L’épidémie d’Ebola expose la pathologie du système capitaliste

29 décembre 2014 par People’s Health Movement

commons.wikimedia.org

Le 8 Août, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré l’épidémie Ebola de l’Afrique de l’ouest comme une urgence de santé publique d’intérêt international. La déclaration est venue 4 mois après le rapport de l’OMS sur l’épidémie majeure Ebola en Guinée en Afrique de l’ouest.

Les chercheurs retracent l’épidémie à partir d’un enfant âgé de 2 ans qui mourut le 6 décembre 2013. L’épidémie qui commença en Guinée et se répandit à 3 pays voisins – Le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria – est
connu comme ayant déjà affecté 2240 personnes et tué 1229 personnes.
La plupart des experts de la santé publique sont d’accord que les chiffres
officiels sont une sous‐estimation de l’étendue et la propagation de la
maladie.

Pendant que des parties importantes des systèmes de santé extrêmement
sous‐développés de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone sont
virtuellement effondrés, la panique s’est étendue à travers le monde. En
Allemagne, un femme de 30 ans qui était revenue du Nigeria il y a 8 jours,
a été mis en isolation et des centaines de personnes qui avaient été en
contact avec elle ont été mis en quarantaine. Plus tard il est apparu que la femme, en tout probabilité ne souffrait pas de l’infection Ebola. Des cas ont été rapporté de pilotes qui refusèrent de voler vers les pays infectés. Le gouvernement Camerounais a décidé de fermer sa frontière avec le Nigeria. Les gouvernements à travers le monde sont préparés à mettre en place des mesures de quarantaine et d’isoler des voyageurs suspects d’être infectés. Les organisateurs des jeux Olympiques ont banni les jeunes athlètes des régions affectées par Ebola de l’Afrique de l’ouest à participer aux jeux olympiques de la jeunesse en Chine.

L’épidémie Ebola dans les 40 dernières années

L’infection par le virus Ebola n’est pas une nouvelle maladie (EVD : Ebola Virus Disease est le terme officiel) et il a été rapporté il a 40 ans pour la première fois. Anciennement connu sous le nom de fièvre hémorragique Ebola, la maladie est apparue simultanément au Soudan et dans la République Démocratique du Congo en 1976. La dernière épidémie était dans un village situé sur la rivière Ebola d’où son nom. Il est possible que les infections par Ebola sont restées non détectées dans les communautés rurales bien avant les épidémies identifiées. Depuis 1976 il y a eu 24 rapports discrets de foyers d’infection dans différents pays d’Afrique. Le tableau suivant fournit les détails des épidémies/éruptions de la maladie où il y a été rapporté plus de 100 personnes infectées,avant l’épidémie actuelle.

5 espèces distinctes du virus Ebola sont connus comme causant l’infection, et leur virulence (càd leur habilité à créer des symptômes sérieux) varie en
fonction des espèces. Alors que le taux de mortalité (càd le pourcentage de personnes infectées qui pourraient en mourir) peut être élevé jusqu’à 90% pour une espèce, une autre espèce connue comme infectant la population en Chine et aux Philippines ne conduit pas à une issue fatale. L’espèce Ebola qui est responsable de l’épidémie actuelle n’est pas la plus virulente, et son taux de mortalité dans la région est de 60%.

Comment se propage Ebola

L’espèce humaine n’est pas la cible première du virus Ebola. Il affecte les humains qui rentrent en contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes et les fluides corporels des animaux infectés. En Afrique les épidémies chez les humains sont dues à la manipulation d’animaux morts ou malades comme des chimpanzés, des gorilles, des roussettes, des ânes, des antilopes, et des porcs. Le virus est connu comme ayant été la cause des épidémies majeures chez les chimpanzés et les gorilles. Tous ces animaux ont été trouvés dans les forêts tropicales humides, et les pays voisins ont été les foyers d’épidémies d’Ebola. Alors que beaucoup d’animaux sont connus comme étant infectés par le virus, l’on croit actuellement que le virus réside en premier chez quelques espèces de roussettes. Contrairement aux autres animaux infectés, les roussettes ne montrent pas de symptômes de la maladie et servent donc comme réservoir du virus Ebola. Ce qui reste encore un mystère est, que l’habitat naturel des roussettes est en Afrique centrale (où la majorité des épidémies ont eu lieu) à des centaines de km de l’épicentre de l’épidémie actuelle de l’Afrique de l’Ouest. L’hypothèse est qu’il y aurait eu un changement majeur de l’habitat des roussettes, ou que l’infection a été importée dans la région par contact humain.

Une fois que le virus a infecté un humain, la transmission d’homme à homme se fait par contact direct (à travers la peau ou les muqueuses) par le sang, les sécrétions, les organes et autres fluides corporels des personnes infectées, et par contact indirect avec l’environnement contaminés par ses fluides. Les inhumations traditionnelles pendant lesquelles les endeuillés rentrent en contact direct avec le mort, peut être une source d’infection. Les travailleurs de la santé qui rentrent en contact avec les personnes infectées sont particulièrement menacées lorsqu’ils travaillent dans des conditions non hygiéniques (càd pas de protection adéquate par l’usage de gants, de masques, etc...). Une fois infectée une personne est capable d’infecter les autres jusqu’à 7 semaines après son rétablissement complet.

La période d’incubation de la maladie – càd le temps entre le moment où la personne est infectée et où elle montre des symptômes varie entre 2 et 21 jours. Les symptômes initiaux sont semblables à ceux des autres infections virales – fièvre importante, douleur musculaire, maux de gorge et maux de tête. Les patients se détériorent souvent rapidement et développent des symptômes de vomissements, de saignements internes et externes, des diarrhées et des éruptions cutanées. Le foie et les reins sont le plus souvent affectés. Ceux qui ne succombent pas à la maladie peuvent se rétablir complétement sans effet résiduel.

Il n’existe pas de médicaments ou vaccins approuvés qui traitent ou préviennent la maladie. Quand la maladie progresse, le seul soin possible est de soutien –souvent exigeant une hydratation intraveineuse et une assistance respiratoire.

Ebola n’est pas le candidat idéal pour une épidémie

Il existe différents types de caractéristiques qui définissent la maladie. Le taux élevé de mortalité se démarque de la plupart des maladies infectieuses
connues comme cause d’épidémies. Par exemple l’épidémie Ebola actuelle, a un taux de mortalité de 60% ou plus, alors qu’en 1918 l’épidémie de grippe qui a affecté un tiers de la population mondiale et qui on estime a tué 50 millions de gens avait un taux de mortalité de moins de 0,1%, càd moins de 1 sur 1000 personnes infectées pouvait éventuellement mourir de l’infection. Une autre caractéristique qui démarque l’infection par Ebola des autres infections qui causent des épidémies, est son niveau relativement bas d’infectiosité. Le virus Ebola peut entrer dans le corps humain seulement lorsque les sécrétions du corps de la personne infectée rentrent à travers la peau ou les muqueuses (càd le pourtour des yeux, la bouche,etc...). La troisième caractéristique importante est que des porteurs de la maladie ne sont pas connus, et que ceux qui sont infectés, montrent les symptômes de la maladie et sont relativement faciles à identifier.

Les 3 caractéristiques citées ci‐dessus ne font pas d’Ebola un candidat idéal pour une épidémie majeure. Comme tous ceux qui sont infectés montrent des symptômes majeurs, on s’attend à ce qu’ils soient dans un établissement de soins. Dans ce cas les mesures de sécurité de santé publique peuvent prévenir la propagation, étant donné qu’un contact étroit avec le patient infecté est nécessaire pour propager l’infection.

Pourquoi une épidémie ?

Pourquoi alors sommes nous confronté à une épidémie dans les régions de l’Afrique de l’ouest ? La réponse ne se situe pas dans la pathologie de la maladie mais dans la pathologie de notre société et dans l’architecture économique et politique mondiale. Ce n’est pas un accident que l’actuelle épidémie Ebola affecte 3 des plus pauvres pays du monde. Le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone sont respectivement le 175, 179 et 183 pays des 187 pays de l’indice de développement humain des nations unies. Leur système de santé est inefficace et inexistant dans beaucoup de régions. L’épidémie actuelle est une épidémie engendrée par la pauvreté qui à son tour est une conséquence de l’inégalité extrême qui est favorisée par le système capitaliste actuel.

Le monde entier tourne son regards vers ces 3 régions, encore que ce n’est pas Ebola qui tue toutes ces personnes. Prenons le cas de la Sierra Leone. Depuis le début de l’épidémie Ebola, 848 personnes ont été infectées par le virus et 365 personnes sont mortes. En 4 mois la Sierra Leone a eu aux alentours de 650 morts de méningite, 670 morts de tuberculose, 790 morts du sida, 845 morts de diarrhée et de plus de 3000 morts de la malaria. Ces morts se produisent depuis des dizaines d’années, et pas seulement depuis ces 4 derniers mois. Pourtant l’attention internationale n’était pas focalisée sur ces régions. Pour cela, il faut forcer les riches, les puissants ‐ les leaders mondiaux, la presse capitaliste, les institutions capitalistes, les chefs d’entreprises, les agences des NU – de se confronter à la réalité de l’Afrique.

Le Liberia, la Guinée, et la Sierra Leone ne sont pas pauvres par choix. Ils n’ont pas choisi de ne pas construire des systèmes de santé qui fonctionnent. Des siècles de régime colonial les ont laissé pauvres. Les organismes impérialistes comme la Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
, et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
génèrent plus de misère à travers leur infâme programme d’ajustement structurel Ajustement structurel Politique économique imposée par le FMI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts. . Il leur a été demandé par ces organismes de ne pas augmenter les dépenses publiques pour le bien être et les services publics. L’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
leur a promis la lune au nom de la libéralisation des échanges, qui ont dévasté leur économie. Les pays capitalistes développés leur envoient de l’aide comme charité et rapatrient bien plus à travers leurs entreprises. Ces régions pauvres subsidient également les systèmes de santé des pays riches ‐ plus de médecins nés au Liberia, et en Sierra Leone travaillent dans les pays de l’OCDE OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques
Créée en 1960 et basée au Château de la Muette à Paris, l’OCDE regroupe les quinze membres de l’Union européenne auxquels s’ajoutent la Suisse, la Norvège, l’Islande ; en Amérique du Nord, les États-Unis et le Canada ; en Asie-Pacifique, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Entre 1994 et 1996, trois pays du Tiers-Monde ont fait leur entrée : la Turquie, candidate à entrer également dans l’Union européenne ; le Mexique qui forme l’ALENA avec ses deux voisins du Nord ; la Corée du Sud. Depuis 1995, se sont ajoutés trois pays de l’ex-bloc soviétique : la République tchèque, la Pologne et la Hongrie. En 2000, la République slovaque est devenue le trentième membre.

Liste des pays membres de l’OCDE par ordre alphabétique : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie.
Site : http://www.oecd.org/fr/
que dans leurs propres pays. La migration des travailleurs de la santé – qui est quasi un subside direct que les pays pauvres fournissent aux pays riches rend impossible pour les pays de l’Afrique de l’Ouest de construire des systèmes de santé crédibles.

Nous connaissons le virus Ebola depuis 40 ans, et encore aucun vaccin ni remède n’ont été développé. Aucune firme pharmaceutique n’est intéressée dans un remède pour une maladie qui affligent les pauvres qui ne peuvent pas payer des prix énormes pour des médicaments vedettes. Fait intéressant, le seul médicament expérimental dont on a parlé (appelé Zmapp) a été développé par une petite firme exclusivement financée par des fonds publics. C’est également le cas pour les autres maladies négligées – l’histoire du Kala Azar, de la malaria, de la tuberculose, de la maladie de Chaga et de bien d’autres. Maladies négligées par la recherche industrielle car elles n’étanchent pas la soif de profit des firmes pharmaceutiques.

Les affaires comme d’habitude

En attendant une tragédie humaine se révèle ne pas être limitée seulement à ceux qui sont infectés par le virus Ebola. L’ensemble du système de santé a été dépassé dans les régions infectées, et donc a amplifié l’effet sur les autres maladies. Dans la capitale du Liberia , Monrovia, à un moment donné tous les 5 hôpitaux principaux étaient fermés. Depuis certains se sont réouverts mais fonctionnent à peine. Les travailleurs de la santé ayant peur pour leur sécurité, ont fuit. Ils ont peur car pour la raison donnée dans les rapports, que les gants, les blouses et même l’eau potable manquent. Un rapport provenant de la Sierra Leone mentionne que le sang, le vomi, les urines encrassent le sol des hôpitaux. Sans équipement de protection les travailleurs de la santé traitent les patients atteints du virus Ebola portant uniquement des vêtements de salle d’opération. Lorsque les infirmières tombent malades, d’autres font la grève, laissant peu de personnes pour s’occuper des patients tombant de leurs lits.

Dans certaines régions l’économie est à l’arrêt car les gens ont juste trop peur de s’aventurer dehors. Les symptômes des gens qui se méfient d’un système de santé effondré, a été rapporté : les résidents du bidonville situé au point ouest de la capitale de Monrovia ont lancé une opération pour fermer un établissement où étaient en quarantaine des patients Ebola.

Ainsi nous avons une épidémie où il ne devrait pas en avoir. Les mesures de santé publiques de routine ne sont pas de routine ici – elles sont un luxe qui
apparaît durant les épidémies provenant de la charité internationale. Et ainsi le monde s’inquiète de voir l’infection voyager et anéantir leur confortable
existence. C’est l’inconvénient de la globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
du monde que le monde capitaliste n’avait pas prévu. Si vous créez les conditions dans lesquelles l’infection se répand, elles vous reviennent en pleine figure. L’OMS a récemment en grande trompe annoncé un état d’urgence mondial, comme indiqué plus haut. Le manque de financement des US a conduit le gel des financements des agences des NU dans les années 1990, c’est peu dire. Son budget global pour les épidémies et les efforts pour répondre à la crise sont juste de 109 millions de $ ‐ la moitié de ce qu’il était encore il y a 2 ans.

L’épidémie en toute probabilité suivra son cours et disparaîtra après avoir provoqué la mort et la destruction. Non pas parce que comme communauté
globale nous aurons fait quelque chose, mais en raison de la nature du virus lui‐même. La question à soulever est si nous avons appris quelque chose ? Ou si nous retournerons aux affaires comme à l’habitude.


Traduction(s)