9 mai

Liège, Belgique

Les Lundis Contre la Dette

Dexia, experte dans les Panama Papers

Entre 2008 et 2012, les sauvetages à répétition de DEXIA ont coûté aux contribuables belges, français et luxembourgeois, la bagatelle de 15 mds € (qu’il a fallu emprunter, et donc sur lesquels il faut payer des intérêts, non comptabilisés ici). Et pendant tout ce temps, DEXIA aidait ses clients les plus fortunés à planquer leur argent dans des paradis fiscaux Paradis fiscaux
Paradis fiscal
Territoire caractérisé par les cinq critères (non cumulatifs) suivants :
(a) l’opacité (via le secret bancaire ou un autre mécanisme comme les trusts) ;
(b) une fiscalité très basse, voire une imposition nulle pour les non-résidents ;
(c) des facilités législatives permettant de créer des sociétés écrans, sans aucune obligation pour les non-résidents d’avoir une activité réelle sur le territoire ;
(d) l’absence de coopération avec les administrations fiscales, douanières et/ou judiciaires des autres pays ;
(e) la faiblesse ou l’absence de régulation financière.

La Suisse, la City de Londres et le Luxembourg accueillent la majorité des capitaux placés dans les paradis fiscaux. Il y a bien sûr également les Iles Caïmans, les Iles anglo-normandes, Hong-Kong, et d’autres lieux exotiques. Les détenteurs de fortunes qui veulent échapper au fisc ou ceux qui veulent blanchir des capitaux qui proviennent d’activités criminelles sont directement aidés par les banques qui font « passer » les capitaux par une succession de paradis fiscaux. Les capitaux généralement sont d’abord placés en Suisse, à la City de Londres ou au Luxembourg, transitent ensuite par d’autres paradis fiscaux encore plus opaques afin de compliquer la tâche des autorités qui voudraient suivre leurs traces et finissent par réapparaître la plupart du temps à Genève, Zurich, Berne, Londres ou Luxembourg, d’où ils peuvent se rendre si nécessaires vers d’autres destinations.
 !

C’est comme ça que le nom DEXIA apparaît 30.000 fois dans les Panama Papers : grâce à la société Experta, cabinet de conseil fiscal pour particuliers, qui a créé (au moins) 1.659 sociétés offshore au Panama (un record en la matière, reconnaissons leur au moins ça). En effet, Experta faisait partie du groupe DEXIA de 2002 à 2011. Et Experta a continué à proposer ses services après 2008 ! Enfin, cerise sur le gâteau, tout le monde était au courant : un responsable d’Experta a révélé que chaque décision devait être approuvée par la maison mère, DEXIA. Ces pratiques ont donc eu lieu au vu et au su des administrateurs de l’époque : Jean-Luc Dehaene, Stefaan Decraene, Jacques Rogge, François Narmon ou encore Axel Miller.

On en parle le lundi 9 mai, à 20h, à l’Aquilone (25bd Saucy, Liège).

Avec Aline Fares, ex-DEXIA


À venir