Esperanzah, 20e

4 août par CADTM Belgique


Quatre jours de musique, de rencontres, de débats et d’échanges sur nos luttes. Avec 36 000 festivaliers·ères au rendez-vous, le vingtième anniversaire du festival Esperanzah a été une très belle réussite. Portée par le slogan « Occupons le terrain », l’abbaye de Floreffe nous invitait cette année à résister contre les grands projets toxiques dictés par la logique du profit.



Occupons le terrain !

Alors que les projets démesurés se multiplient avec pour conséquences des coûts énormes pour la planète et les populations, cette édition d’ Esperanzah a été l’occasion de mettre en lumière les luttes visant à préserver les droits humains et l’environnement. Comme chaque année, le CADTM était présent dans le Village des Possibles aux côtés d’une trentaine d’association en lutte, regroupées en différents pôles (justice sociale, justice environnementale, démocratie et autres).

Durant quatre jours, nous avons, nous aussi, occupé le terrain de l’abbaye de Floreffe. Aux manettes, notre petite équipe ambulante a arpenté le Village des Possibles pour proposer aux festivaliers·ères un quizz sur les caractéristiques de cinq grands projets nuisibles et inutiles (GPNI GPNI
GPNIS
L’expression « grands projets nuisibles et imposés », qui fait suite à l’expression plus connue de « grands projets inutiles et imposés », désigne également des mégaprojets qui parfois n’ont même pas été terminés ou se sont avérés par la suite inutiles et coûteux. « Inutiles »... vraiment ? Ces projets servent en fait des intérêts bien particuliers, ceux des firmes grassement payées pour leur construction et / ou par l’usage qui en sera fait. Ils sont donc bien utiles pour une poignée de privilégiéEs, même s’ils sont nuisibles pour la majorité de la population et l’environnement. Cette expression est généralement utilisée pour désigner des mégaprojets développés dans les pays du Nord.
) du Nord et du Sud : la prison de Haren en Belgique, la déchetterie nucléaire de Bure en France, la ligne TGV Lyon-Turin, la station solaire Noor au Maroc et le barrage d’Inga en République démocratique de Congo. 

Présentée sur notre stand, une carte du monde, conçue pour l’occasion, a épinglé une cohorte de projets inutiles qui n’en finissent pas d’étonner par leur coût faramineux. Accaparement de terres et de ressources hydriques, expropriations sans indemnisation, destruction de zones agricoles, écocides, suppression de moyens de subsistance de dizaines de milliers de personnes… les grands projets inutiles sont un désastre social, économique et écologique. Tous ont un point commun : leur réalisation, toujours à charge des budgets publics fait augmenter la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et permet aux grandes entreprises de réaliser des profits colossaux sur le dos des populations. Ils illustrent les limites d’un système économique mortifère, en guerre avec le vivant sous toutes ses formes.

Conçue spécialement pour l’occasion, cette nouvelle animation du CADTM avait pour but de discuter ensemble du défi que représente la prolifération de ces GPNI, de leurs conséquences en termes d’endettement public, mais aussi de leurs alternatives et du monde plus juste que nous voulons construire ensemble. 
Des débats enrichissants, engagés et pleins d’espoir ont rencontré nos luttes au Village des Possibles. Merci Esperanzah et à l’année prochaine !

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