Communiqué de presse

Attac Togo dit non à la privatisation du secteur bancaire au Togo

25 avril 2009 par Attac-Togo


Suite au communiqué de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
publié par plusieurs journaux de la place, il ressort que le conseil d’administration de cette institution a approuvé le mardi 7 avril 2009 dernier un « don » de six (6) milliards de francs CFA en faveur du Togo. Ce « don » servira à financer le Projet Secteur Financier et Gouvernance (PSFG) dont l’objectif principal est « d’aider à améliorer la stabilité du secteur financier togolais ». Ce projet comprend quatre (4) composantes principales dont la restructuration du secteur bancaire. Il est question, selon les termes du communiqué, d’ « une restructuration financière et institutionnelle des trois banques à capitaux publics (B.T.C.I., B.I.A.- Togo, et U.T.B.) ».

Ainsi, selon madame Guillemette JAFFRIN, spécialiste du secteur financier et responsable du projet à la Banque Mondiale, « … il s’agit donc d’entreprendre une restructuration pérenne du secteur bancaire qui passe par le désengagement de l’Etat de ce secteur ». En d’autres termes, les trois (3) banques à capitaux publics seront purement et simplement privatisées à l’issue du projet.

Voici encore une initiative des institutions de Bretton Wood, qui si elle est mise en œuvre, provoquera à coup sûr des conséquences néfastes sur l’économie nationale, après celles douloureuses occasionnées par les programmes d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
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Par contre, il est très surprenant de la part du gouvernement togolais, supposé composé de personnes avisées et soucieuses du bien être des Togolais, d’adopter une telle mesure dans un aveuglement incompréhensible, surtout à l’heure où, dans les pays champions du libéralisme, l’heure est, eu égard à la crise financière, au retour de l’Etat dans les capitaux des institutions bancaires, et le plus souvent sans conditions !

ATTAC TOGO estime que, plus que de programmes de privatisation dont les échecs sont notoires dans beaucoup de pays où ce remède miracle proposé par les institutions de Bretton Wood a été appliqué, nos institutions ont besoin de bonne gouvernance, ce qui suppose un choix judicieux de personnels dirigeants basés sur une compétence et une probité morale avérées.

Contrairement à ce qu’a laissé entendre le représentant-résident de la B.M au TOGO, M. Joseph Baah-Dwomoh qui se réjouit de l’approbation de ce nouveau projet et qui tient « à féliciter le Gouvernement togolais pour son engagement à entreprendre des réformes difficiles, mais nécessaires pour le secteur financier », ce projet n’augure rien de radieux pour les Togolais. C’est vraiment une réforme difficile dont la population togolaise paiera le lourd tribut mais au demeurant nécessaire pour la Banque mondiale que les capitaux de ces banques intéressent !

ATTAC Togo manifeste son opposition à ce projet et lance un appel pressant aux organisations de la société civile, aux associations professionnelles des banques et des établissements financiers, à toute personne se sentant concernée par le développement du Togo à se lever et à dire ‘’NON’’ à la privatisation du secteur bancaire qui joue un rôle capital dans notre économie.

Fait à Lomé le 15 avril 2009

ATTAC TOGO