
en Afrique, en viennent à proposer la construction de centrales nucléaires en Afrique au détriment de projets d’énergies renouvelables et socialement viables. Les peuples africains réunis à Niono condamnent ces projets budgétivores. La course aux armements alimentée par les pays détenteurs des armes nucléaires et leurs alliés sont autant d’obstacles à l’affectation des ressources des nations africaines à des dépenses pour le bien être de la population. Les peuples africains réunis au forum des peuples à Niono au Mali :

- Réaffirment leur opposition au développement de tout projet nucléaire en Afrique à des fins civiles comme militaires ;

- soutiennent la campagne pour l’abolition des armes nucléaires initiées par le réseau ICAN ;

- Demandent aux Etats africains de prendre des mesures pour l’arrêt de la production de toutes les armes de destruction massive afin de protéger les Hommes et la nature ;

- Demandent la mise sur pied d’une commission indépendante de l’UA pour estimer les conséquences sur l’environnement de l’exploitation de l’Uranium dans les pays africains ;

- Demandent la fin de tous les accords néocoloniaux sur l’exploitation de l’Uranium et dérivés Dérivés
Dérivé
Dérivé de crédit : Produit financier dont le sous-jacent est une créance* ou un titre représentatif d’une créance (obligation). Le but du dérivé de crédit est de transférer les risques relatifs au crédit, sans transférer l’actif lui-même, dans un but de couverture. Une des formes les plus courantes de dérivé de crédit est le Credit Default Swap.
en Afrique qui sont contraires aux intérêts des populations ;

- Exigent la mise en place au niveau mondial d’un fond pour le développement d’énergies renouvelables et socialement viables en Afrique, en lieu et place d’énergies nucléaires, sans recours aux prêts de la Banque Mondiale ;

- Demandent aux pays africains disposant de gisements d’uranium de prévoir à terme des projets pour sortir leurs économies de la dépendance de l’exploitation de cette ressource afin de mettre fin aux dommages environnementaux que cela occasionne ;

- Appellent les Etats africains à légiférer au sein de l’Union Africaine contre l’exploitation des gisements d’uranium sur le continent ;

- Exigent des réparations de la part des multinationales et des pays du Nord pour les dommages environnementaux, causés par cinquante ans d’exploitation de l’uranium sur le continent, qui constituent une dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
écologique vis-à-vis des peuples du Sud ;

- Exigent des indemnités au titre de réparation pour tou-te-s les ouvrier-e-s irradié-e-s et victimes du non respect des normes réglementaires d’exploitation dans les gisements d’uranium ;

- Appellent à la fermeture immédiate des usines de fabrication d’armes et leur reconversion vers une production à des fins socialement utiles.

- Exigent des Etats africains qui n’ont pas encore signé la convention sur les armes nucléaires de le faire le plus tôt possible ;

Fait à Niono, le 2 Novembre 2011