Forum Social Mondial de Nairobi : Premier Bilan

2 mars 2007 par Olivier Bonfond


Du 20 au 25 janvier 2007, à Nairobi au Kenya, s’est déroulée la 7e édition du Forum Social Mondial (FSM). Espace de construction d’alternatives à la globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
néolibérale, les enjeux liés à ce FSM étaient aussi nombreux qu’importants. Pour la première fois en Afrique [1], il s’agissait avant tout d’élargir l’enracinement du mouvement altermondialiste sur le continent le plus touché par les politiques néolibérales. Malheureusement, de nombreuses faiblesses sont très vite apparues et ont fortement entravé les énormes attentes suscitées par cet événement mondial. Mais malgré ces faiblesses, ce FSM a démontré, une fois de plus, son caractère vivant. Par ailleurs, il constitue un tournant dans le processus altermondialiste puisque qu’il n’y aura pas de FSM « traditionnel » en 2008, mais bien des journées mondiales d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
. Alors, FSM, processus qui se fatigue ou qui se transforme ?

FSM de Nairobi - le défi africain

Après avoir élargi le processus en direction de l’Asie [2], il était logique et nécessaire de « s’arrêter » en Afrique. Alors que ce continent cumule les drames, d’un point de vue humain, social et économique - la pauvreté et les inégalités sont terribles, les conflits armés se multiplient, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
asphyxie, les famines sont récurrentes, le pillage des ressources se perpétue inexorablement... - dans le même temps, les mouvements sociaux africains restent les grands « absents » du mouvement alter. Renforcer et rendre plus visibles les luttes de ces derniers, créer des relations de solidarités solides mais aussi faire le lien avec les expériences de certains pays d’Amérique du Sud comme le Venezuela, la Bolivie ou l’Equateur, étaient autant de défis à relever. Malheureusement, alors qu’on espérait vivre un forum ouvert, dynamique et porteur de sens, de nombreuses inquiétudes sont rapidement apparues. Dès le premier jour du Forum, ces inquiétudes se sont transformées en constats, parfois alarmants, et les « erreurs » se sont multipliées. Si celles-ci ne peuvent être des arguments pour enterrer le processus dans son ensemble, elles doivent cependant faire l’objet d’une critique constructive mais ferme.

FSM de Nairobi - cherchez les erreurs ...

Sans négliger les facteurs liés à la situation sociale et politique de la région (relative faiblesse des mouvements sociaux kenyans, situation de guerre et de conflit dans les pays voisins), certains choix des organisateurs sont très critiquables, voire aberrants. Relevons-en quelques-uns.

Primo, la marchandisation du FSM. Plutôt que d’impliquer au maximum les mouvements sociaux kenyans et, plus généralement, l’ensemble des énergies bénévoles au processus de préparation, le Comité organisateur a décidé d’organiser tous les aspects du forum sur la base de contrats avec des entreprises privées. Transport, traduction, restauration, sécurité [3] tout se coule dans une logique commerçante. Tout est loué et/ou acheté. Les organisateurs vont même jusqu’à signer un accord avec une chaîne de télécommunication privée (Celtel), lui donnant le statut de sponsor officiel et le monopole des transmissions ! Cette marchandisation à outrance, en dehors du fait qu’elle s’inscrit en contradiction avec la Charte des principes de Porto Alegre, a eu plusieurs implications négatives : une nourriture très chère (3 à 4 fois le prix pratiqué localement) ; une faible intégration des mouvements sociaux kenyans dans le processus ; un coût global fortement augmenté (plus ou moins 3 millions de dollars) ; une information lacunaire, tant vis-à-vis des participants du Forum qu’à l’extérieur ; un échec total au niveau de la traduction, pourtant élément essentiel au bon déroulement d’un tel évènement international. Le Forum serait-il en train de devenir, non un lieu de rencontres et de convergences des luttes anti-néolibérales, mais bien une opportunité pour les petits et grands capitalistes locaux de faire du business sur le dos des « touristes alermondialistes » ? C’est cette situation inacceptable qui a amené certaines organisations (dont le CADTM) à lancer le slogan : « le FSM n’est pas une marchandise ! ».

Secundo, un droit d’entrée excessif pour les Kenyans. Dans la même logique de marchandisation, le Comité organisateur, décide, afin d’équilibrer son budget, d’augmenter fortement le prix de l’ensemble des droits d’inscription par rapport aux années précédentes. [4] Que les organisations et individus du Nord contribuent davantage à l’ensemble des coûts du Forum, cela se justifie aisément, mais fixer un droit d’entrée de 500 shillings (l’équivalent de 5 euros) pour les Kenyans est tout à fait inacceptable. Il est inconcevable que le peuple du pays où se tient le FSM ne puisse être là massivement pour peser dans les débats et décisions. Or, avec un tel prix, c’est bien cela qui se passe car, au Kenya, 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et une telle somme représente pour la majorité des Kenyans l’équivalent d’une semaine travail ! [5] Certaines organisations kenyanes protestent vivement, en faisant justement remarquer que «  Si le FSM est le bienvenu au Kenya, les Kenyans ne sont pas les bienvenus au FSM  ».

Tertio, un choix du lieu qui aggrave l’exclusion des Kenyans. Alors que le choix initial était de tenir le Forum dans le plus grand parc du centre ville, le comité organisateur a finalement décidé de louer le gigantesque stade de Kasarani, situé à plus de 15 km du centre. Cette structure, capable d’accueillir 80.000 personnes est totalement inadaptée, puisque le nombre de participants à ce Forum est estimé entre 12.000 à 15.000. Résultat : certaines grandes salles sont vides ou pratiquement. Rajoutons que cela n’a fait qu’exclure un peu plus la population locale du processus. Pour les organisateurs, ce choix se justifiait par la nécessité d’assurer la sécurité des participants. Selon eux, si le FSM s’était tenu au centre ville, il aurait fallu placer des grillages tout autour du parc ! Un FSM n’est-il pas avant tout un espace destiné à échanger et mieux lutter avec les pauvres, les opprimés et les exploités du système capitaliste ? Comment peut-on alors prétendre se protéger d’eux ?

Cuatro, un forum dominé par le discours « modéré ». Dès la séance d’ouverture, avec une participation d’un peu moins de 10.000 personnes, on remarque une tonalité de discours très modérée. Il est surtout question de « bonne gouvernance » et, sauf quelques exceptions, rien n’indique un esprit de rupture avec le système de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
. De même, tout au long du Forum, la voix de ceux qui prétendent donner un visage humain au capitalisme, a largement dominé les autres voix, plus radicales et alternatives. Cela s’explique aussi par le coût très élevé pour l’inscription des activités (entre 100 et 500 euros pour une activité !). Les grosses ONG disposant de moyens importants peuvent alors « monopoliser » l’espace, sans grand respect pour un accès égal à la construction de campagnes régionales, nationales ou locales. Ainsi, à titre d’exemple, l’ONG Action Aid a inscrit 25 activités à elle seule pour trois jours d’activités ! Notons également que les Eglises et grosses ONG religieuses, dont la ligne de certaines est en pleine contradiction avec la Charte des Principes du FSM (contre les droits des femmes, contre les droits sexuels ...), étaient également présentes en force.

Cinco - Un 4e Jour en contradiction avec son objectif de départ. La grande nouveauté de ce Forum était l’organisation du « 4e Jour ». Décidé par le Conseil international en octobre 2006 à Parme, l’idée principale était de laisser un espace aux organisations et mouvements sociaux pour avancer vers de grandes convergences d’action. Très tardivement et sans véritables concertations, les organisateurs décident d’organiser, en guise de clôture du Forum, 21 assemblées thématiques dans 21 endroits différents ! Outre le fait qu’elles n’ont rencontré qu’un succès limité (un peu moins de 1.500 personnes pour l’ensemble des assemblées), on peut se demander quel objectif était poursuivi par ces assemblées ? La recherche de convergence ou la fragmentation ? Par ailleurs, aucune place n’était prévue pour l’assemblée des mouvements sociaux. A croire que le programme de cette quatrième journée a été conçu pour que les mouvements sociaux ne puissent pas s’exprimer.

Toutes les critiques formulées ci-dessus nous pousseraient facilement à tirer un bilan négatif, voire amer de ce Forum. Et pourtant. Et pourtant ...

Malgré ces « fautes graves », le processus démontre une grande vitalité

Avant toute chose, rappelons que le FSM de Nairobi n’est pas le seul Forum qui ait connu ces différents problèmes. Tous les Forums précédents avaient également leurs faiblesses. Disons que cette édition les a accumulées et n’a que très peu tiré les leçons, positives et négatives, des expériences passées. Par ailleurs, si la critique est nécessaire et utile, elle ne peut effacer tout le travail de qualité réalisé par l’ensemble des parties prenantes du processus. Les débats ont été très riches [6], l’échange des expériences de luttes et les propositions concrètes d’alternatives nombreuses. Ce FSM a été également mis à profit pour renforcer la combativité et les synergies des mouvements sociaux, ainsi que pour préparer les prochains agendas communs de mobilisation, comme celui du contre-G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. à Rostock, début juin 2007, où la mobilisation devrait être significative. Enfin, les actions de solidarité [7] improvisées ainsi que toutes les rencontres et discussions informelles sont autant d’aspects positifs qu’il est impossible d’évaluer exactement mais qu’il ne faut pas pour autant sous-estimer.

Mais ce qu’il faut avant tout souligner, c’est la capacité, en particulier des mouvements sociaux, de réagir collectivement, activement et efficacement aux différentes « erreurs » du Forum. Primo, des actions directes pour garantir l’entrée libre aux Kenyans : dès le premier jour, des blocages aux entrées principales forcent les responsables à ouvrir les portes à l’ensemble des Kenyans. Après de fortes protestations contre des arrestations injustes à l’intérieur du stade et la répétition de ces actions, le comité organisateur finit par comprendre qu’il ne faut pas empêcher la participation des Kenyans pour une question d’argent. Secundo, des actions contre la marchandisation  : le 22 janvier, une première manifestation s’organise pour protester contre le prix trop élevé de la nourriture. Le 24 janvier, différents activistes kenyans et internationaux occupent les deux restaurants privés [8] situés à l’intérieur du stade et obligent à une distribution gratuite de nourriture aux quelques dizaines d’enfants des quartiers populaires de Nairobi présents. [9] Tertio, l’organisation d’un forum alternatif : face à l’impossibilité « économique » de participer au Forum , le « parlement du Peuple » [10], organisation très active, notamment dans les bidonvilles de Nairobi, décide de réaliser un forum alternatif en plein centre ville. Cette activité parallèle a été un véritable succès. Proche des gens, démocratique et basé sur l’investissement militant, il a accueilli pendant trois jours plusieurs milliers de participants, auxquels se sont joints des délégués des différents mouvements étrangers. Cuatro, une assemblée des mouvements sociaux réussie : outre les actions collectives visant à corriger les « erreurs », les mouvements sociaux se sont organisés, dès le début du Forum, pour réaliser leur assemblée, cruciale à leurs yeux pour avancer vers plus de convergence, déterminer les agendas et les stratégies communes dans le futur. A la suite de longues négociations, cette assemblée a réussi à réunir plus de 2.000 participants, ceci alors qu’elle n’était pas annoncée dans le programme officiel et qu’elle a été convoquée le jour même par la Coordination des mouvements sociaux. Cette assemblée a finalement adopté une déclaration commune qui, malgré un contenu un peu « léger », met prioritairement en valeur toutes les luttes et résistances africaines, dénonce la marchandisation et la militarisation du FSM et affirme avec force que le FSM n’est pas à vendre ! Elle a permis finalement de terminer la 4e journée dans une ambiance de fraternité, de lutte et de convergence qui n’avait malheureusement pas été suffisamment présente jusque là.

Conclusion : un bilan mitigé mais encourageant

Même s’il n’est pas possible à l’heure actuelle d’évaluer l’impact global de ce Forum, on peut d’ores et déjà dresser un bilan mitigé mais encourageant du Forum Social Mondial de Nairobi. Le FSM, malgré ses faiblesses, a démontré une grande vitalité et ceux qui affirment que le FSM est en train de mourir se trompent lourdement. Il reste maintenant à tirer, de manière démocratique et transparente, les leçons des erreurs passées et à rectifier le tir, en particulier afin que les journées d’action globale prévues fin janvier 2008 [11], prennent une forme adéquate, à savoir une forme qui permette, par les mobilisations et l’action, de rapprocher le slogan « un autre monde est possible » de la réalité vécue par les populations opprimées du monde entier.



Notes

[1Le FSM qui a eu lieu à Bamako au Mali en janvier 2006 était une partie du forum polycentrique dont les autres parties se sont tenues à Caracas au Venezuela (janvier 2006) et à Karachi au Pakistan (Mars 2006)

[2FSM de Mumbai en Inde (janvier 2004) et FSM polycentrique de Karachi au Pakistan (Mars 2006)

[3Le contrôle d’accès a été délégué à une société de sécurité, mais l’armée était également fortement présente dans l’enceinte !

[4A titre d’exemple, le coût d’inscription pour une organisation du Nord s’élève à 390 euros.

[5Rappelons qu’à Bamako ou Karachi l’année passée, il n’y avait pas de droit d’entrée pour les résidents nationaux.

[6Plus de 1.000 activités se sont organisées dans le cadre du programme autogéré sur des sujets aussi divers que le changement des institutions internationales, l’annulation de la dette, les migrations et le développement, la souveraineté alimentaire, les femmes, la privatisation des services publics, les droits humains, la lutte contre les guerres...

[7A titre d’exemple, le mardi 23 janvier, a eu lieu une manifestation de solidarité avec les peuples de Guinée Conakry, victimes d’une répression criminelle de la part du gouvernement. On comptait plusieurs dizaines de morts parmi les participants à la grève générale qui paralysait le pays depuis une dizaine de jours. Cette lutte, soutenue par de nombreux syndicats guinéens, s’oppose aux mesures de privatisation, aux augmentations de taxes..., recettes bien connues de l’ajustement structurel.

[8Ces restaurants appartiennent en fait au ministre de l’Intérieur kenyan, par ailleurs impliqué dans des opérations de répression dans le pays dans les années 1990 !

[9Soulignons également que le Conseil international, réuni les 26 et 27 janvier dans la capitale kenyane, a décidé de définir des règles de conduite pour les organisateurs des prochains Forums sociaux mondiaux afin notamment d’éviter l’écueil de la marchandisation.

[10Ce mouvement social organise des discussions militantes et populaires (« parlements ») quotidiennement depuis 15 ans dans un parc de la ville.

[11La forme, la durée et les thèmes prioritaires de ces journées seront normalement déterminées, régionalement, nationalement et/ou localement, sans doute autour d’une date commune au niveau mondial (probablement le 26 janvier). Cet ensemble d’actions à réaliser à l’échelle internationale aura pour objectif la lutte contre le néo-libéralisme et s’inspirera de la Charte de principes du FSM

Olivier Bonfond

est économiste et conseiller au CEPAG (Centre d’Éducation populaire André Genot). Militant altermondialiste, membre du CADTM, de la plateforme d’audit citoyen de la dette en Belgique (ACiDe) et de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.
Il est l’auteur du livre Et si on arrêtait de payer ? 10 questions / réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité (Aden, 2012) et Il faut tuer TINA. 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde (Le Cerisier, fev 2017).

Il est également coordinateur du site Bonnes nouvelles