Presse internationale

GUINÉE : Les syndicats guinéens menacent de décréter une grève illimitée

7 juin 2006 par IRIN


CONAKRY, le 5 juin. Les deux plus puissants syndicats de Guinée menacent de déclencher une grève générale illimitée si le gouvernement ne répond pas favorablement aux revendications formulées il y a quinze jours.

Une grève générale sans précédent avait déjà paralysé Conakry, la capitale, il y a trois mois, et avait contraint le gouvernement à prendre un certain nombre d’engagements dont l’augmentation de 30 pour cent des salaires des fonctionnaires et la création d’un salaire minimum pour tous les travailleurs.

Mais la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs guinéens (USTG) posent de nouvelles revendications et exigent une réduction du prix de l’essence et des denrées alimentaires de base telles que le riz.

L’augmentation du prix du carburant qui a été décrétée en mai, sur recommandation du Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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(FMI), pour supprimer les subventions à l’essence a entraîné une hausse vertigineuse des prix qui pèse lourdement sur les maigres revenus des ménages guinéens.

Sous l’impulsion du FMI, la Guinée a également adopté le 1 mars 2005 un système de taux d’échange flottant qui a provoqué une dépréciation Dépréciation Dans un régime de taux de changes flottants, une dépréciation consiste en une diminution de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies due à une contraction de la demande par les marchés de cette monnaie nationale. du Franc guinéen, ce dernier ayant perdu 38 pour cent de sa valeur, par rapport à des devises comme le dollar. Dans les rues de Conakry, il n’est pas rare de rencontrer des agents de change informels avec des sachets plastiques remplis de vielles coupures de Franc guinéen qu’ils sont prêts à échanger contre une poignée de dollars ou d’euros.

Pour un diplômé de l’université, qui a la chance de travailler dans la fonction publique et de gagner environ 200 000 francs guinéens, cela se traduit par une dépréciation de son salaire mensuel de l’ordre de 40 pour cent, soit l’équivalent de 40 dollars.

La dépréciation du Franc guinéen a eu un grand impact sur l’économie du pays, étant donné que la Guinée, en dépit de son agriculture très diversifiée, importe une grande partie du riz qu’elle consomme et qui représente l’aliment de base du pays. En conséquence, un sac de 50 kg de riz qui coûte 22 dollars n’est plus à la portée de tout le monde.

Pendant le week-end, les consommateurs ont fait le siège des stations-service, craignant que le gouvernement ne donne satisfaction aux revendications des fournisseurs de produits pétroliers et n’augmente à nouveau les prix.


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Source : IRIN news