12 décembre

Bruxelles, Belgique

Contre-sommet européen

  • De Markten
    Vieux Marché au Grain, 5 - 1000 Bruxelles
  • Canal
    Quai des péniches

Horaire 9:00-20:30

PAF Entrée libre. Inscription obligatoire

Sommet Européen
Les 14 et 15 décembre , les gouvernements des états membres de l’UE se réuniront à Bruxelles. A l’agenda, les migrations s’imposent de sommet en sommet à l’ordre de jour, sans pour autant trouver de solution coordonnée à l’échelle européenne, de réponse digne qui permette de faire face à la tragédie humaine qui se joue à nos portes. En 2016, plus de 5 000 migrants sont morts en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Et si l’on remettait un peu de justice et d’humanité dans tout ça ?
Revendiquer la lutte contre les inégalités mondiales et l’importance de créer des voies sûres et légales d’accès au territoire européen constitue une piste sérieuse que de nombreux citoyens et organisations sont prêts à défendre.

Contre-sommet citoyen
C’est ce à quoi s’attèlera le Contre-sommet citoyen du 12 décembre au Markten et au Kaaitheater à Bruxelles. Une journée riche en ateliers, débats, rencontres qui cherchera, certes, à analyser la situation mais aussi à proposer des solutions.

Mobilisation euro-africaine
Le lendemain, c’est à une grande mobilisation dans les rues de Bruxelles que nous vous convions. Ensemble, sous les bannières de la justice migratoire et de la justice sociale. Ni repli sur soi, ni mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
débridée !

Programme

De Markten, Vieux Marché au Grain, 5 - 1000 Bruxelles
9:00 Accueil

09:30 Introduction du contre-sommet
Projection du court métrage ‘La migration n’est pas une crise’
Carine Thibaut, directrice de campagne du CNCD-11.11.11, Belgique

10:00 Changeons l’Europe : comment construire une Europe hospitalière ?

Les politiques européennes sont marquées ces dernières années par le renforcement des accords qui visent à demander à d’autres pays d’empêcher les migrants de se rendre en Europe. L’accord UE-Turquie, l’accord entre la Lybie et l’Italie en sont le reflet le plus frappant. Pourtant, il existe d’autres voies possibles qui montrent que l’Europe peut être un continent de la solidarité et défendre dans un monde où les migrations font partie des enjeux du futur. Que fait l’Europe actuellement ? Quelle est la situation sur la méditerranée ou sur les autres routes migratoires ? Quelles sont les conséquences des accords avec les pays sur le pourtour de la méditerranée ? Quelles sont les solutions possibles ? Comment défendre la solidarité ?

Avec :
Caroline Intrand, réseau euro-africain Migreurop, Belgique
Aurélie Ponthieu, conseillère en affaires humanitaires chez Médecins Sans Frontières (MSF), Belgique
Barbara Joannon, consultante sur l’Initiative citoyenne Européenne (ICE) et sur les migrations à l’Agence Française de développement, France
Gabriela Martin, coordinatrice d’Emmaüs-Europe.
Modérateur : Nicolas Van Nuffel, directeur du plaidoyer, CNCD-11.11.11, Belgique.

Panel : la Coordination Internationale des sans papiers et des migrants – retour d’Abidjan du sommet UE-Afrique

Les migrations en Europe ne peuvent être séparées des enjeux économiques et politiques qui lient l’Europe les pays dit de provenance. La migration est une conséquence de l’exploitation historique qu’ont subi (et que subissent toujours) les pays dominés par les anciennes et actuelles grandes puissances. Dans un monde ou les marchandises et ressources circulent sans entraves, les mouvements de migrant.es revendiquent le droit à circuler librement et à s’installer dans un lieu où envisager un avenir pour eux et leurs familles.
Ces enjeux seront traités la coordination internationale lors d’un contre-sommet organisé à Abidjan du 26 novembre au 1er décembre en marge du Sommet UE-Afrique. Comment dès lors construire cette alliance des exploité.es pour une véritable justice sociale ?

Avec des représentant.es de la Coordination Internationale de Sans-papiers et des Migrants d’Allemagne, Belgique, France et Italie, de SUD Solidaires, de Roya Citoyenne et d’Alter Summit. Atelier organisé par le MOC.

12:00 Repas

13:00 Panel : des pratiques syndicales pour contrer le dumping social qui met en concurrence les travailleurs résidents et les travailleurs mobiles avec ou sans papiers

Avec
Les saisonniers : Carolina Visconti, sociologue (travail de recherche sur les travailleurs saisonniers dans le Limbourg Flamand, Belgique.
Les travailleuses et travailleurs du CARE (soins) : Une déléguée CNE qui nous décrira comment dans son entreprise, elle lutte contre le dumping social. Une travailleuse sans papiers fera le lien avec des luttes des sans-papiers contre le dumping social dans ce secteur.
Les ouvriers de la construction : Sébastien Dupanloup, secrétaire fédéral Centrale générale retracera la lutte menée par sa centrale pour que les travailleurs détachés reçoivent leur salaire qui n’était plus payé depuis des mois. Un travailleur sans papiers ayant participé à la rénovation de la station Arts-loi
Les travailleuses et les travailleurs du secteur nettoyage : Dominique Fervaille de la Centrale générale Bruxelles expliquera comment au niveau syndical on aborde la défense des sans-papiers dans ce secteur.
Le transport : impacté au premier chef par le dumping social, c’est ce que nous démontrera un permanent CSC Transcom.

Panel organisé par le MOC, la FGTB, le CEPAG, Solidarité mondiale, Vie féminine et la CSC.
Panel : Les images dramatiques sur les migrations peuvent-elles encore indigner les consciences ?

La photo du petit Aylan avait secoué les consciences européennes. Les images à répétition des naufrages et des sauvetages en Méditerranée ont mobilisé l’opinion publique parfois en faveur des migrants, parfois au contraire en suscitant des réponses politiques de plus en plus inhumaines en arrivant même au cours de cet été à rendre responsables les ONG qui se chargent des sauvetages de la situation. Les images, les documentaires et reportages sont légion pour montrer les routes migratoires, les drames qui se jouent aux portes de l’Europe ou en son sein. Quel rôle les images ont-elles dans la création d’une conscience commune ? Les images peuvent-elles encore indigner ? Comment les médias utilisent-ils les images ? Quelle éthique les médias et les producteurs d’images peuvent-ils développer ?

Avec
Sara Prestianni, Chercheuse au sein de l’Association récréative et culturelle italienne (ARCI) et photographe, Italie.
Olivier Le Bussy, Journaliste à La Libre Belgique, spécialiste des thématiques internationale, Belgique.
Mignane Mamadou Diouf, Coordonnateur Forum Social Sénégalais, Sénégal.
Caroline Van Nespen, Médecins Sans Frontières (MSF), Belgique.
Modérateur : Hugues Dorzée, rédacteur en chef d’Imagine Demain le Monde, Belgique.

15:00 Pause

15:30 Panel : Au niveau international et européen comment les syndicats se mettent-ils en ordre de marche pour faire changer les politiques ? Quelles sont les réactions syndicales à l’accord obtenu par Marianne Thyssen sur la directive détachement ?

Avec
Jean-François Marcours (FGTB, Belgique) et Roberto Parillo (CSC, Belgique) nous plantent le décor de ce grand défi que représente le dumping social et les forces en présence.
Robert Vertenueil (Secrétaire général de la FGTB) fera état des négociations actuelles au niveau européen et nous tracera les lignes de forces des actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
à venir
Luc Cortebeeck (président du CA de l’OIT OIT
Organisation internationale du travail
Créée en 1919 par le traité de Versailles, l’Organisation internationale du travail (OIT, siège à Genève) est devenue, en 1946, la première institution spécialisée des Nations unies. L’OIT réunit les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, dans le but de recommander des normes internationales minimales et de rédiger des conventions internationales touchant le domaine du travail. L’OIT comprend une conférence générale annuelle, un conseil d’administration composé de 56 membres (28 représentants des gouvernements, 14 des employeurs et 14 des travailleurs) et le Bureau international du travail (BIT) qui assure le secrétariat de la conférence et du conseil. Le pouvoir du BIT (Bureau International du Travail) est très limité : il consiste à publier un rapport annuel et regroupe surtout des économistes et des statisticiens. Leurs rapports défendent depuis quelques années l’idée que le chômage provient d’un manque de croissance (de 5% dans les années 60 a 2% aujourd’hui), lui-même suscité par une baisse de la demande. Son remède est celui d’un consensus mondial sur un modèle vertueux de croissance économique, ainsi que sur des réflexions stratégiques au niveau national (du type hollandais par exemple). L’OIT affirme qu’il est naïf d’expliquer le chômage par le manque de flexibilité et que les changements technologiques n’impliquent pas une adaptation automatiquement par le bas en matière de salaires et de protection sociale.
) exposera les débats actuels au sein de l’OIT quant à la lutte contre le dumping social au niveau international.

Panel organisé par le MOC, la FGTB, le CEPAG, Solidarité mondiale, Vie féminine et la CSC.
Panel : Les pays du sud se transforment en garde-frontières de l’Union Européenne.

En juillet 2017, soutenue par l’UE et ses Etats membres, l’Italie signe un nouvel accord en matière migratoire avec le gouvernement libyen El-Sarraj, gouvernement d’entente nationale. Cet accord s’inscrit dans la lignée d’autres accords du même type (Accord UE-Turquie et Pactes migratoires africains de 2016) et atteste d’une fixation des acteurs politiques européens sur les mécanismes d’externalisation des politiques migratoires. En effet, le mythe européen de l’étanchéité des frontières étant brisé (les personnes migrantes arrivent toujours en Europe malgré les mécanismes de contrôles), l’UE et ses membres appuient dorénavant plus intensément leur politique migratoire sur une autre illusion : celle de la fermeture des routes migratoire vers l’UE.
Quelles sont les conséquences dans les pays du sud de ces politiques ? Quels sont les négociations en cours ? Quels rôles et responsabilités pour les États nationaux et les institutions régionales ? Quels sont les conséquences sur les droits humains et le droit d’asile de ces accords ? Comment contrer ce type d’accords ?

Avec :
Ousmane Diarra, président de l’Association malienne des expulsés (AME), Mali.
Amadou Mbow, président de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme, AMDH, Mauritanie.
Maria Serrano, chargée de campagne sur les migrations, Amnesty International.
Tcherno Hamadou Boulama, chargé de programme à l’association Alternative espaces citoyens, AEC, Niger.
Sara Prestianni, Chercheuse au sein de l’Association récréative et culturelle italienne (ARCI) et photographe, Italie.
Modératrice : Cécile Vanderstappen, chargée de recherche Migrations, CNCD-11.11.11, Belgique.
Canal, Quai des péniches

18:00 Action symbolique aux abords du canal
KaaiTheater, 19, square Sainctelettesquare - 1000 Bruxelles

18:45 Conférence générale : La justice migratoire, un horizon politique

Les migrations font partie de l’humanité. Le 21e siècle sera aussi celui des migrations. Rien que sur les prévisions du réchauffement climatique, on estime que l’Asie du Sud Est pourrait ne plus être habitable d’ici 50 ans et donc potentiellement un cinquième de l’humanité devrait trouver un autre endroit où vivre dignement. Face aux milliers d’hommes et de femmes qui se déplacent dans le monde et qui se trouvent souvent accueillis dans les pays les plus pauvres de la planète, l’Europe comme les Etats-Unis n’offrent comme solutions que des murs. Est-il possible de construire une autre approche des migrations ? Des voies sûres et légales constituent-elles une réponse réaliste ? Comment faire face aux inégalités croissantes qui menacent le vivre ensemble et poussent des milliers de personnes à chercher ailleurs un avenir ?

Avec :
Damien Carême, maire de Grande Synthe, surnommé le ‘maire des migrants’, France.
Charles Heller, co-fondateur de “Watch the med” et chercheur à Goldsmiths, University of London, Suisse.
Modératrice : Carine Thibaut, directrice de campagne du CNCD-11.11.11, Belgique.


Voir en ligne : CNCD

Traduction(s)

À venir