Industrialisation par substitution d’importation

Cette stratégie renvoie principalement à l’expérience historique de l’Amérique latine des années trente et quarante, et à l’école théorique dite de la CEPAL (Commission Économique Pour l’Amérique Latine de l’ONU), avec notamment les écrits de l’Argentin Raúl Prebisch. Le point de départ est le constat selon lequel, confrontés à une réduction drastique des échanges, les principaux pays d’Amérique latine avaient su répondre à la demande intérieure en remplaçant les produits importés par le développement de la production locale. La théorisation de la CEPAL vise à étendre ce procédé successivement à tous les secteurs de l’industrie en créant une « déconnexion » vis-à-vis du Centre. En s’appuyant sur une bonne dose de protectionnisme et sur une intervention coordonnée de l’Etat, on vise à permettre l’essor des industries naissantes. C’est en quelque sorte une version réformiste des théories de la dépendance, qui compte sur le dynamisme des entrepreneurs locaux (Coutrot et Husson, 1993, p. 117 ; Prebish, 1981 ; Clairmont, 1987 ; Ugarteche, 1996).