L’Affaire Lumumba, une seule interprétation possible : le meurtre

23 février 2009 par Collectif Mémoires coloniales

Le collectif mémoires coloniales publiait le 28 janvier dans le journal Le Soir un hommage à Patrice Lumumba |1|, mettant en cause les responsabilités de la Belgique dans son assassinat. Le 11 février, le Soir publiait une réponse qui dédouanait la Belgique de ses responsabilités dans cette affaire |2|. Nous avons demandé la possibilité de répondre, mais ne voulant engager une trop longue polémique dans ses pages, le Soir n’a pas publié notre texte. Voici donc notre réponse à ceux qui pensent que la Belgique n’a rien à voir dans l’affaire de l’assassinat de Lumumba.

L’Affaire Lumumba, une seule interprétation possible : le meurtre

Dans la carte blanche parue dans Le Soir le 9 février 2009, Mr. A. d’Aspremont–Lynden, fils de l’ancien ministre des Affaires africaines d’Aspremont Lynden, répond au collectif Mémoires Coloniales et réfute la thèse selon laquelle la Belgique a joué un rôle essentiel dans l’assassinat de Patrice Lumumba.

Le texte publié au nom du Collectif se référait, certes beaucoup, à l’ouvrage de Mr. De Witte consacré à l’assassinat du Premier Ministre congolais |3|. Mais Mr. d’Aspremont-Lynden, semble considérer que ce texte était purement et simplement un « prospectus » pour l’œuvre en question et qu’aucun des rédacteurs n’a lu d’autres textes sur ce sujet, ce qui n’est pas le cas. Il ne faut pas tomber dans le travers de caricaturer les positions de son interlocuteur pour mieux l’abattre. Nous n’avons jamais dit que la culpabilité de la Belgique est exclusive. Il y a eu association de malfaiteurs entre les USA, la Belgique, et au moins deux groupes distincts de Congolais : Mobutu et le collège des commissaires à Léopoldville et l’équipe Tshombe- Munongo au Katanga. La répartition des rôles a été dès lors ce qu’elle n’a cessé d’être pendant une quarantaine d’années : Les Américains patronnaient l’ensemble de l’opération en tant que protecteurs du « Monde Libre » contre une « subversion communiste », alors que l’ex-colonisateur, ici la Belgique, apportait sa connaissance du terrain et le savoir-faire d’un certain nombre d’agents connaissant le Congo. De plus, quelques autochtones donnaient à ces opérations une apparence de légalité ou du moins de « décision congolaise indépendante » |4|. Ainsi, ils pouvaient ensuite servir de boucs émissaires : le meurtre serait mis au compte de leur haine, bien entendu « tribale, sanguinaire et primitive ».

La Belgique n’était donc pas seule, mais elle a joué un rôle essentiel et indispensable. Il n’est pas interdit de penser que, si la CIA et les Congolais avaient dû agir seuls, ils auraient sans doute perdu un peu de temps. Or, l’on sait que l’arrestation de Lumumba a été une question de minutes.


Pouvait-on éliminer Lumumba politiquement sans le tuer ?

Venons-en à l’essentiel. A ce sujet, je suis d’accord avec Mr d’Aspremont-Lynden, l’essentiel est « Quel est le sens à donner à «  l’élimination définitive » » dans le fameux télégramme, ou encore au « get rid of that man » d’Eisenhower ? Dans les deux cas, diplomates, ministres et présidents ont fait preuve des qualités de prudence et de modération du ton que prône notre contradicteur. Des mots comme « élimination » ou « to get rid » (se débarrasser) n’impliquent pas nécessairement qu’il s’agisse d’une élimination physique, c’est à dire d’un meurtre. Encore qu’on se demande alors pourquoi ajouter l’adjectif « définitive » qui rend un son désagréablement … définitif !

Il pourrait être utile de poser la question autrement : Cela pouvait-il avoir un autre sens ? En d’autres mots : Pouvait-on éliminer Lumumba politiquement sans le tuer ? La réponse est clairement : non !

Pour éliminer du jeu un homme politique sans mettre sa vie en cause, il faut le faire changer d’avis, honnêtement, par le chantage ou par la corruption ; le discréditer ou le renverser en obtenant contre lui, dans quelque assemblée ou instance de parti, un vote qui constitue un camouflet assez spectaculaire pour briser sa carrière, sinon « définitivement », du moins pour longtemps.

Les qualités et les défauts qui composaient le caractère de l’homme Lumumba faisaient qu’il était impossible de l’acheter ou de le faire changer d’avis par des pressions ou des chantages |5|.


Pouvait-on le discréditer ?

Le traiter de « communiste » pouvait suffire à certains belges, mais les Congolais ne savaient pas ce que cela voulait dire. Ne parlons même pas de son immense popularité... qui lui a couté la vie, puisque c’est en s’arrêtant parce qu’on l’acclamait qu’il s’est laissé rattraper.

Enfin, il disposait de la majorité absolue. Le fait que son gouvernement était un vaste fourre-tout d’union nationale (sur le conseil, d’ailleurs, des Belges) ne doit pas dissimuler que les partis qui avaient fait campagne sous le label « MNC/L » détenaient à eux seuls la majorité.

Une élimination politique de Lumumba n’était donc tout simplement pas envisageable, et c’était bien la raison pour laquelle le premier coup d’état de Mobutu avait décrété la « neutralisation » de tous les politiques. D’ailleurs, au moment où d’Aspremont Lynden envoie le télégramme, Lumumba était « politiquement neutralisé » puisqu’il était destitué en tant que premier ministre et assigné à résidence, mais Lumumba était tout simplement incontournable, et on le savait aussi bien à Bruxelles qu’à Washington ou à Léo et E’ville. En effet, pour calculer une majorité parlementaire, il suffit de savoir compter sur ses doigts, un talent que l’on doit quand même supposer faire partie des talents d’un diplomate, même obtus !

Il est donc tout simplement impossible que « éliminer » ou « to get rid » aient eu un sens politique. Il ne reste plus qu’une interprétation : le meurtre.

Pour finir, je contredirai encore Mr d’Aspremont-Lynden sur un dernier point en ajoutant que cette affaire est le meurtre d’un homme qui n’a aucunement, à aucun moment, été l’ennemi de la Belgique. Lumumba a cru dans sa qualité de Premier Ministre investi par un Parlement élu lors d’un scrutin honnêtement et loyalement organisé par la Belgique. Il est mort d’avoir cru trop longtemps en nous.

Guy De Boeck

Pour le Collectif Mémoires Coloniales


Patrice Lumumba : les Belges n’ont pas organisé son assassinat
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Arnoud d’Aspremont Lynden, fils d’Harold d’Aspremont Lynden, ancien ministre des Affaires africaines.

Reprenant la thèse d’un ouvrage écrit en 2000 par Ludo De Witte au sujet de l’assassinat de Patrice Lumumba, les membres du « Collectif mémoires coloniales » écrivent une carte blanche publiée le 28 janvier, impliquant directement le gouvernement belge de l’époque et en particulier son ministre des Affaires africaines, Harold d’Aspremont Lynden.

Les auteurs en veulent pour preuve le télex qu’Harold d’Aspremont L., alors ministre des Affaires africaines, adressait le 6 octobre 1960 au chef de la Mission technique belge à Elisabethville indiquant au dernier paragraphe que « l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba ».

Toute la question est évidemment de savoir si mon père visait une élimination physique ou politique.

La commission d’enquête parlementaire constituée pour faire la lumière sur cet assassinat estime au terme d’une analyse fouillée et approfondie, « qu’il y a lieu d’entendre par “élimination définitive” l’éviction de l’intéressé de la scène politique ». Pour ce faire, elle se fonde sur le texte intégral du télex dont la connotation est politique, ajoute que le petit mot « évidemment » dans la dernière phrase ne s’accorde pas avec un ordre d’assassinat et que la phrase relative à l’élimination définitive « ne constitue pas un ordre mais un jugement, certes important, sur la politique à suivre » (1).

A titre personnel, quelques réflexions de simple bon sens :

– Comment imaginer qu’un ministre du Roi qui vient d’être nommé un mois plus tôt prenne l’initiative de faire disparaître physiquement, donc d’assassiner, un homme du format de Patrice Lumumba, fût-il son ennemi politique ?

– Comment imaginer qu’un ministre qui a l’intention de commettre un acte hautement répréhensible de cette importance l’annonce noir sur blanc dans un télex officiel, archivé, envoyé à Mistebel (Mission technique belge) avec copie au consul général et au ministre des Affaires étrangères qui se trouve être Pierre Wigny dont tout le monde connaît l’extrême prudence ?

– Ce télex n’est suivi d’aucun effet sur le plan de l’élimination physique.

A cette interprétation qui repose sur la logique et sur une enquête minutieuse réalisée par des parlementaires de tous bords politiques, le « Collectif mémoires coloniales » préfère celle de Ludo De Witte selon lequel l’élimination visée est physique.

Or, l’ouvrage de Ludo De Witte n’est pas l’Evangile. On y lit que Gobert d’Aspremont Lynden, grand maréchal de la Cour est le neveu de mon père, et qu’il « travaille dans le palais même dont l’ombre se projette sur le bâtiment voisin du ministère des Affaires africaines où Harold d’Aspremont Lynden et ses collaborateurs préparent le prochain acte du drame… » (2). Outre que le style tient davantage du roman d’espionnage que de l’ouvrage d’histoire, il y a lieu de noter que Gobert est l’oncle de mon père et non le neveu.

Quelques pages plus loin (p.104), on lit que le fils d’Harold (l’auteur de ces lignes) est également dans les affaires coloniales, étant administrateur de la Compagnie du Katanga. C’est risible lorsqu’on sait qu’à l’époque j’avais 16 ans et que je n’ai jamais été administrateur d’une société coloniale.

La commission quant à elle conclut, en ce qui concerne l’implication éventuelle d’hommes politiques belges dans l’assassinat de Patrice Lumumba, qu’aucun d’entre eux n’a donné l’ordre de l’éliminer physiquement, qu’ils n’ont pas prémédité de l’assassiner ou de le faire assassiner lorsqu’ils se sont efforcés de le faire transférer au Katanga, mais qu’ils ne se sont pas préoccupés de son intégrité physique, la considérant comme secondaire, comparée à d’autres intérêts (3).

La commission en déduit que « certains membres du gouvernement belge et d’autres acteurs belges ont une responsabilité morale dans les circonstances qui on conduit à la mort de Lumumba » (4).

Je suis également convaincu que mon père avait à ce moment et dans le contexte de l’époque des préoccupations plus importantes que la sécurité d’un homme qui, en liberté, faisait courir un danger physique certain aux populations locales et aux Belges encore nombreux sur place.

Fort de ses conclusions à lui, le Collectif réclame que la Belgique présente des excuses au peuple congolais et que soit érigé un monument public en mémoire de Lumumba. C’est oublier que, le 5 février 2002, Louis Michel, alors ministre des Affaires étrangères, a déjà présenté les excuses de la Belgique au peuple congolais.

Quant au monument public à ériger à la mémoire de Lumumba, je n’en perçois pas le sens dans la mesure où ce dernier était un ennemi politique de la Belgique.

Patrice Lumumba est un personnage historique, doté d’un charisme et d’une intelligence indiscutables. Toutefois, il a causé du tort aux Belges, est responsable du génocide perpétré au Sud-Kasaï, et je ne vois pas de raison de le célébrer aujourd’hui, même s’il faut certainement regretter sa mort dans les conditions horribles que l’on connaît mais qui n’ont pas été voulues par Harold d’Aspremont Lynden.

(1) Enquête parlementaire – Chambre des représentants – Doc 50 0312/006 – p. 212 à 213.

(2) Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba, ed. Karthala, 2000, p. 99.

(3) Enquête parlementaire – Chambre des représentants – Doc 50 0312/007 – p. 838.

(4) Enquête parlementaire, ibid. p. 839.


Patrice Lumumba : la Belgique doit reconnaître ses responsabilités historiques

Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba était assassiné. Sa mémoire doit rester vivante, son combat reste une source d’inspiration dans les luttes émancipatrices de l’Afrique.

Dans les années 60, des mouvements indépendantistes secouent l’Afrique. Le Congo connaît alors la montée en puissance d’un tel mouvement mené par Patrice Lumumba. La détermination des peuples à se libérer du joug colonial et le spectre des luttes indépendantistes poussent la Belgique, sous le règne de Baudouin, à concéder l’indépendance politique en 1960. Mais le gouvernement belge cherche à garder la mainmise économique afin d’y préserver ses intérêts violemment acquis par Léopold II, propriétaire du Congo de 1885 à 1908 avant que ce pays ne revienne à l’État belge.

En mai 1960, Lumumba remporte les élections avec le Mouvement National Congolais. Le 23 juin, il devient premier ministre, soit chef du gouvernement. En septembre, le Président (sans pouvoir dans un régime parlementaire) Joseph Kasa Vubu révoque Lumumba et les ministres nationalistes. Le Parlement, acquis à la cause de Lumumba, révoque Kasa Vubu. Joseph Désiré Mobutu, avec l’aide de l’ambassade des USA, des officiers belges et onusiens, fait arrêter Lumumba et l’assigne à résidence. Fin novembre, Lumumba s’échappe de la capitale pour gagner Stanleyville. Il est arrêté et transféré au camp militaire de Thysville. Le 17 janvier 1961, Lumumba et ses camarades sont conduits à Elisabethville et livrés aux autorités locales. Ils sont humiliés et fusillés le soir même. Dans les jours qui suivent, plusieurs partisans de Lumumba sont exécutés.

La Belgique a une part de responsabilité dans ce sanglant épisode de l’histoire. « La violation de la démocratie congolaise prend forme avec la mise en prison de Lumumba (…) Ce sont bien des conseils belges, des directives belges et finalement des mains belges qui ont tué Lumumba » (2).

Cette responsabilité n’est pas retenue lors de la Commission d’enquête parlementaire belge mise en place 40 ans après les faits. Comme le rappelait le ministre des Affaires étrangères, Louis Michel, lors du débat sur les recommandations de la commission : « La commission souligne également l’implication d’instances Gouvernementales belges lors du transfert de Lumumba au Katanga, sans que l’idée de l’exécuter ou de le faire exécuter n’ait dans ce cadre été préméditée (…) Le gouvernement déplore le fait que le traitement de cette question par le gouvernement de l’époque ait relevé un manque de considération pour l’intégrité physique de Lumumba » (3).

Cependant, il existe des documents qui ne laissent pas de doutes sur les responsabilités belges dans cet assassinat. Le comte Harold d’Aspremont Lynden, ministre belge des Affaires africaines et proche de Baudouin, écrivait le 6 octobre 1960 que « l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba ». Pour la commission d’enquête, il faut entendre l’élimination politique et non physique de Lumumba. Pour Ludo De Witte, sociologue et historien, ce sont bien les Belges, avec l’aide de la CIA, qui ont dirigé toute l’opération du transfert de Lumumba au Katanga, jusqu’à sa disparition et celle de son corps.

Au-delà de la question des responsabilités, son assassinat pose la question de l’ingérence politique des pays occidentaux en Afrique et de la poursuite du projet colonial quant à la mainmise sur les ressources naturelles. Il prône une indépendance claire et rappelle que ce sont les luttes qui ont conduit à la liberté. « Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte [que l’indépendance] a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang. (…) Nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage, qui nous était imposé par la force » (4).

En assassinant le leader panafricain, « on ne s’est pas contenté d’éliminer physiquement Lumumba : on a voulu empêcher que sa vie et son travail deviennent une source d’inspiration pour les peuples africains ; on a voulu effacer à tout prix son projet nationaliste visant à mettre en place un Etat-nation unifié et une économie servant les besoins du peuple. Pour que jamais ne renaisse un nouveau Lumumba, il fallait à tout prix que ses idées et sa lutte contre la domination coloniale et néocoloniale soient effacées de la mémoire collective » (5)

Pour le gouvernement belge, le danger du projet indépendantiste de Lumumba résidait dans l’affirmation de la souveraineté politique et économique et donc la mise en péril des intérêts économiques belges. Son assassinat est « un exemple ahurissant de ce dont les classes dominantes occidentales sont capables dès qu’elles se sentent touchées dans leurs intérêts fondamentaux » (6).

Le Collectif Mémoires Coloniales réclame que les archives concernant ce dossier soient largement accessibles. Le Collectif s’indigne de l’attitude tergiversante face à la question des responsabilités belges dans cet assassinat. Il est temps que la Belgique reconnaisse clairement ses responsabilités historiques vis-à-vis du Congo. Le Collectif réclame que la Belgique présente ses excuses au peuple congolais, et que soit érigé un monument public en mémoire de Lumumba.

Pauline Imbach

Pour le collectif Mémoires Coloniales

(1) Le Collectif Mémoires Coloniales est composé d’individus et d’associations, dont le CADTM, Congo Forum, Oasisndjili…

(2) Ludo De Witte, L’assassinat de Lumumba, Karthala, 2000.

(3) http://www.diplomatie.be/nl/press/

homedetails.asp ? TEXTID=68

(4) Extrait du discours de Lumumba, 30 juin 1960.

(5) Ludo De Witte, ibid.

(6) Ludo De Witte, ibid.


Notes

|1| Hommage à Patrice Lumumba. La Belgique doit reconnaître ses responsabilités historiques, carte blanche du collectif mémoires coloniales parue dans le Soir le 28 janvier 2008. http://www.lesoir.be/forum/cartes_b...

|2| La réponse de Mr. A. d’Aspremont–Lynden est publiée à la suite de ce texte, elle est aussi disponible sur : http://www.lesoir.be/forum/cartes_b...

|3| Ludo De Witte, l’assassinat de Lumumba, 2000, Karthala

|4| Lire:Larry Delvin, Chief of Station Congo, publicaffairs, 2007 ou encore Nouvelles Révélations sur le meurtre de Lumumba, http://www.benilubero.com/index.php...

|5| Ce genre d’homme est dit « incorruptible » quand il est européen (ou au moins Blanc), « incontrôlable » quand il est Noir…

|6| Carte blanche publiée dans le Soir le mercredi 11 février 2009 en réponse au texte du collectif Mémoires Coloniales Patrice Lumumba : la Belgique doit reconnaître ses responsabilités historiques, publiée dans le Soir le 28 janvier 2009