Semaine d’Action Globale contre la Dette et les IFI

Brisons les chaînes, transformons le système !

11 octobre 2010

Appel

On nous a dit que l’économie mondiale était en train de se rétablir. La Bourse Bourse La Bourse est l’endroit où sont émises les obligations et les actions. Une obligation est un titre d’emprunt (l’émetteur la vend à l’acheteur qui doit la rembourser à un taux et une échéance déterminés) et une action est un titre de propriété d’une entreprise. Les actions et les obligations peuvent être revendues et rachetées à souhait sur le marché secondaire de la Bourse (le marché primaire est l’endroit où les nouveaux titres sont émis pour la première fois). Casino de Wall Street qui a déclenché la crise économique et financière mondiale est de nouveau sur pied et en pleine action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
 ; les plus grandes banques ont recommencé à verser des bonus gigantesques à leurs traders Trader
Traders
Le terme « trader » est d’origine anglo-saxonne. Il signifie littéralement « opérateur de marché ». C’est un opérateur spécialisé qui achète et vend des valeurs mobilières (actions, obligations, produits dérivés, options…), des devises, pour le compte d’un tiers (OPCVM, entreprise, personne, institutionnels…), ou pour l’établissement qu’il représente en tentant de dégager des profits.
et administrateurs et investisseurs ; les Institutions Financières Internationales (IFI) ont pris un nouveau départ grâce à des augmentations massives de leurs fonds de roulement et le renforcement de leur rôle politique.

Ce ne sont pas aux peuples et à la Planète de payer les coûts des crises !

Pour les centaines de millions de personnes qui, dans le monde entier, ont été précipités plus avant dans la pauvreté et la marginalisation à cause de la crise, et pour la planète Terre elle-même, cette « reprise » n’a néanmoins aucun sens. La crise économique, combinée à la crise alimentaire, climatique et énergétique, a provoqué des pertes d’emploi et de salaires considérables, entraîné des coupes dans la fourniture des services de base pour le respect de droits humains fondamentaux comme la santé, l’éducation, le logement, l’approvisionnement en eau, en électricité et la sécurité sociale, des expulsions violentes des terres et territoires, une concentration accrue de la mainmise des entreprises et de l’exploitation des ressources naturelles, et une augmentation du racisme, et des discriminations de religion et de sexe, entre autres. Le coût de cette crise véritablement systémique ne cesse d’augmenter, notamment avec la crise sociale qui s’est brusquement déchaînée et une militarisation renforcée, des conflits armés et la criminalisation de la contestation, alors même que le secteur financier récolte des profits records.
Les niveaux d’endettement dans le monde ont dangereusement augmenté, résultant de politiques qui visaient à subventionner les riches et à favoriser la libre circulation des capitaux dans un marché censé s’autoréguler. La domination de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
que subissent les pays du Sud depuis des décennies commence aujourd’hui à toucher les pays du Nord de façon plus directe, et les mesures type « mesures d’austérité » douloureuses qui hier dévastaient les populations dans tout le Sud sont aujourd’hui mises en œuvre au Nord. Quoi qu’il en soit, ce sont les populations et la planète dans le Sud, ainsi que les plus vulnérables dans le Nord, qui vont supporter le fardeau d’une crise de la dette renouvelée.

Les peuples du Sud ne doivent rien, eux sont les créanciers !

Cependant, la dette qui s’accumule n’est pas que financière. Dans l’ensemble, la réponse aux crises a été une continuation des politiques qui ont échoué dans le passé, augmentant la dette écologique Dette écologique La dette écologique est la dette contractée par les pays industrialisés envers les autres pays à cause des spoliations passées et présentes de leurs ressources naturelles, auxquelles s’ajoutent la délocalisation des dégradations et la libre disposition de la planète afin d’y déposer les déchets de l’industrialisation.

La dette écologique trouve son origine à l’époque coloniale et n’a cessé d’augmenter à travers diverses activités :


- La « dette du carbone ». C’est la dette accumulée en raison de la pollution atmosphérique disproportionnée due aux grandes émissions de gaz de certains pays industriels, avec, à la clé, la détérioration de la couche d’ozone et l’augmentation de l’effet de serre.

- La « biopiraterie ». C’est l’appropriation intellectuelle des connaissances ancestrales sur les semences et sur l’utilisation des plantes médicinales et d’autres végétaux par l’agro-industrie moderne et les laboratoires des pays industrialisés qui, comble de l’usurpation, perçoivent des royalties sur ces connaissances.

- Les « passifs environnementaux ». C’est la dette due au titre de l’exploitation sous-rémunérée des ressources naturelles, grevant de surcroît les possibilités de développement des peuples lésés : pétrole, minéraux, ressources forestières, marines et génétiques.

- L’exportation vers les pays les plus pauvres de produits dangereux fabriqués dans les pays industriels.

Dette écologique et dette extérieure sont indissociables. L’obligation de payer la dette extérieure et ses intérêts impose aux pays débiteurs de réaliser un excédent monétaire. Cet excédent provient pour une part d’une amélioration effective de la productivité et, pour une autre part, de l’appauvrissement des populations de ces pays et de l’abus de la nature. La détérioration des termes de l’échange accentue le processus : les pays les plus endettés exportent de plus en plus pour obtenir les mêmes maigres recettes tout en aggravant mécaniquement la pression sur les ressources naturelles.
, climatique, sociale et économique due aux travailleuses et travailleurs et aux populations marginalisées. L’incapacité alarmante à prendre des engagements concrets pour régler la dette climatique due au Sud, via des réductions drastiques des émissions nationales et des mécanismes de compensation financière et technologique, dont les gouvernements dans le Nord ont fait preuve met en péril notre futur à toutes et tous sur cette planète. De même, l’allègement limité et conditionné de la dette géré par les créanciers a fait fi du besoin de respecter le droit à l’autodétermination et la souveraineté de tous les peuples et de la nécessité de répondre aux demandes pour mettre fin à l’impunité de l’économie-casino et de réparer les dommages causés par l’endettement illégitime.
D’autres réponses opiniâtres et inopportunes ont été mises en place pour faire face à la crise, telles que : prêts pour affronter la crise, promotion des énergies fossiles ou biocarburants, réalisation de mégaprojets d’infrastructures et d’énergie, appelés aussi mécanismes de développement propre, promotion du marché du carbone et de la notion de capitalisme « vert », et un rôle central accordé à des institutions largement critiquées telles que le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
, les banques régionales de développement, le Forum pour la Stabilité Financière ou encore l’Organisation Mondiale du Commerce OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
.

Les peuples et la planète exigent l’annulation de la dette et les réparations, SANS ATTENDRE !

Trop c’est trop ! Ce que réclament les peuples et la planète, c’est qu’on brise les chaînes de la domination de la dette et de la soumission de toute vie aux dictats du marché dans un système économique basé sur l’accumulation et la surconsommation de quelques uns, plutôt que sur la justice et la solidarité pour le plus grand nombre. Nous, les peuples, devons nous unir à l’échelle locale et mondiale pour construire des alternatives équitables et équilibrées pour toutes et tous, sans dettes ni domination.
Plutôt que d’augmenter la dette illégitime Dette illégitime Comment on détermine une dette illégitime ?

4 moyens d’analyse

* La destination des fonds :
l’utilisation ne profite pas à la population, bénéficie à une personne ou un groupe.
* Les circonstances du contrat :
rapport de force en faveur du créditeur, débiteur mal ou pas informé, peuple pas d’accord.
* Les termes du contrat :
termes abusifs, taux usuraires...
* La conduite des créanciers :
connaissance des créanciers de l’illégitimité du prêt.
et de mettre sur pied de nouvelles institutions comme le G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). (qui s’autoproclame « premier forum pour la coopération économique internationale ») excluant la majorité des pays, il est temps de transformer un système dont l’échec est de plus en plus évident. Les gouvernements, entreprises et institutions du Nord, avec les élites du Sud, doivent fournir des réparations en échange des dettes qu’ils ont contractées et pour leur responsabilité dans ces crises multiples et l’utilisation disproportionnée des ressources de la planète, plutôt que de profiter des crises au détriment des mêmes personnes, des mêmes pays et de la planète, qui font les frais depuis déjà trop longtemps de leur enrichissement.

Stop aux prêts illégitimes – Transformons le système !

Nous appelons les mouvements et organisations du monde entier à joindre nos efforts dans cette lutte et à nous unir pour cette SEMAINE GLOBALE D’ACTION CONTRE LA DETTE ET LES IFI, du 7 au 17 octobre 2010. Ensemble, mettons en place des actions où que l’on soit, pour soutenir les revendications suivantes et les luttes en cours :

- Stop à l’endettement pour répondre aux crises provoquées par les créanciers,
- Annulation inconditionnelle et répudiation de toutes les dettes financières illégitimes,
- Restitution et réparations pour les dettes écologiques, climatiques, économiques, sociales et historiques dues par les gouvernements et entreprises du Nord aux peuples du Sud,
- Respect du droit souverain des pays de répudier ou interrompre le service de la dette Service de la dette Somme des intérêts et de l’amortissement du capital emprunté. afin de pouvoir respecter leurs obligations Obligations
Obligation
Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.
en matière de droits humains et droits de la nature,
- Des solutions équitables, participatives et transformationnelles face aux crises économique, climatique, énergétique et alimentaire,
- Sortir la Banque Mondiale et les banques régionales de développement du financement climatique,
- Mettre un terme aux pratiques néfastes des fonds vautours Fonds vautour
Fonds vautours
Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
, qui s’enrichissent aux dépens des pays appauvris et de l’annulation de la dette.
- Stop aux prêts irresponsables pour financer des projets destructeurs ou pour soutenir des gouvernements illégitimes,
- Créer de nouvelles institutions financières et une architecture financière régionale et mondiale, qui fassent passer les peuples et la planète avant les profits et la puissance des entreprises,
- Arrêt de la militarisation et de la criminalisation de la contestation sociale.

SEMAINE D’ACTION GLOBALE CONTRE LA DETTE ET LES IFI
DU 7 AU 17 OCTOBRE 2010
CAMPAGNE INTERNATIONALE NORD-SUD CONTRE LA DETTE ILLÉGITIME

Premiers signataires : GLOBAL Jubilé Sud, Comité pour l’Annualtion de la dette du Tiers-Monde (CADTM) AFRIQUE Afrique Jubilé Sud, Filles de Mumbi Global Resource Center (Kenya), KENDREN (Kenya), Africaine de Recherche et de Coopération pour l’Appui au Développement endogène (ARCADE ) Forum africain sur les alternatives (Sénégal) AMÉRIQUE LATINE / CARAÏBES Jubilé Sud / Amériques, Coordonnateur andine des organisations autochtones (CAOI), Amis de la Terre ALC, Cadtm-Ayna, Dialogue 2000 (Argentine), Attac Argentine, Jubilé Sud Brasil, Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Mouvement social du Nicaragua, AFEC Roga (Paraguay) ASIE / PACIFIQUE Jubilé Australie, l’équité du Bangladesh, de l’Alliance des citoyens sur la réforme des équitable et efficace de développement CREED (Pakistan) EUROPE / Amérique du Nord Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad), l’Observatoire sur la dette dans la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
ODG (Catalunya), Campagne Qui doit quoi ? (Etat espagnol), Slett U-landsgjelda SLUG (Norvège), Institut Ekvilib (Slovénie), Jubilee USA, Jubilee Debt Campaign (Royaume-Uni), Jubilee Debt Campaign (Ecosse), Bureau Maryknoll des préoccupations mondiales (USA)

Pour que votre groupe, organisation ou mouvement fasse partie des signataires, écrivez-nous à semainedette@gmail.com ou visitez notre blog à l’adresse : http://semainedette.wordpress.com/

AGENDA DES ACTIONS

Dans le cadre de la Semaine Globale d’Action, les groupes et organisations sont encouragées à s’unir à d’autres, à maximiser leur créativité et réaliser tout type d’action susceptible de visibiliser nos préoccupations communes et soutenir des luttes concrètes. Vous êtes invités à faire part de votre programme pour que d’autres puissent vous soutenir ; certaines actions initiales, comme la Marche à Washington DC, sont reprises ci-dessous. La Semaine inclut plusieurs journées spéciales et cibles qui peuvent aider à développer des alliances avec d’autres mouvements et réseaux.

- 8 octobre : Journée Mondiale d’Action contre la Banque Mondiale : « les IFI hors des négociations et financements pour le climat ! » et manifestation « Brisons les chaînes, transformons le système » en marge des rencontres annuelles de la Banque Mondiale et du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
à Washington DC.

- 12 octobre : « Minga » mondiale pour la Défense des droits de la Terre Mère

- 14 octobre : Exigeons l’annulation de la dette du Pakistan et des réparations pour la dette climatique TOUT DE SUITE !


La situation du peuple pakistanais continue d’être très critique. Les institutions financières internationales et les créanciers bilatéraux n’ont pas tenu compte des appels pour l’annulation de la dette du Pakistan et pour des réparations face aux dérèglements climatiques qui ont aggravé l’intensité de cette catastrophe.

Nous appelons toutes les organisations, mouvements et groupes de citoyens au Sud et à travers le monde à entreprendre des actions de solidarité.

Le 14 octobre 2010, pendant la Semaine mondiale d’action contre la dette, exigeons l’annulation de la dette du Pakistan et des réparations pour la dette climatique TOUT DE SUITE !

Ce jour là, nous vous appelons à mener les actions suivantes :

1.Diffuser des communiqués de presse et lettres aux médias locaux et internationaux.
2.Promouvoir les appels sur internet via les listes emails, les réseaux sociaux (facebook, Twitter, Sklype, Friendster...), etc.
3.Envoyer de nombreux messages par tous les moyens de communications (téléphone, GSM, fax, email...) aux sièges de la Banque mondiale, du FMI, de la Banque asiatique de développement et/ou à leurs bureaux au Pakistan et/ou dans vos pays. Envoyer des messages similaires aux ambassades et aux ministères des Finances des pays créanciers, en priorité le Japon, la France, l’Allemagne, les Etats-Unis et la Chine.
4.Mener des actions de mobilisations devant les bureaux de la Banque mondiale, du FMI et Banque asiatique de développement (BAD) dans vos pays respectifs.

- 15 octobre : Journée de la Répudiation de la Dette en mémoire de Thomas Sankara et Journée Internationale des Femmes rurales

- 16 octobre : Journée mondiale de l’Alimentation et Action globale pour la Souveraineté alimentaire.

- 17 octobre : Journée d’Action contre la Pauvreté et mobilisation de la Marche Mondiale des Femmes en République Démocratique du Congo


Voir en ligne : Semaine contre la dette