Témoignage d’un consultant de la Banque mondiale

Comment l’action de la Banque mondiale a encore failli provoquer une famine

8 janvier 2007 par Eric Toussaint


Peter Griffiths [2], économiste britannique, est engagé à partir de septembre 1986 pour 4 mois par le gouvernement de Sierra Leone. Sa mission officielle consiste à faire des recommandations à propos de la politique en matière de sécurité alimentaire du pays. Dès le premier jour de sa mission, il est reçu par le fondé de pouvoir de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
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dans le pays qui lui déclare qu’en réalité, il est chargé de démontrer que le gouvernement doit abandonner le contrôle public de l’importation du riz, supprimer les subsides au riz vendu sur le marché national, s’en remettre aux importateurs privés et laisser le marché libre fixer le prix du riz.
Première observation : la Banque mondiale ne respecte pas l’autonomie du gouvernement qui a embauché le consultant et cherche à dicter à ce dernier les conclusions de son rapport.

Quelle est la situation du Sierra Leone en matière alimentaire ?

Le riz est l’aliment principal des habitants du pays ; la moitié du riz consommé est produite par les paysans locaux, l’autre moitié est importée par le gouvernement car la production locale ne suffit pas. Une grande partie de la population est sous-alimentée : les Sierra-Léonais consomment en moyenne moins de 2 000 calories par jour. La moitié des calories consommées est fournie par le riz, l’autre moitié par é l’huile végétale et la graisse animale. La viande n’en fournit que 1%, le poisson 2%, les laitages 1%. Le niveau de vie des Sierra-Léonais est extrêmement bas bien qu’ils vivent dans un pays favorisé par la nature : pluviométrie élevée (très différent du Sahel), bonnes terres et richesses très importantes du sous-sol (diamants et métaux précieux). Le pays est idéalement situé du point de vue des liaisons internationales car il est le point du continent africain le plus proche de l’Amérique du Sud et il est un passage obligé des bateaux qui proviennent de l’Extrême-Orient et croisent par le Cap de Bonne Espérance.
Les revenus sont extrêmement bas : le salaire de la plupart des fonctionnaires publics leur permet à peine d’acheter la quantité de riz nécessaire à la survie. Ils doivent chercher d’autres ressources pour compléter leur consommation alimentaire qui est pourtant insuffisante. Les chercheurs de diamant sont sous-payés et sous-alimentés : ils reçoivent 5 à 15 dollars par diamant qui vaut pourtant dix fois plus au prix du diamant brut sur le marché mondial. Les paysans arrivent à se nourrir avec peine car les revenus qu’ils tirent de la production de cacao, de café et du riz sont insuffisants.

Le raisonnement de la Banque mondiale

Il faut dévaluer la monnaie afin de rendre les exportations de café, cacao et diamants plus compétitives sur le marché mondial.
La parité de la monnaie nationale, le leone, doit être fixée par le marché, le taux de change doit devenir flottant.
La production nationale de riz est insuffisante car le prix du riz sur le marché intérieur est trop bas. Les paysans locaux ne sont pas stimulés à augmenter leur production car à ce prix, celle-ci n’est pas suffisamment rentable. Selon la Banque mondiale, le prix du riz est artificiellement bas à cause de l’intervention de l’Etat qui approvisionne le marché avec du riz importé vendu à un prix subventionné.
Pour la Banque, la solution est simple : si l’Etat ne subventionne plus le prix du riz et s’il n’importe plus lui-même 50% du riz consommé dans le pays, le prix du riz augmentera, les paysans producteurs de riz seront intéressés à augmenter leur production car ils pourront la vendre à un prix leur permettant de faire des gains.

Pour apporter un argument supplémentaire à l’abandon du contrôle public sur l’importation, la Banque mondiale, appuyée par la FAO, affirme qu’une grande partie du riz importé par le gouvernement n’est pas consommée dans le pays. Le responsable de la FAO affirme que 50% du riz importé sont acheminés par voie de terre de manière frauduleuse vers la Guinée et le Liberia voisins.

Premières observations en contradiction avec la Banque mondiale : la Banque refuse de poser la question du pouvoir d’achat des habitants du Sierra Leone. Si le gouvernement du Sierra Leone subventionne le prix du riz pour le maintenir à un niveau bas, c’est que le pouvoir d’achat des citoyens sierra-léonais est insuffisant. Si le prix du riz est augmenté sans que le pouvoir d’achat ne s’élève dans la même proportion (indexation du pouvoir d’achat à l’augmentation du coût de la vie), la consommation déjà insuffisante ne pourra que diminuer. Toute politique économique qui refuse d’adopter des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat réel est vouée à l’échec. En effet, pour que le paysan sierra-léonais trouve acheteur à un prix lui assurant une bonne rentabilité, il faut que le revenu des consommateurs augmente.

Comme on va le voir par la suite, la politique dictée par la Banque mondiale [3] va conduire le Sierra Leone droit à la catastrophe : une famine de très grande ampleur. Alors que le consultant Peter Griffiths analyse la situation réelle en essayant de comprendre le comportement des paysans et en essayant de mesurer l’importance de la fraude et de la corruption (ce qui l’amène à constater que moins d’un dixième du riz importé est réexporté de manière frauduleuse vers l’étranger), la Banque, sans attendre ses conclusions, réussit à convaincre le gouvernement d’appliquer les mesures qu’elle souhaite.
En effet, le mardi 9 octobre 1986, Peter Griffiths est informé par le ministère qui l’emploie qu’un accord est intervenu entre la Banque mondiale et le gouvernement. En échange de sa soumission aux exigences de la Banque, le gouvernement reçoit un prêt de 5 millions de dollars.
Le gouvernement accepte que le prix du riz soit déterminé par le marché. A partir du 1er janvier 1987, le secteur privé importera et fixera le prix de vente du riz sur le marché national. Tous les subsides du gouvernement pour réduire le prix du riz seront abandonnés à cette date. Le gouvernement importera seulement le riz nécessaire à l’alimentation des fonctionnaires publics (à commencer par les policiers et les soldats), des hôpitaux, des écoles et des prisons. Le gouvernement s’engage à n’importer qu’un maximum de 20 000 tonnes annuelles, soit huit fois moins que précédemment. Le gouvernement garantira l’existence d’une réserve stratégique d’un volume maximum de 20 000 tonnes de riz, ce qui correspond à trois semaines de consommation à l’échelle du pays.

Peter Griffiths est scandalisé ; il est convaincu que cette décision, si elle n’est abandonnée, conduira inéluctablement à une famine qui entraînera la mort de 250 000 à 500 000 Sierra-Léonais. Peter Griffiths fonde cette conviction sur les constatations suivantes : la dévaluation Dévaluation Modification à la baisse du taux de change d’une monnaie par rapport aux autres. de la monnaie, qui a été recommandée par la Banque quelques mois auparavant, a amené les capitalistes sierra-léonais à placer leur argent en sécurité à l’étranger en devises fortes. La douzaine de capitalistes susceptibles d’importer le riz à la place du gouvernement a été contactée par Peter Griffiths qui leur a demandé s’ils avaient l’intention de le faire. Tous ont répondu par la négative pour les raisons suivantes : la commande d’une cargaison complète de riz (en provenance d’Asie) représente un investissement considérable : un chargement de 10 000 tonnes de riz nécessite environ 2,4 millions de dollars [4]. Une fois déchargé du bateau et acheminé sur les marchés locaux, le riz ne pourra être vendu qu’en monnaie nationale dévaluée. Les capitalistes trouvent qu’une telle entreprise est trop risquée car ils ne sont pas sûrs de récupérer la mise de départ. Et encore moins de faire un profit juteux. En effet, s’ils arrivent à vendre toute la cargaison de riz à un prix suffisamment élevé, ils n’auront dans les mains que de la monnaie nationale. Encore faut-il qu’ils puissent racheter des dollars à bon prix, ce qui n’est pas du tout garanti vu que le taux de change de la monnaie est flottant.
Les capitalistes sierra-léonais font une autre observation : ils considèrent comme hautement probable que l’augmentation du prix du riz va entraîner des émeutes [5]. Ils pensent qu’ils vont être la cible de la colère du peuple. Dans ce cas, leurs biens et leurs personnes seront en danger et ils ne voient pas pourquoi ils prendraient un tel risque. D’autant qu’ils estiment que le gouvernement, face au mécontentement populaire, sera obligé de faire marche arrière, d’une part en baissant le prix du riz, d’autre part en imposant à nouveau un contrôle sur les changes (ce qui signifie qu’ils ne pourront pas convertir facilement les recettes en dollars ou autres devises fortes). Ce sera une cause supplémentaire de perte.
Un autre scénario n’est pas plus encourageant : le prix du riz risque d’être tellement élevé que les Sierra-Léonais ne seront pas capables d’acheter l’entièreté du stock importé. De grandes quantités de riz ne trouveront pas preneurs.
Un dernier argument est avancé : les capitalistes concernés sont en majorité d’origine libanaise et, en cas d’émeute, leur communauté risque d’être en danger.

Conséquence pratique : si le gouvernement n’importe plus de riz (sauf celui destiné aux services publics) et si aucun capitaliste du Sierra Leone n’en importe à sa place, le pays commencera à manquer de riz rapidement car la production nationale ne suffit pas à satisfaire la demande. Une famine s’en suivra. Une grande partie de la population étant déjà sous-alimentée, le nombre de morts se situera entre 250 000 et 500 000 personnes avant que les secours n’arrivent.

Explication : Peter Griffiths a vérifié le temps qu’il fallait pour faire parvenir par bateau un chargement de 10 000 tonnes de riz. En période normale, il faut compter trois mois. Un mois pour que la commande devienne effective et deux mois de chargement - voyage - déchargement du bateau (le riz vient d’habitude de Thaïlande).
On est à la mi-octobre 1986. Le gouvernement, en application de l’accord avec la Banque mondiale n’a pas commandé de nouveau chargement de riz (sauf pour les services publics). Le stock total disponible actuellement permettra d’atteindre le mois de janvier. Si le privé, comme tout le laisse prévoir, ne commande pas de chargement, le pays commencera à manquer de riz dès la mi-janvier et des gens commenceront à mourir dans les villes et dans les zones non productrices de riz. Les paysans n’ont quasiment pas de réserve de riz disponible à mettre sur le marché. En admettant que le gouvernement, devant la gravité de la situation, décide à partir de fin janvier de passer outre l’accord avec la Banque et de commander du riz, il faudra attendre au moins deux mois pour voir arriver un chargement suffisant si on réussit à acheter et charger le riz directement à Rotterdam ou aux Etats-Unis (à un prix beaucoup plus élevé que si on l’avait acheté en temps normal en Thaïlande). Ou sinon, il faudra attendre trois mois si le riz doit venir d’Asie de l’Est. Dans le « meilleur » des cas (deux mois d’attente), 250 000 personnes mourront. Dans le pire des cas (3 mois d’attente), 500 000, au moins, mourront [6].

Peter Griffiths décide alors de contourner la Banque mondiale et alerte le gouvernement en décrivant le scénario de la famine qui se prépare et en présentant des recommandations qui visent à atténuer les effets les plus dramatiques des mesures dictées par la Banque mondiale [7]. Ses démarches finiront par aboutir : après des semaines d’hésitation, le gouvernement qui redoute des émeutes et la famine, décide de ne pas respecter certaines clauses de l’accord avec la Banque mondiale et importe du riz. La famine est finalement évitée.

L’intérêt du livre de Peter Griffiths

Ce livre décrit de manière à la fois simple et rigoureuse les comportements et les critères d’analyse de certains dirigeants de la Banque mondiale, de la FAO, de gouvernants et de riches des pays du Sud, sans oublier le milieu des expatriés (en particulier les consultants internationaux et les fonctionnaires des organisations multilatérales) qui est critiqué sans concession. L’auteur a vécu cela directement et affirme d’emblée que ce qu’il narre s’est réellement déroulé sous ses yeux. Il a modifié les noms des protagonistes et transformé certains événements pour trois raisons : ne pas mettre en danger certaines personnes, éviter des procès et rendre l’histoire facilement intelligible.

Il ne faut pas être économiste pour comprendre l’ouvrage. Arrivé à la fin du livre, le lecteur a certainement appris des notions utiles d’économie. Cette histoire s’est déroulée de cette manière-là au Sierra Leone mais bien des acteurs du Sud et des milieux de la coopération au développement vous diront que cela aurait parfaitement pu se passer ailleurs dans le tiers monde.

Remarques critiques

L’auteur qui est sincèrement convaincu de la nécessité d’adopter des politiques adéquates pour assurer la sécurité alimentaire est cependant confiné dans un cadre traditionnel fortement marqué par l’économie néoclassique. Son analyse ne va pas assez loin dans l’interprétation des causes de la situation dramatique qu’il décrit avec une réelle sensibilité. Dès lors, il est incapable de proposer des alternatives durables aux politiques défendues par la Banque mondiale [8]. C’est d’ailleurs cette limitation qui lui a permis de continuer à travailler en tant que consultant international pour la Banque mondiale [9]. Le lecteur ne trouvera donc pas dans ce livre des propositions qui permettent de sortir de la logique dominante.

Conclusion

Les politiques analysées dans cet ouvrage, bien qu’elles renvoient à la décennie 1980, restent largement d’actualité. Ce livre est donc utile à ceux et celles qui, au Sud et au Nord, cherchent à comprendre la situation vécue dans les pays en développement. Espérons que cet ouvrage édité en 2003 en anglais sera disponible dans différentes langues prochainement.



Notes

[1Peter Griffiths, The Economist’s Tale : A Consultant Encounters Hunger and the World Bank, Zedbooks, 2003, 252 pp.

[2Peter Griffiths, The Economist’s Tale : A Consultant Encounters Hunger and the World Bank, Zedbooks, 2003, 252 pp.

[3Pour une analyse détaillée des politiques d’ajustement structurel recommandées par la Banque mondiale et le FMI, voir : Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions/50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2002, chapitre 4. Voir également : Eric Toussaint, La Finance contre les Peuples, CADTM-Syllepse-Cetim, Liège-Paris-Genève, 2004, chapitres 12 et 13.

[4Selon les estimations de Peter Griffiths, les importateurs privés devraient investir entre 15,5 millions et 35 millions de dollars pour assurer les importations de riz annuelles de riz à la place du gouvernement.

[5Ils se basent sur leur expérience : quelques années auparavant, au début des années 1980, la Banque mondiale avait déjà convaincu le gouvernement de dévaluer la monnaie et d’abandonner les subventions au prix du riz. Des émeutes avaient éclaté et le gouvernement avait dû battre en retraite (Griffiths, p. 185).

[6Peter Griffiths décrit dans quel ordre les différents secteurs de la population seront touchés par la famine (pp 230-232).

[7Le document remis par P. Griffiths est présenté pp 207-212.

[8Voir en ce qui concerne les alternatives : Eric Toussaint, La Finance contre les Peuples, 2004, chapitre 19, voir également Damien Millet et Eric Toussaint, 50 questions/50 réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, chapitres 8 et 9. Sur la toile, voir Eric Toussaint, Banque du Sud, contexte international et alternatives, août 2006.

[9Peter Griffiths explique qu’après 1986, il a de nouveau été embauché par la Banque mondiale, mais pas en Afrique de l’Ouest (p 251).

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2000, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.