L’Ukraine aux mains d’oligarques et financiers

24 novembre 2015 par Jérôme Duval

CC - Môsieur J.

Dans un pays aux paradoxes extrêmes, les changements vont vite. Au-delà du symbole qui interpelle, quand on déboulonne une statue de Lénine à Odessa dans le cadre des lois sur la « désoviétisation » pour la remplacer par une autre... du héros mythique et maléfique de la Guerre des Étoiles, Dark Vador (!), c’est bien à une plongée dans le laboratoire d’un capitalisme effréné que nous invite l’Ukraine |1|.

Dans la continuité de la fameuse discussion téléphonique piratée entre Victoria Nuland, sous-secrétaire d’État étasunienne pour l’Europe et l’Eurasie d’Obama, et l’ambassadeur étasunien en Ukraine Geoffrey Pyatt, |2| le nouveau président ukrainien Petro Porochenko, en relation étroite avec Georges Soros |3|], poursuit son rapprochement avec les États-Unis et les milieux d’affaires, aux dépens du peuple ukrainien qui s’enfonce dans la misère sous le coup de politiques d’austérité assassines.


Le milliardaire Porochenko prend le pouvoir

Le 25 mai 2014 ont finalement lieu les élections présidentielles, marquées par une abstention de plus de 40%, qui portent au pouvoir le milliardaire et homme d’affaires Petro Porochenko. Il est un des plus importants sponsors et organisateurs de la révolution orange et il aurait aussi supporté financièrement le mouvement EuroMaidan |4|]. Le nouvel homme d’État a construit sa fortune en profitant de la vague de privatisations entre 1996 et 1998, durant laquelle il a racheté plusieurs entreprises publiques de confiserie, qu’il fusionnera dans le groupe Roshen, en référence à son nom de famille (d’où son surnom de Roi du chocolat). Ironie de l’histoire, le groupe Roshen fabrique également le « gâteau de Kiev », confectionné à base de noisettes dans l’ancienne fabrique Karl Marx de la capitale (!).

Ancien dirigeant de la banque centrale Banque centrale La banque centrale d’un pays gère la politique monétaire et détient le monopole de l’émission de la monnaie nationale. C’est auprès d’elle que les banques commerciales sont contraintes de s’approvisionner en monnaie, selon un prix d’approvisionnement déterminé par les taux directeurs de la banque centrale. ukrainienne (2007 – 2012), puis ministre de l’Économie, en 2012, du gouvernement Azarov, Petro Porochenko mène une politique ultra libérale : l’accord de libre-échange, conclu par Kiev avec l’Union européenne, devrait entrer en vigueur en janvier 2016 et un autre avec le Canada est en cours de conclusion |5|. En 2014, selon le magazine Forbes, sa fortune était estimée à 1,6 milliard de dollars (près d’1,5 milliard d’euros), le plaçant ainsi parmi les hommes les plus riches du pays. Porochenko est à la tête d’un empire comprenant le chantier naval et d’armement Leninska Kuznya, des compagnies de taxis, des sociétés de construction automobiles, ainsi que des médias |6|, avec notamment la chaîne de télévision Channel 5 (5 kanal). L’une de ses promesses de campagne : aligner le salaire moyen de tous les Ukrainiens sur celui de ses employés, environ 7.000 hryvnias : « On l’a fait pour 45 000 employés, on peut le faire pour 45 millions d’Ukrainiens », aime-t-il répéter |7|. Pourtant, le salaire minimum est devenu le plus faible d’Europe, à environ 1 300 hryvnias par mois, soit près de 50 € au taux de change de novembre 2015 |8|, inférieur à celui du Ghana...


Des relents de guerre froide

Le nouveau gouvernement Porochenko implore Ottawa, Washington et d’autres capitales occidentales, de lui procurer de l’armement perfectionné afin de mener la lutte contre les séparatistes prorusses dans l’Est industriel du pays, qui a fait plus de 8.000 morts en 18 mois. La Maison Blanche a pour l’instant autorisé l’envoi de véhicules militaires tout-terrain et de drones non armés |9|. Par ailleurs, d’après les déclarations du représentant du commandement des forces terrestres des États-Unis en Europe, Donald Renn, le Pentagone envisage d’instruire six bataillons des Forces aérospatiales ukrainiennes dès le 23 novembre 2015 |10|.


Un nouveau gouvernement d’oligarques et de financiers

Sous le gouvernement Porochenko est constitué un nouveau « ministère de la politique de l’information ». Le jour de son approbation, le 2 décembre 2014, une quarantaine de journalistes manifestent avec des pancartes « Hello, Big Brother » devant le Parlement, faisant ainsi référence à l’agence du ministère de la Vérité, dans le roman de George Orwell, « 1984 ». Ce ministère de la propagande, qui, comble de l’affaire, rappelle aussi certains aspects de l’ancien régime communiste tant critiqué par le gouvernement ukrainien, est dirigé par Yuriy Stets, le producteur de Channel 5, propriété du président Porochenko. La création de ce ministère survient peu de temps après la publication de rapports, par plusieurs journalistes ukrainiens et groupes de défense des droits de l’homme, concernant d’éventuels crimes de guerre commis dans l’est de l’Ukraine par les milices nationalistes fascisantes, ainsi que les forces séparatistes soutenues par la Russie |11|.

Le Président Porochenko a accordé la citoyenneté ukrainienne par décret à trois personnalités étrangères aussitôt propulsées ministres |12| :

- Après avoir travaillé pour Hansabank en Estonie, rejoint le fond d’investissement suédois East Capital en 2002, être devenu membre du Conseil d’administration de OAO Federal Hydrogeneration Company, Aivaras Abromavičius a dû abandonner la nationalité lituanienne pour devenir ministre de l’Économie et du Commerce en Ukraine. Alors qu’il parle couramment le russe, le lituanien, l’estonien et l’anglais, il affirme ne comprendre que 85 % de ce qui se dit en ukrainien au Parlement |13|.

- Aivaras Abromavičius n’est pas le seul à adopter la nationalité ukrainienne pour exercer une fonction politique. Après avoir fait sa carrière au département d’État des États-Unis à Washington, travaillé à l’ambassade américaine en Ukraine de 1992 à 1995, fondé la société d’investissement Horizon Capital, Natalie Jaresko, devient Ministre des Finances de l’Ukraine. Tout en gardant la citoyenneté étasunienne, elle a reçu la nationalité ukrainienne le jour de sa nomination, le 2 décembre 2014. Le 16 septembre 2015, elle signe un accord de prêt de 500 millions de dollars avec la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
 |14|.

- Démontrant qu’un ministre peut exercer successivement dans plusieurs pays, Alexander Kvitashvili devient le nouveau ministre de la santé, poste qu’il occupait dans son pays, la Géorgie, pendant deux ans (2008-2010) |15|.

Mais ce n’est pas tout. Visé par différentes procédures judiciaires, notamment pour abus de pouvoir et détournement d’argent public (il est accusé d’avoir détourné près de 5 millions de dollars du budget |16|), l’ami de George W Bush (la route reliant l’aéroport à la capitale Tbilisi a même été renommée « George Bush Street » en 2005, après la visite du président étasunien en Géorgie), supporter du mouvement EuroMaiden et ancien président de Géorgie, Mikheïl Saakachvili |17|, est devenu gouverneur de la région d’Odessa en mai 2015, après avoir refusé de devenir vice-premier ministre. Répondant à une demande de Porochenko de rejoindre son équipe à l’été 2014, Mikheïl Saakachvili, habitait alors à New York, à l’abri des poursuites judiciaires alors qu’il fait l’objet d’une enquête pénale dans son pays. Pour obtenir ce poste, il a dû abandonner la citoyenneté géorgienne afin d’obtenir la nationalité ukrainienne |18|. Il n’y avait pas eu jusque là d’ancien président qui quitte son propre pays pour exercer un poste politique à l’étranger. Celui-ci déclare être en Ukraine pour mener la guerre contre Poutine : « Je déteste Vladimir Poutine. Je suis en Ukraine parce que c’est la guerre, le destin de ma vie se décide ici.  |19| »

Le poste clé du ministre de l’énergie incombe à Volodymyr Demchyshyn. Avant d’occuper son poste de ministre, il était Directeur du fonds d’investissement Fonds d’investissement Les fonds d’investissement (private equity) ont pour objectif d’investir dans des sociétés qu’ils ont sélectionnées selon certains critères. Ils sont le plus souvent spécialisés suivant l’objectif de leur intervention : fonds de capital-risque, fonds de capital développement, fonds de LBO (voir infra) qui correspondent à des stades différents de maturité de l’entreprise. Investment Capital Ukraine. Il a exercé en tant que vice-président de ING Bank Ukraine et fut économiste en chef de la société Ernst & Young à Kiev (2003 – 2006). C’est le profil parfait pour mener à bien l’augmentation des tarifs et la privatisation du secteur énergétique.

Arsen Avakov, placé en 2012 sur la liste Interpol pour avoir transféré illégalement 55 hectares de terrain près de Pisochyn dans la région de Kharkiv où il exerçait comme Gouverneur (entre 2005 et 2010) est maintenu à la tête du Ministère de l’Intérieur.
Dmytro Iaroch, leader nazi du mouvement Secteur droit (Pravy Sektor), est nommé conseiller au ministère de la Défense en avril, chargé notamment de faciliter l’intégration des bataillons de volontaires de Secteur droit au sein de l’armée.

Le nouveau gouvernement de l’oligarque Porochenko fortement lié à l’extrême droite et à l’Otan OTAN
Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Elle assure aux Européens la protection militaire des États-Unis en cas d’agression, mais elle offre surtout aux États-Unis la suprématie sur le bloc occidental. Les pays d’Europe occidentale ont accepté d’intégrer leurs forces armées à un système de défense placé sous commandement américain, reconnaissant de ce fait la prépondérance des États-Unis. Fondée en 1949 à Washington et passée au second plan depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN comprenait 19 membres en 2002 : la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, auxquels se sont ajoutés la Grèce et la Turquie en 1952, la République fédérale d’Allemagne en 1955 (remplacée par l’Allemagne unifiée en 1990), l’Espagne en 1982, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque en 1999.
, ne semble pas vouloir prendre le chemin de l’apaisement pour la région. Au regard de ces nominations, l’ingérence des milieux d’affaires dans les décisions politiques et économiques semble incontournable et le phénomène des portes tournantes entre le monde financier et les postes clés du pouvoir, flagrant.


Notes

|1| La candidature d’un homme déguisé en Dark Vador comme candidat du Parti ukrainien de l’Internet (UIP) pour la présidentielle de 2014 avait été rejetée par la Commission électorale centrale d’Ukraine. De nombreuses statues de Lénine ont déjà été déboulonnées en Ukraine, suscitant parfois des réactions indignées d’une partie de la population. http://www.lepoint.fr/insolite/une-statue-de-lenine-en-ukraine-transformee-en-dark-vador-23-10-2015-1976330_48.php

|2| Selon cette discussion, Victoria Nuland affirmerait que les USA auraient consacré 5 milliards de dollars à la promotion de la démocratie en Ukraine. Voir : http://www.les-crises.fr/ukraine-oaodvd-4/

|3| Voir par exemple la lettre de Soros à Porochenko : http://cyber-berkut.org/docs/Poroshenko,_Petro_and_Yatsenyuk,_Arseniy_23DEC14.pdf

|4| Tadeusz A. Olszański, Agata Wierzbowska-Miazga, « Poroshenko, President of Ukraine », 2014-05-28. http://www.osw.waw.pl/en/publikacje/analyses/2014-05-28/poroshenko-president-ukraine

|5| Les échanges commerciaux entre le Canada et l’Ukraine ont totalisé en moyenne 347 millions de dollars entre 2011 et 2013, selon des responsables gouvernementaux canadiens, mais ont ralenti à 244 millions en 2014. Voir : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/economie/2015/07/14/003-ukraine-canada-libre-echange-harper-iatseniouk.shtml

|6| En Ukraine, la grande majorité des grands réseaux de télévision sont détenus par des oligarques. Par exemple, Rinat Akhmetov est propriétaire de Ukrayina TV.

|7| Petro Poroshenko : “If we can do it for 45,000 employees we can do it for 45 million Ukrainians”. http://www.robert-schuman.eu/en/doc/oee/oee-1517-en.pdf

|8| Taux de change au 6 novembre 2015 : 26 hryvnias = 1 euro.

|9| Voir : http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201511/02/01-4916498-deux-organismes-sopposent-a-la-vente-darmes-canadiennes-a-lukraine.php

|10| Voir : http://fr.sputniknews.com/defense/20151102/1019257279/usa-entrainement-bataillons-ukraine.html Pour ce faire, le décret n ° 626/2015, adopté le 6 Novembre 2015, autorise à des unités des forces armées des États-Unis, des membres de l’OTAN, et d’autres États participant au programme « Partenariat pour la paix » (avec un maximum de 2.500 militaires avec des armes et de l’équipement militaire) de participer jusqu’à 61 jours en Novembre-Décembre 2015 à des exercices militaires multinationaux sur le territoire de l’Ukraine.

|11| Charles Recknagel, 3 décembre 2014, ’No Big Brother !’ Ukrainian Journalists Oppose Kyiv’s New Ministry Of Information. http://www.rferl.org/content/ukraine-ministry-information-journalists-protest/26723352.html

|12| Aux postes des Ministères de l’économie, des finances et de la santé. « Un gouvernement ukrainien ouvert aux étrangers », Stéphane Siohan, Le Figaro.fr, 04/12/2014. http://www.lefigaro.fr/international/2014/12/04/01003-20141204ARTFIG00390-un-gouvernement-ukrainien-ouvert-aux-etrangers.php

|13| Leonid Bershidsky, Bloomberg, 6 janvier 2015. Can This Man Save Ukraine’s Economy ? http://www.bloombergview.com/articles/2015-01-06/can-this-man-save-ukraines-economy

|14| « An Interview with Natalie A. Jaresko », Managing Partner, Horizon Capital, Kiev : http://www.leadersmag.com/issues/2007.3_jul/jaresko.html

|15| Voir : « ‘Foreigners’ land top minister posts in Ukraine ». Financial Times, 2 Décembre 2014.

|16| Voir : http://fr.sputniknews.com/international/20151031/1019216145/saakachvili-georgie-nationalite-russie.html

|17| Mikheïl Saakachvili a présidé la Géorgie de 2004 à 2007 et de 2008 à 2013. Il a quitté le pays après l’entrée en fonctions du président actuel, Gueorgui Margvelachvili, en novembre 2013.

|18| La législation géorgienne interdit d’avoir la double nationalité. Une personne est déchue de la nationalité géorgienne si elle vit en permanence à l’extérieur du pays.

|19| “I hate Vladimir Putin. I am in Ukraine because this is my war, the destiny of my life is being decided here. We need to stop him.” Voir : http://www.theguardian.com/world/2015/oct/27/mikheil-saakashvili-putins-nemesis-ukraine

Auteur.e

Jérôme Duval

est membre du CADTM, Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (www.cadtm.org) et de la PACD, la Plateforme d’Audit Citoyen de la Dette en Espagne (http://auditoriaciudadana.net/). Il est l’auteur avec Fátima Martín du livre Construcción europea al servicio de los mercados financieros, Icaria editorial 2016 et est également coauteur de l’ouvrage La Dette ou la Vie, (Aden-CADTM, 2011), livre collectif coordonné par Damien Millet et Eric Toussaint qui a reçu le Prix du livre politique à la Foire du livre politique de Liège en 2011.


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