Demandez le programme ! – Rencontres d’été du CADTM

29 juin par CADTM Belgique


Comme vous le savez probablement, le CADTM Belgique organisera ses Rencontres d’été les 7, 8 et 9 septembre prochains à proximité de Namur (plus précisément au centre culturel La Marlagne de Wépion). Si vous êtes déjà convaincu·e·s de la pertinence de participer à cet évènement, vous pouvez remplir le formulaire d’inscription en cliquant sur ce lien – et si vous n’êtes pas encore convaincu·e·s, pas de panique, vous retrouverez le lien au bas de cet article.

Les préparatifs avancent, le programme aussi ! Cette année, plutôt que de « célébrer » uniquement les dix ans de la dernière crise financière mondiale, nous vous proposons de sortir de la morosité pour célébrer, sans guillemets, les expériences de résistances qui se sont développées face à un système capitaliste injuste et mortifère.

Nous vous proposons de sortir de la morosité pour célébrer les expériences de résistances qui se sont développées face à un système capitaliste injuste et mortifère depuis la crise déclenchée en 2008

Au cœur de ces luttes, il y a eu le refus des populations d’assumer les pertes des banques, que les gouvernements en Europe ont couvertes de façon éhontée en augmentant leurs dettes publiques ; et de nombreuses autres luttes exprimant un refus de la résignation face à un monde de précarité pour le plus grand nombre et d’opulence pour une minorité, sur fond d’oppressions croisées, de reculs pour la démocratie et les droits humains fondamentaux, de désastres environnementaux. Ces résistances ont su mettre en avant la possibilité d’alternatives solidaires, socialement et écologiquement justes. Elles sont porteuses d’espoir pour l’avenir, et c’est pour cela qu’elles seront au cœur de notre plénière d’ouverture le samedi 8 septembre prochain.

Nous vous proposons un programme divisé en différents parcours :

- Un premier parcours sera consacré à l’analyse que fait le CADTM du système dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
en se concentrant sur certains de ses aspects. La crise de la dette en Europe sera présentée sous forme d’animation afin de garantir une accessibilité au plus grand nombre. Lors d’une autre session, Éric Toussaint, co-fondateur et porte-parole du CADTM International, introduira son dernier ouvrage, Le Système Dette [1], qui propose une approche historique des dettes souveraines comme outils de domination et de transferts de richesses de la Périphérie vers le Centre et des classes exploitées vers les classes dominantes. Enfin, nous argumenterons en faveur de l’ouverture des frontières au cours d’un atelier consacré aux liens entre le capitalisme, le système dette et les migrations – un terrain de lutte au cœur de l’actualité du fait des politiques xénophobes et racistes de nos classes dominantes en Europe.

- Dans un deuxième parcours, nous traiterons justement de l’actualité du système dette. La lutte internationale contre les fonds vautours Fonds vautour
Fonds vautours
Fonds d’investissement qui achètent sur le marché secondaire (la brocante de la dette) des titres de dette de pays qui connaissent des difficultés financières. Ils les obtiennent à un montant très inférieur à leur valeur nominale, en les achetant à d’autres investisseurs qui préfèrent s’en débarrasser à moindre coût, quitte à essuyer une perte, de peur que le pays en question se place en défaut de paiement. Les fonds vautours réclament ensuite le paiement intégral de la dette qu’ils viennent d’acquérir, allant jusqu’à attaquer le pays débiteur devant des tribunaux qui privilégient les intérêts des investisseurs, typiquement les tribunaux américains et britanniques.
, récemment victorieuse en Belgique, s’intensifie notamment dans l’État espagnol et en Grèce. Un deuxième atelier traitera de l’émergence de la Chine comme l’une des principales puissances créancières de la planète, et de sa stratégie des Nouvelles routes de la soie. Cette réalité présente de nouveaux défis pour les mouvements d’émancipation et de lutte contre la dette. Le dernier atelier de ce parcours sera consacré à l’actualité des luttes en Afrique du Nord sept ans après le début de l’explosion révolutionnaire, avec des membres du réseau CADTM dans la région.

- Les alternatives doivent être au cœur de nos stratégies de luttes – ce sera l’objet du troisième et dernier parcours. À travers des expériences croisées, sera présenté l’audit des dettes publiques en tant que moyen fort et démocratique de remise en cause des dettes illégitimes. Au cours d’un deuxième atelier, puisque les banques ont été au cœur de la crise commencée il y a dix ans, et puisqu’elles sont au cœur de celle qui se prépare, nous argumenterons pour leur socialisation : le système bancaire doit être décentralisé, mis au service des populations et contrôlé démocratiquement par les citoyen·ne·s et les salarié·e·s de banques. Enfin, nous discuterons des initiatives en Europe pour des alternatives socialement et écologiquement justes, internationalistes, féministes et antiracistes, qui impliquent de rompre avec l’austérité et de refuser les diktats des autorités européennes.

Au programme : Présentation d’ouvrages, ciné-débat, soirées musicales, accordéonistes et théâtre militant, le tout autour d’un bon verre

Pour compléter ce programme : présentation d’ouvrages (Il faut tuer TINA [2], avec Olivier Bonfond ; De quoi l’effondrement est-il le nom ? [3], avec Renaud Duterme), ciné-débat (Au festin des rapaces), soirées musicales, accordéonistes et théâtre militant, le tout autour d’un bon verre. Restez à l’écoute ces prochaines semaines pour en savoir plus sur ces activités et sur les intervenant·e·s qui prendront la parole durant tout le week-end.

Et pour conclure ce week-end de rentrée militante, la plénière de clôture sera consacrée aux mobilisations qui figurent parmi les luttes les plus fortes et les plus dynamiques de ces dernières années. Des États-Unis à l’Argentine, du Chili à la Pologne, de l’État espagnol à l’Italie en passant par l’Irlande, et dans de nombreux autres pays sur tous les continents, des millions de femmes se soulèvent pour dénoncer l’exploitation économique des femmes et les violences sexistes qui traversent l’ensemble de nos sociétés. Parmi les moyens d’actions novateurs qui se développent, un mot d’ordre est particulièrement ressorti le 8 mars dernier : Grève générale féministe !

Et puisque vous êtes désormais définitivement convaincu·e·s qu’il ne faut pas rater cet évènement… inscrivez-vous en cliquant ici !



Notes

[1Éric Toussaint, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les Liens qui Libèrent, 2017.

[2Olivier Bonfond, Il faut tuer TINA. 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde, Éditions du Cerisier, 2017.

[3Renaud Duterme, De quoi l’effondrement est-il le nom ? La fragmentation du monde, Utopia, 2016.