Dénonciation et condamnation des viols de femmes le jour des élections présidentielle et législative dans la ville de Mbujimayi en RDC

1er décembre 2011 par Yvonne Ngoyi

Les femmes sont encore victimes de violences sexuelles, physiques, émotionnelles liées aux élections en RDC, dans la commune de Dibindi, ville de Mbujimayi en face de l’Université (dans l’enceinte de l’Institut Kankolongo et dans la commune de Bipemba). Dans plusieurs bureaux du centre de cette école, des femmes y travaillant auraient été violées et dépouillées de leur argent et des biens de valeur. Le témoin de Radio Okapi et les reporters de cette radio ont trouvé sur place des traces de violence, des soutiens-gorge, des sous-vêtements et des sacs de dame.

Des témoins renseignent que certaines personnes trouvées dans ce centre ont été enlevées et sont sans nouvelles jusqu’à présent. Ces pillages et violences ont été menés sur fond de tirs nourris, durant une bonne partie de la nuit. Des cas similaires ont été rapportés dans d’autres bureaux de la commune de Bipemba.

Selon nos sources, le corps d’un jeune homme a été déposé devant le quartier général de la Monusco/Mbuji-Mayi. Il aurait été abattu devant un centre de vote de la commune de Bipemba. La même source rapporte également le cas de plusieurs blessés dans les formations médicales de la ville. Ce sont les victimes des violences liées aux votes.

Vue cette situation et d’autres cas de femmes abattues et victimes des violences durant ce processus électoral, nous, femmes de l’Union de Femmes pour la dignité Humaine « UFDH/CADTM » et du réseau Marche Mondiale des Femmes au Kasai Oriental :

- condamnons avec énergie ces actes de barbarie commis principalement à l’endroit des femmes ;

- condamnons, dénonçons et disons non à toute sorte des violences à l’endroit des femmes, en particulier les violences sexuelles, physiques et émotionnelles dont les femmes sont victimes pendant cette période électorale ;

- condamnons la CNEI (Commission nationale électorale indépendante de la RDC) et ses collaborateurs en charge de la sécurité des personnes et de leurs biens pour avoir failli à leur devoir de prendre toutes les dispositions pour protéger les femmes membres de l’équipe du personnel ;

- dénonçons et disons non à ces actes de barbarie qui sont un manque de respect envers la femme qui donne la vie ;

- condamnons aussi l’impuissance de la Communauté internationale qui reste indifférente aux cris des leurs mères, sœurs, filles et épouses et la source de leur vie. Ce manque de respect envers la femme est un manque de respect de soi et de sa propre mère ;

Demandons à toutes les femmes victimes de briser le silence et d’aller en justice contre ces violeurs et les complices.

- sollicitons toutes les structures de défense des droits humains et d’assistance aux femmes victimes de viols d’aider ces femmes victimes dans leur action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
judiciaire pour la réparation des préjudices causés ;

- demandons à toutes les femmes congolaises de se mobiliser une fois de plus afin que cessent ces humiliations dont nous sommes victimes.

Quand la femme congolaise cessera t-elle d’être humiliée ?

Jusqu’où iront notre patience et l’indifférence à ce fléau ?

Brisons le silence, réclamons que la justice soit faite maintenant !

Mobilisons-nous afin que justice soit rendue maintenant !

A la campagne « justice maintenant » et à toutes les ONG de défense des droits humains, il est temps que la justice soit rendue en faveur de ces femmes qui travaillaient pour la Nation.

Aux mouvement sociaux féministes et de défense des droits humains du monde entier, nous demandons qu’ils soient solidaires avec les femmes du Congo pour que cessent les viols des femmes.

Nous en avons marre ! Nous demandons la justice maintenant et la réparation !

Tant que les femmes serons victimes des violences, nous serons toujours en marche !


Yvonne NGOYI est Présidente de l’Union de Femmes pour la Dignité Humaine « UFDH/CADTM », Point Focal de la Marche Mondiale des Femmes et 1re vice-présidente de la Société civile « Force vive » de la province du Kasaï Oriental en RDC

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