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Frédéric Lévêque
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Entretien avec Camille Chalmers, haïtien, professeur d’économie et de planification sociale à l’Université d’Etat d’Haiti. Depuis 1995, il coordonne une coalition d’organisations, la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) qui lutte contre les politiques néolibérales et pour l’émergence d’authentiques alternatives populaires de développement en Haïti.
22 novembre 2004 par Frédéric Lévêque
La population haïtienne se souviendra longtemps, et avec douleur, du bicentenaire de son indépendance. Depuis le début de l’année 2004, tragédies et instabilité politique se succèdent. Tout le monde se souvient encore de la polémique entourant la chute du régime du président Jean-Bertrand Aristide au mois de février. Plus récemment, ce sont les affres de la nature qui ont frappé de plein fouet la population la plus pauvre des Amériques. Au mois de mai, des inondations ont provoqué la mort de près de 2.000 personnes ; en septembre dernier, c’est l’ouragan Jeanne qui a englouti la ville de Gonaives et ses alentours, semant une fois de plus, une fois de trop, la mort, la misère et le désespoir.
Pour nous parler de la situation difficile que traverse la première "République noire" du continent américain, nous avons rencontré Camille Chalmers, haïtien, professeur d’économie et de planification sociale à l’Université d’Etat d’Haiti. Depuis 1995, il coordonne une coalition d’organisations, la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) qui réunit neufs réseaux nationaux qui luttent contre les politiques néolibérales et pour l’émergence d’authentiques alternatives populaires de développement en Haïti. Camille Chalmers participe également aux réseaux internationaux qui militent contre la globalisation néolibérale et le paiement de la dette extérieure, comme ceux de Jubilé Sud et du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde.