CADTM à Esperanzah ! 2017 : Les murs à bas !

3 août par Simon Perrin

La prochaine édition du festival Esperanzah approche à grands pas ! Elle est pleine de promesses : des musiciens, chanteurs et DJ’s de renom qui n’ont pas oublié d’où ils venaient, de brillants artistes « de rue » aux spectacles plein de charme et de vérité, des débats passionnants sur des sujets diversifiées, avec au coeur de la campagne d’Esperanzah cette année le thème Des Ponts contre Leurs Murs.

Dans une ambiance partageuse et conviviale, le festival qui tient cette année sa 16e édition, n’en démord pas de son objectif d’élargir les perspectives des citoyens, sensibiliser sans discrimination et favoriser les convergences au sein de la société civile et des mouvements sociaux.

Le CADTM, partenaire actif Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
du festival Esperanzah dès 2003-2004,, sera présent au sein du bien nommé Village des Possibles, qui rassemble pas moins d’une trentaine de collectifs et organisations engagées pour une transformation écologique et sociale de notre société. Notons notamment la présence du CIRé et de la Caravane des sans-papiers, des Brigades d’Action Paysannes, du Collectactif, de Rencontre des Continents et tant d’autres !

Dans une superbe décoration assurée par les Lost Ninos, vous nous trouverez tout près du Musée du Capitalisme, ainsi qu’en plein coeur du festival pour nos animations itinérantes ! Au programme cette année : échanger, partager les réflexions, et se nourrir de l’expérience de chacun, pour construire des ponts et faire tomber les murs.


Des Ponts contre Leurs Murs

Saluons le travail des organisateurs qui fait de ce festival plus qu’un simple festival. C’est notamment l’effort de sensibilisation et les nombreuses rencontres qui ont été initiées tout au long de l’année par Esperanzah qui donne forme à sa campagne, telle que la marche sur Vottem des Acteurs des Temps Présents en mai dernier. Une fois terminé, Esperanzah ne vous laissera pas tranquille car la mobilisation continue en septembre pour passer un message à Theo Francken : rendez-nous la clé des centres fermés pour les demandeurs d’asile de Belgique.

Tandis que le monde demeure lourdement marqué par la multiplication des conflits dans tout le Moyen-Orient, provoquant au cours des dernières années plusieurs centaines de milliers de morts et l’exil de millions de personnes, l’Europe continue de se refermer sur elle-même. Depuis 2015, elle se débat lamentablement pour fuir sa responsabilité dans les nombreux conflits qui touchent cette région et nier les causes évidentes du départ de milliers de personnes venues trouver protection à l’intérieur de ses frontières.

Elle donne le change à une Amérique en souffrance depuis l’élection du piètre représentant de « l’Amérique gagnante » : celle des promoteurs immobiliers, des banques et de la finance. Donald Trump incarne à lui seul ce deux poids/deux mesures que nous combattons : toute liberté pour le capital et répression éhontée des mouvements et de la liberté de circulation, un droit humain fondamental inscrit à l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

De la même façon que nous sommes descendus dans la rue lors de sa venue pour l’inauguration de la nouvelle base de l’OTAN OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999.
, le 24 mai dernier à Bruxelles, pour dénoncer sa politique et les implications globales de la déstabilisation du monde et du maintien des inégalités structurelles internationales, nous serons présents avec bien plus de plaisir encore à Floreffe pour partager avec vous nos analyses et nos convictions, grâce au programme savamment concocté par notre équipe de choc !


Libre-échange / Libre austérité / Libre enfermement

Pour ne pas déroger à la règle, nous avons axé notre travail de création collective cette année sur une pédagogie par l’échange et l’interpellation des participants, au moyen de jolis panneaux illustrés qui permettent de faire un grand tour de la question sur les liens entre libéralisation et endettement, autant qu’un grand tour du monde... car nous parlons bien là d’une politique globale.

Globale à l’image de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
qui se félicite de la multiplication des réformes de casse sociale qu’elle promeut de l’Angola jusqu’à la Colombie, en passant par la Belgique. Globale à l’image de la crise des subprimes Subprimes Crédits hypothécaires spéciaux développés à partir du milieu des années 2000, principalement aux États-Unis. Spéciaux car, à l’inverse des crédits « primes », ils sont destinés à des ménages à faibles revenus déjà fortement endettés et étaient donc plus risqués ; ils étaient ainsi également potentiellement plus (« sub ») rentables, avec des taux d’intérêts variables augmentant avec le temps ; la seule garantie reposant généralement sur l’hypothèque, le prêteur se remboursant alors par la vente de la maison en cas de non-remboursement. Ces crédits ont été titrisés - leurs risques ont été « dispersés » dans des produits financiers - et achetés en masse par les grandes banques, qui se sont retrouvées avec une quantité énorme de titres qui ne valaient plus rien lorsque la bulle spéculative immobilière a éclaté fin 2007.
Voir l’outil pédagogique « Le puzzle des subprimes »
qui a plongé le système bancaire international dans une crise sans précédent et dont de trop nombreuses ont depuis payé le lourd tribu, en perdant ses économies, son logement, et en subissant l’austérité drastique que veulent nous imposer les sauveurs du capitalisme (FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
, BCE BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
, Commission européenne).

La libéralisation forcée est le cadeau empoisonné que les institutions financières internationales prodigue aux Etats pris dans le piège de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
. Elle aboutit à enserrer encore davantage les peuples dans la dépendance et la soumission. Face à cette liberté ardemment défendue par les tenants du capital, nous devrions subir la répression, les murs, l’enfermement, et la mort, telle que l’on subis les 30 000 exilés morts en Méditerranée depuis 2015.


La Mer des Clichés

C’est ce thème que nous reprendrons pour notre seconde animation La Mer des Clichés, largement inspiré du travail mené par le groupe local CADTM de Bruxelles sur la migration. Vous pourrez ainsi tester vos connaissances sur le dispositif répressif de protection des frontières européen, ainsi que sur les inégalités structurelles de développement qui pousse chaque année des milliers de personnes hors de leurs territoires, tentant de reconquérir leur droit à la vie. Nous nous attaquerons également à ces clichés qui ont la vie dure pour rétablir quelques vérités sur la politique d’accueil en Belgique et dans l’Union européenne.


Le Chapeau des alternatives

Pour vous garder alerte sur les moyens de lutte et les alternatives à ces politiques sauvages, nous vous proposerons de magnifiques tatouages sur le thème de votre choix et nous vous inviterons à piocher dans le Chapeau des alternatives pour découvrir ensemble ce qu’il nous est possible de penser et réaliser !


Fonds Vautours Fonds vautour
Fonds vautours
Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
, A Bas !

Enfin, pour les plus aventuriers, si vous croisez un vautour agité dans les méandres de l’Abbaye, n’hésitez pas, attrapez-le ! Il s’agit là d’un Fonds Vautours et il n’y a pas une minute à perdre pour défendre la loi de 2015 et internationaliser la lutte contre les Fonds Vautours !

Ce sont également la campagne contre la privatisation de Belfius, les mouvements de lutte dans le Rif et au Maroc ainsi que toute l’actualité du réseau international du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes que vous pourrez retrouver abondamment sur notre stand !

Alors à très vite, et bon festival !