Éric Toussaint : « Les banques sont le maillon faible en Europe »

2 novembre 2011 par Eric Toussaint , Màrius Fort

Interview d’Eric Toussaint par Màrius Fort de la Vanguardia, quotidien espagnol, le 14 octobre 2011.

Le président du CADTM considère que la crise européenne actuelle rappelle ce qu’a traversé l’Amérique latine au cours des années 1980 et 1990.

Le professeur Éric Toussaint a écrit et coordonné avec Damien Millet un ouvrage intitulé La dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
ou la vie (Editions Aden/CADTM). A la veille de la manifestation des indigné-e-s ce samedi 15 octobre dans plusieurs villes d’Europe, dont l’épicentre sera Bruxelles, les questions de la dette souveraine et de la crise de la zone euro acquièrent une importance majeure. Toussaint, président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), présente dans son dernier livre ses perspectives quant à la situation que traverse actuellement l’Europe et qui, selon lui, n’est pas très éloignée de celle qu’ont traversé les pays d’Amérique latine au cours des années 1980-90.

Le titre de l’ouvrage est La dette ou la vie. Ainsi formulé, il semble que quelqu’un nous vole.

On nous vole, effectivement. Les grands actionnaires des banques ont aujourd’hui encore toute liberté de faire ce qu’il leur plait, en dépit de la crise et des aspects les plus controversés de leurs activités qui ont, rappelons-le, provoqué la crise de 2007, initiée aux États-Unis et qui s’est propagée en Europe. Malgré leurs activités néfastes, personne n’a réellement pris de mesures afin de discipliner ces institutions, et plusieurs d’entre elles sont à nouveau au bord de la faillite, telle la banque franco-belge Dexia qui a dû être sauvée pour la seconde fois, tout juste 3 ans après un premier sauvetage. Il faut tenir compte du fait que les institutions bancaires sont si fortement interconnectées que la faillite d’une ou deux d’entre elles peut avoir un effet désastreux sur l’ensemble du système financier. Il ne faut pas sous-estimer les dangers actuels à cet égard.

Pourquoi les marchés ne s’en prennent-ils pas à la France et l’Allemagne, dont la dette publique est supérieure à celle de l’Espagne ?

Les marchés, c’est à dire les grandes banques, les fonds de pensions, les compagnies d’assurance, ce que l’on appelle les investisseurs institutionnels, spéculent sur les maillons faibles de l’Union européenne, et les maillons faibles sont en ce moment des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie. Il ne fait aucun doute que d’ici un an, ou peut être moins, on spéculera également contre la France et contre mon pays, la Belgique. Je crois qu’il est question de semaines ou de mois dans le cas de la Belgique. Son « spread |1| » dépasse actuellement 200 points de base. Il est plus facile de s’en prendre d’abord aux maillons les plus faibles d’une chaîne qu’à ses maillons les plus forts. Cela ne signifie pas que les marchés vont s’arrêter. L’Espagne et l’Italie seront les suivants, ensuite la France et enfin, peut être, l’Allemagne. Aucun pays au sein de l’Union européenne ne peut se prétendre à l’abri des marchés, qui agissent en totale liberté pour tirer profit de la situation et obtenir des bénéfices à court terme. Ce qui est grave, c’est que ces mêmes spéculateurs se trouvent actuellement dans une situation de faillite virtuelle. C’est scandaleux.

Les pays sauvent les banques et ces mêmes banques les attaquent ?

Exactement. Les États aident les banques à les déstabiliser. C’est l’entière vérité, il ne s’agit pas d’une vision idéologique, c’est ce qu’il est en train de se passer.

Cela revient à dire que le système se mange lui même.

D’une certaine manière, car pour les banques et d’autres institutions financières, la seule chose qui compte c’est de maximiser leurs profits à court terme. Elles n’ont pas de vision à long terme parce qu’elles pensent que les risques qu’elles prennent à moyen ou long terme seront supportés par les institutions publiques pour réduire ou éliminer leurs pertes.

En tant que président du CATDM, pensez-vous que l’on a tiré les enseignements de 30 années d’ajustement structurel Ajustement structurel Politique économique imposée par le FMI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts. dans les pays, entre autres, d’Amérique latine ?

On voit bien que les gouvernements d’Europe ne veulent pas tirer les leçons de 30 ans de néolibéralisme en Amérique latine. De la Commission Européenne (CE) aux gouvernements nationaux, parmi lesquels l’État espagnol, on met en œuvre des politiques d’ajustement, de réduction des dépenses publiques, qui dépriment la demande globale et génèrent une baisse de la croissance ou simplement une récession Récession Croissance négative de l’activité économique dans un pays ou une branche pendant au moins deux trimestres. . Même l’Allemagne, qui avait su tirer profit de cette situation en obtenant un excédent commercial avec les pays de la périphérie européenne (Grèce, Portugal, Espagne), rencontre maintenant des difficultés économiques. On applique le même type de politiques partout en Europe et le modèle basé sur la croissance tirée par les exportations ne fonctionne pas, du fait même que tout le monde fait la même chose. J’ai été cinq fois en Amérique latine depuis le début de la crise et plusieurs hauts-représentants de différents gouvernements m’ont demandé : « Comment est-il possible que les gouvernements européens n’aient pas tiré les leçons de notre expérience et s’appliquent à répéter les mêmes erreurs ? ».

Quelle comparaison faites-vous entre les plans d’ajustement structurel du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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en Afrique et les plans d’austérité en Europe ?

Je pense qu’il y a un parallélisme évident. On applique en Europe les mesures du Consensus de Washington. En quoi consiste ces mesures ? Réduction des dépenses publiques, licenciements massifs de fonctionnaires, privatisations importantes, hausse des impôts indirects comme la TVA, réformes du marché du travail et des systèmes de retraite (ce fut le cas dans plusieurs pays d’Amérique latine, tandis qu’en Afrique il n’y a jamais eu de systèmes de retraite). C’est exactement le même schéma, qui produit une dégradation des conditions de vie et de piètres résultats économiques en termes de croissance.

Ce à quoi vous faites allusion me rappelle certains aspects qui nous touchent de près en ce moment.

Bien sûr. Les accords dictés par la troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. (CE, FMI, BCE BCE
Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne est une institution européenne basée à Francfort, créée en 1998. Les pays de la zone euro lui ont transféré leurs compétences en matières monétaires et son rôle officiel est d’assurer la stabilité des prix (lutter contre l’inflation) dans la dite zone.
Ses trois organes de décision (le conseil des gouverneurs, le directoire et le conseil général) sont tous composés de gouverneurs de banques centrales des pays membres et/ou de spécialistes « reconnus ». Ses statuts la veulent « indépendante » politiquement mais elle est directement influencée par le monde financier.
) à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande impliquent des mesures similaires à celles appliquées en Amérique latine à l’époque du mandat de Carlos Menem en Argentine, qui ont finalement débouché sur le désastre et la rébellion de 2001, le corralito |2|. L’Europe traverse plus ou moins la même situation que l’Amérique latine des années 80-90. Les gens commencent à prendre conscience du désastre que cela représente. L’Amérique latine a mis des années à se relever. J’espère que l’Europe ne va pas traverser 10 ou 15 ans de néolibéralisme. J’espère que grâce à la mobilisation des citoyen-ne-s, il va y avoir une remise en question de la légitimité de la dette publique, qui augmente du fait du transfert de la dette privée aux pouvoirs publics. En Espagne, la dette publique représente 17% seulement de la dette totale. Il est clair que la tendance est au transfert de la dette privée au gouvernement espagnol, comme cela s’est produit dans des cas emblématiques comme celui de l’Irlande, pays modèle avec un déficit zéro et un taux de chômage nul, qui se retrouve aujourd’hui, suite à la faillite des banques et à l’exposition à la bulle immobilière, avec un endettement public massif car le Trésor public a assumé le coût du sauvetage bancaire. Ce processus est en marche en Espagne.

Ce week-end, Merkel et Sarkozy semblent avoir convenu d’un accord « total », d’« une solution durable aux problèmes de l’Europe », tandis que Barroso a présenté un plan de recapitalisation de la banque. Que pensez-vous du rôle de la CE dans cette crise ?

Les plans de la CE sont toujours très en retard. Ils répondent maintenant à la phase précédente de la crise. Aussi bien en termes de méthodologie qu’en termes de ressources mises à disposition du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour intervenir. Ce fonds, qui s’élève à 440 milliards d’euros, est totalement insuffisant, même s’il voyait ses ressources doubler. Il doit intervenir en Grèce, au Portugal, en Irlande, en Espagne, etc. On fait croire à l’opinion publique que tout est sous contrôle alors qu’en réalité le sol se dérobe sous nos pieds.

La Grèce va-t-elle tomber ?

Selon moi, les banques sont le maillon le plus faible en Europe. On parle beaucoup de la Grèce mais en réalité les plus fragiles en ce moment ce sont les banques. Dexia en témoigne, mais aussi BNP Paribas, la Société Générale, la Deutsche Bank, Intesa Sanpaolo en Italie et même des groupes comme Santander et BBVA. Dans les mois qui viennent, nous verrons qui rencontrent réellement le plus de difficultés, si ce sont les banques ou des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande.

Dans votre livre, vous mentionnez souvent la « stratégie du choc » de Naomi Klein. Sommes- nous sans histoire, désorienté-e-s ?

Nous vivons la mise en œuvre de la stratégie décrite par Naomi Klein, la « stratégie du choc ». Par exemple, il y a quelques jours, le journal Corriere de la Sera a révélé le contenu exact de la carte que la BCE a transmis à l’Italie début août |3|. C’est la description exacte de la « stratégie du choc ». Plus que des recommandations, il s’agit de diktats sur des thèmes qui ne sont en rien de la compétence de la BCE. Par exemple, la réforme du système des conventions collectives. C’est une ingérence de la part d’institutions multilatérales qui ne comptent pas parmi leurs missions des questions telles que celles liées au marché du travail. Tout le monde sait que l’objectif de la BCE est de lutter contre l’inflation Inflation Hausse cumulative de l’ensemble des prix (par exemple, une hausse du prix du pétrole, entraînant à terme un réajustement des salaires à la hausse, puis la hausse d’autres prix, etc.). L’inflation implique une perte de valeur de l’argent puisqu’au fil du temps, il faut un montant supérieur pour se procurer une marchandise donné. Les politiques néolibérales cherchent en priorité à combattre l’inflation pour cette raison. . Dans l’ouvrage, je mets en évidence qu’en 2008-09 nous traversions un petit laps de temps au cours duquel la « stratégie du choc » n’était pas encore totalement d’application, mais à partir de 2010-2011, elle est mise en œuvre de manière agressive. Dès lors, ce qui peut se passer le 15 octobre est pour moi fondamental. Les indigné-e-s, où qu’ils-elles soient, protestent car ils voient que l’on favorise les intérêts privés au détriment des intérêts de la majorité. C’est une perte totale de confiance d’une part importante de la population à l’égard de ceux qui nous gouvernent.

Quelles alternatives suggérez-vous dans votre livre ?

Il faut une solution radicale au problème de la dette publique, à travers un processus d’audit qui permette d’identifier la part illégitime de la dette et de la répudier ; cela implique une mobilisation citoyenne car les gouvernements actuels ne sont en aucun cas convaincus par cette voie. Ensuite, nous ne pouvons pas laisser les banques agir de la sorte : il faut socialiser ces entités et non leurs pertes. Les pouvoirs publics doivent mettre au point un dispositif afin de disposer d’un secteur public de crédit pour la population, de relancer l’économie, créer de l’emploi, etc. Nous devons nous doter d’une nouvelle discipline financière, rigoureuse, à l’égard des marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
.

Est-ce que réellement, comme l’a dit le trader Trader
Traders
Le terme « trader » est d’origine anglo-saxonne. Il signifie littéralement « opérateur de marché ». C’est un opérateur spécialisé qui achète et vend des valeurs mobilières (actions, obligations, produits dérivés, options…), des devises, pour le compte d’un tiers (OPCVM, entreprise, personne, institutionnels…), ou pour l’établissement qu’il représente en tentant de dégager des profits.
Alessio Rastani à la BBC, « Goldman Sachs domine le monde » ?

Goldman Sachs (GS) a une grande influence mais il ne domine pas totalement le monde. Mario Draggi, le futur président de la BCE, est un homme de GS. Il a également été haut-fonctionnaire à la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
. Les responsables politiques poursuivent souvent leur carrière au sein du conseil d’administration de grandes entreprises industrielles et financières (et vice-versa), qui par ce biais les remercient de leur aide et profitent également de leur influence auprès des gouvernements. Il faudrait assainir tout cela et faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt entre les responsables politiques et les actionnaires privés. Un responsable politique ne peut pas passer de la sorte au secteur privé, il doit y avoir un délai d’au moins 5 à 10 ans.

Pourquoi considérez-vous que la dette de beaucoup de pays européens, parmi lesquels l’Espagne, est illégitime ?

Parce que la dette est le résultat d’une politique délibérée et injuste qui ne respecte pas le principe fondamental de droit qu’est l’équité. D’abord, il y a eu une réforme fiscale néolibérale de réduction de la contribution fiscale des familles les plus riches. Je ne parle pas de la classe moyenne, je parle des 5 à 10% les plus riches. Ce sont eux qui ont bénéficié de ces politiques, ainsi que les entreprises privées qui paient beaucoup moins d’impôts par rapport à leurs revenus. De ce fait, les États ont dû financer leur budget en s’endettant davantage ; c’est le premier phénomène. Ensuite, la crise a été provoquée par les aventures des promoteurs immobiliers, de grandes firmes privées, et par le système de crédit hypothécaire, qui ont entrainé l’explosion de la bulle immobilière et une récession économique. L’État s’est alors vu obligé de maintenir un certain niveau de croissance, ce qui impliqua un coût qui a fait augmenter la dette publique. Cette accumulation de dette publique, qui n’a pas atteint en Espagne un niveau comparable à celui de la Grèce, de l’Italie ou de l’Irlande, est le résultat d’une politique néfaste qui a profité et continue de profiter aux responsables de la crise. C’est pour cela que nous parlons d’illégitimité. Un gouvernement peut être démocratique et émettre de la dette qui ne rencontre pas de vices au niveau légal, mais qui s’avère être illégitime du fait qu’elle ne respecte pas le principe d’équité.

Traduction : Cecile Lamarque


Notes

|1| Prime de risque (NdT).

|2| Mesure décidée par le gouvernement consistant à bloquer l’argent déposé sur les comptes bancaires par les épargnants (NDT).

|3| http://www.lavanguardia.com/economi...

Auteur.e

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, est porte-parole du CADTM international et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014, Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.


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