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Joël Nsoni
septembre 2002 par Joël Nsoni
Le président Denis Sassou Nguesso s’est rendu, en visite officielle, aux Etats-Unis, depuis lundi 9 septembre. Outre les questions de coopération bilatérale avec les autorités américaines, il évoque, avec les responsables du Fmi, la question de la dette et de la gestion du pétrole (Page 3)
Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a entamé, depuis mardi 10 septembre dernier, une visite officielle aux Etats-Unis, au cours de laquelle il rencontre les autorités américaines, notamment son homologue, George W. Bush, pour évoquer les moyens de renforcer la coopération entre le Congo et les Etats-Unis. Mais, la présence du numéro un congolais sur le sol américain rentre, aussi, dans le cadre des relations entre le Congo et les institutions de Bretton Woods. La question de la dette et celle du pétrole sont au centre des entretiens.
Ce voyage de Denis Sassou Nguesso aux Etats-Unis est d’une importance capitale. Les Etats-Unis ont été parmi les derniers pays occidentaux à reconnaître le régime de Denis Sassou Nguesso, après la guerre de juin-octobre 97, qui a contraint en exil son prédécesseur, Pascal Lissouba. Si les Américains, par réalisme politique, ont fini par reconnaître le pouvoir de Sassou Nguesso, ils sont malgré tout parmi ceux qui souhaitent une véritable politique d’ouverture du Congo en direction des dirigeants exilés. Pour le moment, Brazzaville met beaucoup de bémol à ce sujet.
L’un des chapitres importants de cette visite est la rencontre avec les institutions de Bretton Woods, notamment la Banque mondiale et le Fmi (Fonds monétaire international). Le Congo et le Fmi ont conclu, en novembre 2000, un Programme d’urgence post-conflit, prévu pour durer deux ans, mais qui a été prolongé, en raison des dérapages constatés dans son application.
Ce programme prévoit d’importantes réformes économiques, notamment la privatisation des grandes sociétés publiques, la réduction du nombre de fonctionnaires et la restructuration de la Fonction publique, la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des fonds publics, particulièrement la rente pétrolière. Au terme de ce programme, le Congo négocie une facilité de trois ans pour la réduction de la pauvreté.
Le Congo ploie, en effet, sous une énorme dette extérieure estimée, selon le Fmi, à plus de 5 milliards de dollars américains (environ 3.500 milliards de F Cfa). Au centre de cette discussion, la question du pétrole. Dans ce domaine, les discussions avec le Fmi portent sur la Snpc (Société nationale des pétroles du Congo), qui commercialise, sur le marché international, la part du brut qui revient à l’Etat congolais, dans les contrats de partage de production.
La part de l’Etat congolais représente 20% de la production quotidienne qui est d’environ 290.000 barils.
En 2001, la Snpc a signé une Convention avec l’Etat congolais, dans laquelle ce dernier confie à cette société un mandat de commercialisation de son profit-oil. En 2001, le gouvernement congolais et le Fmi étaient tombés d’accord pour un audit sur la gestion financière et comptable de la Snpc. L’audit n’a pas encore eu lieu. La dernière revue du Fmi, à Brazzaville, a été empêchée par les événements survenus à Brazzaville, en juin 2002, avec l’attaque de l’aéroport international Maya-Maya par les rebelles ninjas.
Sans doute, avec l’installation des nouvelles institutions issues des élections de 2002, le Congo reprend, avec une certaine assurance, ses discussions avec les institutions de Bretton Woods. Le président Denis Sassou Nguesso, qui a placé son gouvernement sous le signe de la lutte contre la corruption, entend passer aux actes. Avant son départ aux Etats-Unis, il a mis de l’ordre au niveau de la Trésorerie-pairie générale, non seulement en relevant l’ancien Tpg, mais aussi, en prenant la décision de signer, dorénavant, lui-même, les autorisations de mission à l’étranger, pour les membres du gouvernement et les hauts fonctionnaires. Car, dans ce domaine, les abus ont saigné le trésor public. D’où les difficultés à payer les salaires des fonctionnaires.
Ce séjour est aussi l’occasion pour le président congolais, d’appeler les hommes d’affaires américains à venir investir au Congo. Enfin, il y a la recherche de la paix dans les Grands Lacs. Le président Sassou Nguesso va proposer, à New-York, à Kofi Annan, son plan de sortie de crise dans la sous-région.
Source : La Semaine Africaine (Brazzaville).