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Jean-Denis Gauthier
9 janvier par Jean-Denis Gauthier
L’article de Zsuzsa Ferge, « Holiday of love », décrit la guerre aux pauvres menée par le gouvernement fascisant hongrois. Cependant, celui-ci n’a pas conçu cette guerre. J’ai évoqué l’austérité en Lettonie. Sa cause n’était pas une crise des finances publiques, mais l’accord, conclu à la veille de la Noël 2008, avec le FMI. Cet accord exigeait une réduction immédiate de 15% des salaires publics, une loi de plafonnement des salaires impliquant une coupe de 30% des dépenses salariales pour 2008 et 2009, une réduction des dépenses publiques de 4.5% du PIB, un gel des retraites et une augmentation de la TVA.
Il en est de même en Hongrie. En novembre 2008, le gouvernement hongrois avait conclu avec le FMI et la BCE un accord de 20 €Mds pour soutenir le forint. Les conditions incluaient des coupes dans les salaires et les services publics, dans les prestations sociales et les retraites, un plan de sauvetage des banques et une réduction à 2,6% du déficit public. Suite à des manifestations, les conditions furent modifiées. Un déficit de 4,6% fut autorisé en contrepartie d’un gel des salaires, de la suppression de primes et d’une réduction des dépenses publiques de 8%.
Le Fidesz s’était opposé à cet accord, mais une fois au pouvoir, il a maintenu les coupes exigées par la BCE et le FMI. La rupture avec ces derniers est venue de l’instauration d’une taxe sur les banques, équivalant à 0.7% du PIB. D’autres mesures, toutes condamnées par la BCE et le FMI, ont aggravé le désaccord : taxation des entreprises de la grande distribution, de l’énergie et des télécommunications, nationalisations des fonds de pension, limitation des charges des emprunteurs en devises étrangères qui a entraîné une perte pour les banques estimée à 900 €ms.
Cependant, contrairement à leurs déclarations, la BCE et le FMI n’ont pas annulé l’accord de novembre 2008. Seule sanction, la dégradation de la notation de la dette. D’où de nouvelles coupes : réduction des indemnités-chômage, des heures supplémentaires des employés publics, « assouplissement » des procédures de licenciement, adoption d’une constitution qui ne mentionne ni droits syndicaux ni salaire minimum.
Les dépenses publiques de santé ont été réduites de 30 Mds de forint et les cotisations augmentées de 11 à 27%. Le départ en retraite a été porté de 62 à 65 ans pour les femmes comme pour les hommes. Les bonifications de retraites ont été supprimées et leur base de calcul réduite de 8%.
Mais en novembre 2001, le gouvernement a fait appel au FMI pour trouver un accord qui permette à la Hongrie d’emprunter à des taux supportables. L’institution n’a jamais été regardante sur la conformité démocratique de ses clients.
Sources :
David Hall, PSIRU Cuts Watch brief, Hungary, 19/12/2011
http://www.psiru.org/node/16092
Daniela Gabor, The IMF’s new conditionality : Crafting change, lesson from Eastern Europe, Bretton Woods Project, 18/02/2011
http://www.brettonwoodsproject.org/...
Bretton Woods Project News, Will IMF loans hurt the poor this time around, 13/02/2009
http://www.brettonwoodsproject.org/...