Déclaration des No Vox au forum des peuples à Bandiagara

20 juillet 2009 par No Vox


Nous les « sans », sans travail, sans logis, mal logés, chômeurs, précaires, ouvriers licenciés, paysans spoliés, expulsés d’Europe et d’ailleurs, victimes de démolition du Mali réunis au sein du réseau NO VOX, réseau de solidarité internationale représenté dans douze (12) pays de par le monde, et composé d’hommes et de femmes en lutte pour le droit des peuples avons convergé ensembles à Bandiagara dans le cadre du forum des peuples pour dénoncer le capitalisme, l’impérialisme et la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
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Sur la question de l’immigration et de l’émigration :

L’Association malienne des expulsés (AME) qui défend le droit des migrants, les accueille, les accompagne, et assure l’assistance médicale et psychologique dénonce les politiques migratoires de Union Européenne (Pacte européen, directive retour, frontex, immigration choisie, les accords de réadmission) qui ne sont que des dispositifs expéditifs, xénophobes, racistes qui criminalisent les migrants.

L’ AME en conséquence propose :
La libre circulation des personnes et des biens et souscrit à l’article 13 de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Exige :
- La récupération des biens des personnes en retour forcées ;
- La non signature de la part des Etats Africains des accords de réadmission, et la prise en considération des personnes en retour forcées.

Sur la question du droit à la terre
L’union pour le développement et la défense des droits des démunis qui se bat pour le droit au logement et contre la spéculation Spéculation Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.
Activité consistant à rechercher des gains sous forme de plus-value en pariant sur la valeur future des biens et des actifs financiers ou monétaires. La spéculation génère un divorce entre la sphère financière et la sphère productive. Les marchés des changes constituent le principal lieu de spéculation.
foncière dénonce l’attitude laxiste du gouvernement du Mali vis-à-vis des spéculateurs fonciers en complicité avec les autorités communales.

L’union propose :
- L’implication des populations dans la gestion des questions domaniales ;
- La gestion transparente des zones de recasement en impliquant toutes les parties
(Population, mairie, administration) ;
- Le dédommagement de toutes les victimes de démolition sans condition
Exige :
- Le respect strict des protocoles d’accord entre les autorités, et les populations des quartiers démolis tels que les cas des malades jardiniers de la lèpre à Djikoroni, carrefour de Niamakoro- cité des enfants, stade du 26 mars, Tabacoro, Kognoumani, Lafiabougou- Bougoudani, Yirimadio etc. ;
- Le respect strict de l’article 13 de la constitution, et de l’article 43 du code domanial qui stipule « le doit de propriété est garanti, nul ne peut être exproprié que pour raison d’utilité publique et contre une juste et préalable indemnisation »

Sur la question des droits de l’Homme
L’APELD- MALI qui lutte pour la défense des droits des femmes, de l’enfant, et la liberté

Exige :
- L’application des tous les textes, et les conventions ratifiés en faveur des femmes et des enfants.


Sur la question des privatisations

Les travailleurs licenciés de HUICOMA, les Grévistes de Morila dénoncent le processus de privatisation, et de bradage de nos sociétés et entreprise nationales entamés par les gouvernements successifs de la république du Mali depuis les années 70 jusqu’à nos jours.

Les travailleurs licenciés de Huicoma et les Grévistes de Morila exigent :
- L’application stricte du plan social survenu entre le gouvernement du Mali, et le groupe Tomota en 2005 sans condition ;
- La traduction des coupables de la mauvaise gestion de nos sociétés et entreprises nationales devant les tribunaux ;
- Le dédommagement des préjudices causés ;
- Rendre justice aux grévistes de Morila en les réhabilitant dans leur droit ;
- L’annulation des cahiers de « charge » sur les contrats miniers ;
- Un audit citoyen sur l’or du Mali de 1998 à nos jours.

Sur la question des droits humains
Le MSV (Mouvement des sans voix) s’insurge contre la paupérisation des populations victimes des politiques néo libérales, dénonce l’impérialisme arrogant des G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. vis-à-vis des aspirations des peuples et leur droit absolu à la santé, à l’éducation, au travail, au logement, à l’alimentation, à la libre circulation des personnes, et à l’environnement sain.
Exige :
- La mise en quarantaine du PDES (projet de développement social et économique) du Président ATT ;
- Un audit citoyen sur l’initiative riz.