Communiqué du CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo

21 octobre par CADTM Lubumbashi , Attac RD Congo

Kinshasa, le 22 septembre 2016 : Le CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo ont condamné la répression violente des manifestations organisées à Kinshasa et dans certaines villes de la République démocratique du Congo (RDC) et exige une enquête internationale exhaustive.

Le 19 septembre 2016, le Rassemblement des forces politiques et sociales a organisé des manifestations pacifiques pour demander à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de convoquer le scrutin de l’élection du président conformément à l’article 73 de la constitution.
Dans d’autres villes Bukavu, Uvira, Mbuji-Mayi, Mbandaka et Beni, les manifestations se sont déroulées et terminées dans le calme ; à Kinshasa les forces de sécurité ont fait recours à l’utilisation disproportionnée d’armes létales blessant et /ou tuant directement ou indirectement plusieurs manifestants ou non manifestants.

Selon le recoupement des informations en notre possession, le bilan provisoire à ce jour est de 56 morts dont six policiers, plusieurs blessés et biens publics et privés saccagés, pillés et/ou détruits dont cinq sièges des partis politiques et un d’une ONG de la société civile de Kinshasa.

Les forces de sécurité ont arrêté de manière indiscriminée plus de 1000 manifestants et non manifestants parmi lesquels figurent plusieurs enfants mineurs. Nous dénonçons aussi plusieurs cas d’extorsion des biens et des actes de torture et mauvais traitements dont la plupart d’entre eux ont été victimes.

Nous tenons le Gouvernement congolais pour responsable de ces violations graves des droits de l’homme.

Le CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo sont profondément préoccupés par l’enquête judiciaire annoncée par le Procureur Général de la République (PGR) contre ceux qu’il appelle « auteurs et complices » des évènements de 19 et 20 septembre 2016,

Le CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo sont plus que convaincus que les personnes visées par les enquêtes du PGR ne bénéficieront pas de garanties Garanties Acte procurant à un créancier une sûreté en complément de l’engagement du débiteur. On distingue les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, gage, hypothèque, privilège) et les garanties personnelles (cautionnement, aval, lettre d’intention, garantie autonome). constitutionnelles, d’un procès équitable ; et c’est pourquoi ils recommandent au Gouvernement d’accepter une enquête internationale exhaustive ou bien une commission d’enquête nationale qui regroupera notamment des représentants de la Mission Onusienne au Congo (MONUSCO) et des ONG des droits de l’homme locales et internationales.

Le CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo exigent que le Gouvernement fasse libérer sans condition toutes les personnes arrêtées depuis plusieurs mois à cause de l’exercice de leurs libertés publiques en RDC, et d’accepter une enquête internationale exhaustive sur les évènements survenus à Kinshasa, Kisangani et Goma, à l’occasion de la manifestation du Rassemblement des forces vives et sociales.

Le CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo demandent aux citoyens Congolais d’exiger la répudiation de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
par les parlementaires Congolais et de former un grand mouvement autour de cette revendication qui est fondée sur l’audit et le droit international. Et la réalisation de cet audit doit s’accompagner d’un combat contre l’impunité de ces acteurs du sous-développement et véritables criminels que sont la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
.

Lubumbashi, le 6 /10/2016, CADTM Lubumbashi et Attac RD Congo