Développement agricole de la Banque mondiale

26 janvier 2009 par Olivier Chantry


2008, 1 milliard de personnes affamées… Une aubaine pour finaliser les accords de l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site :
en 2009 ?
 [1]

Le scandale de la faim dans le monde a été clairement entretenu et amplifié par les politiques néolibérales imposées telles que le « développement par promotion des exportations » et les plans d’ajustement structurels. Aujourd’hui, les remèdes proposés sont toujours en parfaite continuité avec ces thérapies néolibérale. Relance de l’endettement [2] auprès de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
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et du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, conditionnée au passage en forces des réformes néolibérales dans les domaines agricole et alimentaire (marchandisation de l’accès aux terres, aux ressources hydriques, privatisation du vivant et finalisation des accords de l’OMC sur l’agriculture...)

Exporter pour manger

A l’inverse du « développement par substitution d’importation » la théorie du « développement par promotion des exportation » s’est imposée [3].
Les prêts réaliser par la Banque mondiale ont donc principalement servi au renforcement des infrastructures de productions de matières premières, agricoles (coton, arachide, cacao, café...), forestières ou minières destinées aux marchés des pays du nord.

Graphique 1 : Évolution de la balance céréalière Caraïbe et Amérique Centrale - En Millions de Tonnes

Graphique 2 : Évolution de la balance céréalière de l’Europe de l’Ouest et de l’Afrique Sub Saharienne. En Millions de Tonnes

Il faut avoir en mémoire que l’Europe importatrice nette de céréale au début des année 50 va en une vingtaine d’années devenir exportatrice. Ceci est réalisé grâce à la mise en place de la PAC (Politique Agricole Commune). C’est à dire une politiques protectionniste de garantie des prix aux producteurs jusqu’à la réforme de 1992. Les conséquences productivistes sur le modèle agricole européens (hyper-spécialisation des productions, , productivisme énergivore, concentration des terres...) doivent être critiquées et prise en compte pour qui ne voudrait pas refaire les même erreurs, mais les résultats sont parlant.

La libéralisation de la faim

La Banque mondiale et le FMI ont imposé la suppression des barrières douanières qui jusqu’alors protégeaient les marchés les uns des autres. Les conséquences de la libéralisation sont multiples.
Les prix des grandes bourses où se négocient des matières premières agricoles (Chicago, Kansas City et de Minneapolis par exemple) imposent leurs prix sur les autres marchés de la planète. Ainsi les marchés locaux sont complètement déconnectés des réalités locales.

La fluctuation des marchés agricoles

Les théories économiques libérales affirment que les fluctuations des prix d’un marché libre seraient atténuées lors de sa fusion avec plusieurs marchés (théories libérales basées sur la loi des grands nombres.) Cependant d’après les expérimentations et les modélisations réalisées, les fluctuations des prix des différents marchés entrent “ en résonance ” ! [4] Ainsi à l’inverse des théories libérales la réalité montre que les fluctuations augmentent. La FAO constate d’ailleurs l’augmentation constante de la volatilité des cours des matières premières agricoles ces deux dernières décennies. Volatilité qui semble désormais une caractéristique permanente sur les marchés, alors que n’était pas le cas auparavant. [5] Il est donc clair que la suppression des barrières douanières imposée aux PED -et négocié entre l’Europe et l’Amérique du Nord- est responsable de l’augmentation de la fluctuation des cours mondiaux des matières premières agricoles. Or la stabilité des prix est à la base du développement agricole. C’est un avantage pour les producteurs mais également pour les consommateurs finaux. Enfin la sécurité alimentaire des populations du Sud est maintenant dépendante des fluctuations des prix mondiaux.

La faim des campagnes



Les agriculteurs de la planète se retrouvent en concurrence - de l’exploitation agro-industrielle latifundiaire du Brésil ou d’Australie, aux petits paysans, en passant par les agriculteurs subventionnés d’Europe ou d’Amérique du Nord. Les écarts de productivité par travailleur et de coût de productions sont donc énormes Ainsi des centaines de millions d’agriculteurs sont tout juste capables de renouveler leurs outillages manuel en période de prix élevés. Par contre, en période de prix bas, ces agriculteurs devront s’endetter puis vendre leurs matériels ou leur cheptel et finalement se séparer de leur terre et venir augmenter la population des bidonvilles -50 millions par an- s’ils ne veulent pas mourir de faim.

La faim des villes



Lorsque le prix mondial de l’alimentation augmente ce sont les consommateurs pauvres qui ne peuvent plus s’alimenter comme on a pu le constater récemment. Par contre un petit nombre d’exploitations agricoles s’enrichissent énormément alors que ce n’est qu’une bouffée d’air pour la population rurale. Enfin presque une bouffée d’air. En 2007-2008, les prix des productions d’exportation (café, cacao, coton...) sont restés plutôt bas alors que le prix des céréales a explosé. (Voir graphique ci-dessous)

Quelles ont été les conséquences pour les agriculteurs tournés vers l’exportation ?

Conséquences économiques de ces politiques ?

Il est préalablement nécessaire de remarquer que les graphiques qui suivent ne prennent pas en compte les années 2006, 2007 et 2008.

Graphique 4 : Balance commerciales céréalières et agricole des Caraïbes (en milliards de dollars)

Graphique 5 : Balance commerciales céréalières et agricole de l’Afrique Sub Saharienne (en milliards de dollars)

Dans ces graphiques, il ressort qu’à partir des années 70, le modèle agricole des cultures d’exportations au détriment des productions vivrières Vivrières Vivrières (cultures)

Cultures destinées à l’alimentation des populations locales (mil, manioc, etc.), à l’opposé des cultures destinées à l’exportation (café, cacao, thé, arachide, sucre, etc.).
s’impose… Dés le début des années 80 les cours mondiaux des exportation agricoles des pays du sud diminuent. En effet ces pays produisent globalement les mêmes choses... Suivent les plans d’ajustements structurels qui suppriment les protections douanières sur les produits alimentaires. C’est l’origine de la destruction des producteurs locaux renforçant l’importation des produits vivriers. Enfin les années 90, sont marquées par la chute de l’URSS. Les risques de propagation du communisme dans les campagnes des pays pauvres disparaissant au même moment. Ainsi les quelques mécanismes internationaux de stabilisations des prix des produits d’exportations tropicaux sont alors démantelés provoquant l’effondrement des cours [6].

Décryptage de ce que la Banque mondiale propose pour l’agriculture pour accompagner les 6 milliards de dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
de plus

Accès à des engrais et des semences améliorés dès cette année Imposer la dépendance à des technologies couteuses et non adaptées aux paysans !
Plus dur sera la chute des prix !
Investir dans les agro-industries (Pas besoins de décryptage) En générale l’ensemble des changements de politiques étant faite pour permettre la participation du secteur privé
Doubler le budget de recherche agricole au sein du CGIAR (+400 millions de dollars) Seulement une remarque : c’est la moindre des choses car la recherche privé ne s’occupe pas des petits producteurs
Réforme agraire Donner des titres de propriété à tous et créer un marché des terres. Seul les « plus compétitifs » resteront !
Finalisation des accords de l’OMC Plus de commerce et de concurrences à l’échelle de la planète

L’augmentation du prix des matières premières agricoles est quasi unanimement présentée comme la conséquence d’un déficit de la production par rapport à l’accroissement de la demande - de la consommation croissante de viande dans les pays émergents Pays émergents Les pays émergents désignent la vingtaine de pays en développement ayant accès aux marchés financiers et parmi lesquels se trouvent les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ils se caractérisent par un « accroissement significatif de leur revenu par habitant et, de ce fait, leur part dans le revenu mondial est en forte progression ». ou de la production d’agro-carburants-. Ces explications ont le mérite de ne pas remettre en cause le fonctionnement du commerce agricole mondial ni la financiarisation croissante de l’économie ou l’importance de quelques multinationales tentaculaires contrôlant en amont et en aval les filières agricoles. L’agro-industrie a un intérêt particulier à analyser la crise actuelle comme une crise de la production. Ainsi, les solutions avancées pour résoudre la crise sont les semences améliorées -éventuellement OGM OGM
Organisme génétiquement modifié
Organisme vivant (végétal ou animal) sur lequel on a procédé à une manipulation génétique afin de modifier ses qualités, en général afin de le rendre résistant à un herbicide ou un pesticide. En 2000, les OGM couvraient plus de 40 millions d’hectares, concernant pour les trois-quarts le soja et le maïs. Les principaux pays producteurs étaient les USA, l’Argentine et le Canada. Les plantes génétiquement modifiées sont en général produites intensivement pour l’alimentation du bétail des pays riches. Leur existence pose trois problèmes.


- Problème sanitaire. Outre la présence de nouveaux gènes dont les effets ne sont pas toujours connus, la résistance à un herbicide implique que le producteur va multiplier son utilisation. Les produits OGM (notamment le soja américain) se retrouvent gorgés d’herbicide dont dont on ignore les effets sur la santé humaine. De plus, pour incorporer le gène nouveau, on l’associe à un gène de résistance à un antibiotique, on bombarde des cellules saines et on cultive le tout dans une solution en présence de cet antibiotique pour ne conserver que les cellules effectivement modifiées.


- Problème juridique. Les OGM sont développés à l’initiative des seules transnationales de l’agrochimie comme Monsanto, pour toucher les royalties sur les brevets associés. Elles procèdent par coups de boutoir pour enfoncer une législation lacunaire devant ces objets nouveaux. Les agriculteurs deviennent alors dépendants de ces firmes. Les États se défendent comme ils peuvent, bien souvent complices, et ils sont fort démunis quand on découvre une présence malencontreuse d’OGM dans des semences que l’on croyait saines : destruction de colza transgénique dans le nord de la France en mai 2000 (Advanta Seeds), non destruction de maïs transgénique sur 2600 ha en Lot et Garonne en juin 2000 (Golden Harvest), retrait de la distribution de galettes de maïs Taco Bell aux USA en octobre 2000 (Aventis). En outre, lors du vote par le parlement européen de la recommandation du 12/4/2000, l’amendement définissant la responsabilité des producteurs a été rejeté.


- Problème alimentaire. Les OGM sont inutiles au Nord où il y a surproduction et où il faudrait bien mieux promouvoir une agriculture paysanne et saine, inutiles au Sud qui ne pourra pas se payer ces semences chères et les pesticides qui vont avec, ou alors cela déséquilibrera toute la production traditionnelle. Il est clair selon la FAO que la faim dans le monde ne résulte pas d’une production insuffisante.
-, agro-toxiques et engrais chimiques [7]. C’est à dire une nouvelle révolution verte adaptée aux bénéficiaires d’un modèle agricole capitaliste et productiviste. En résumé, renforcer la mise en place des législations et des infrastructures nécessaires au développement de l’agro-business au détriment des paysanneries.

Graphique 6 : Balances commerciales des pesticides -en milliards de dollars.

Conclusions

La sécurité alimentaire de la planète est désormais dépendante de la fluctuation des prix mondiaux. L’Europe et les Etats Unis sont en voie d’intervenir durablement pour la hausse des prix des céréales. Ils se sont en effet fixés des objectifs « criminels » de production d’agro carburants. Il est probable qu’à moyen terme les prix des produits alimentaires conservent un niveau élevé. Mais il est clair que les fluctuations des prix continuerons d’augmenter si les accord de l’OMC était finalisés. Tant que les Pays ne pourront pas mettre en place des protections douanières conséquentes la majorité des agricultures de la planète ne pourront développer et assurer leur production vivrière. Mais rappelons que des politiques redistributives et de soutien sont nécessaires même à l’intérieur d’un marché protégé. Dans cette situation il faut que les populations prennent en main leur souveraineté alimentaire. Pour cela il est essentiel que les peuples des pays du Sud s’affranchissent des conditionnalités jusqu’alors imposées. L’abolition des dettes est une première étape, permettant également de récupérer des ressources budgétaires nécessaires pour mener des politiques de développement –notamment agricole- et ainsi assurer les droits humains fondamentaux… et le droit à la souveraineté alimentaire. Il est important de rappeler qu’au nom de la dette et de la libre circulation des capitaux, les flux financiers vont du Sud vers le Nord et non l’inverse comme l’on voudrait bien souvent nous le faire penser.

Enfin la question de l’augmentation de la production agricole reste posée pour les 50 prochaines années. Or la petite agriculture est la mieux à même d’assurer sur le long terme la productivité nécessaire. Le modèle agricoles capitaliste -basé sur la monoculture Monoculture Culture d’un seul produit. De nombreux pays du Sud ont été amenés à se spécialiser dans la culture d’une denrée destinée à l’exportation (coton, café, cacao, arachide, tabac, etc.) pour se procurer les devises permettant le remboursement de la dette. , le commerces international, et la surexploitation des ressources hydriques, des terres et des énergies fossiles- n’étant pas capable de relever -ni de s’adapter- aux défis alimentaires, climatiques et énergétiques.

A l’inverse de la marchandisation des terres voulue par la Banque mondiale, de réelles réformes agraires sont nécessaires. Assurer en zone rural l’accès à des parcours de formation –via notamment la scolarisation- egalement. En fonction des réalités économiques, sociales et pédoclimatiques locales, les paysan(ne)s sont les mieux à même de définir leurs besoins pour réaliser leur développement. Dans ce cadre un retour à l’agronomie comme source d’amélioration des systèmes agricoles et des pratiques paysannes est nécessaire. Ce sont les paysans les mieux à même de nourrir la planète... car les mieux à même de valoriser les ressources naturelles (sol, eau, diversité génétique...) en ajustant au mieux les cycles des éléments organiques. Il est donc temps de mener des politiques agricoles leur donnant les moyens de perfectionner, de conserver ou de créer les systèmes agricoles dont la population de la planète à besoin.



Notes

[1A part le graphique 3, toutes les données des graphiques proviennent de la FAO. FAOSTAT | © FAO Statistics Division 2008 | 13 December 2008 http://faostat.fao.org

[2« La Banque mondiale a annoncé qu’elle irait jusqu’à augmenter globalement ses prêts agricoles de 6 milliards de dollars dans l’année à venir, ce qui devrait presque doubler le montant destiné à l’Afrique et à l’Amérique latine et octroyer plus de 1 milliard de dollars à de nouveaux projets agricoles en Asie du Sud. Les prêts pour la protection sociale, la nutrition et la sécurité alimentaire sont également voués à être doublés pour atteindre 800 millions de dollars. » www.worldbank.org

[3Pour plus d’informations sur ce sujet, voir : Chapitre 10 du livre : Banque mondiale : le coup d’État permanent. CADTM/Syllepse/CETIM, 2006

[4Boussard, J.-M, Gérard F, Piketty M.-G, 2005 Libéraliser l’agriculture mondiale ? Théories, modèles et réalités. CIRAD.

[5Perspectives de l’alimentation Analyse des marchés mondiaux FAO Juin 2008

[6Pour le cas du café par exemple, voir « L’empire de la honte », Jean Ziegler.

[7Voir par exemple les explications de la FAO au travers de son Directeur général Jacques Diouf : « Augmenter la production agricole mondiale pour sortir de la crise des prix », 17 septembre 2008

cadtm.org