TeleSUR 09/12/07

La Banque du Sud est née à Buenos Aires

10 décembre 2007


« Cette banque doit être un premier pas vers la création d’une monnaie propre à l’Amérique du Sud. Une espérance naît pour nos pays avec la Banque du Sud » a déclaré depuis la tribune Evo Morales, premier orateur invité à s’exprimer lors de la cérémonie.
Chàvez : la Banque du Sud est un instrument d’« indépendance » pour l’Amérique du Sud.

Dimanche soir à Buenos Aires, six présidents latinoaméricains ont signé l’acte qui a donné naissance à la Banque du Sud, une entité qui cherche à se convertir en une alternative au FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et à la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
en matière de financement régional, pour permettre le développement, l’intégration et la construction d’une nouvelle architecture financière internationale.
Les présidents Néstor Kirchner (Argentine), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Nicanor Duarte (Paraguay), Rafael Correa (Équateur), Evo Morales (Bolivie) et Hugo Chávez (Venezuela) ont signé ce document constitutif.
Celui-ci indique que « l’ intégration sudaméricaine doit construire, pour les peuples de la région, un espace consacré à la promotion du développement économique et social, à la réduction des asymétries, à la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, et à la convergence et complémentarité des processus d’intégration économique”.
D’après une source du ministère des Affaires Étrangères, Tabaré Vázquez, président de l’Uruguay, viendra compléter la liste des présidents des pays qui adhèrent à la banque, et signera l’acte constitutif ce lundi, avant de participer à la cérémonie d’investiture à la présidence de Cristina Fernández de Kirchner.
"Cette banque doit être un premier pas vers la création d’une monnaie propre à l’Amérique du Sud. Une espérance naît pour nos pays avec la Banque du Sud » a déclaré depuis la tribune Evos Morales, premier orateur invité à s’exprimer lors de la cérémonie.
Le président Lula, second orateur, a dit que « la Banque du Sud est un pas important pour renforcer l’autonomie financière de l’Amérique du Sud ».
Le président brésilien, très applaudi, a ajouté durant la cérémonie que l’entité « pourra financer des projets dans des secteurs clefs de l’économie, tels que l’infrastructure, les sciences et technologies, et pour la réduction des asymétries dans la région ".

Au coeur d’un réseau financier pour le développement

Pour le président équatorien, Rafael Correa, la Banque du Sud sera au coeur d’un réseau financier pour le développement, en tant qu’ alternative au FMI et à d’autres organismes.
« Nous avons débuté une nouvelle période, une nouvelle architecture internationale, avec une banque qui sera au coeur d’un réseau financier pour le développement, comme alternative au FMI », a déclaré ce dimanche Correa dans le Salon Blanc du palais présidentiel d’Argentine, la Casa Rosada.
La nouvelle banque « permettra de mettre fin à l’horrible politique financière » imposée par le FMI et d’autres pouvoirs économiques, a affirmé Correa, dans l’un des paragraphes les plus applaudis par des centaines d’invités, parmi lesquels des entrepreneurs et des dirigeants ouvriers, en présence des présidents d’Argentine, du Venezuela, de la Bolivie, du Brésil et du Paraguay.
« Plus de 250 milliards de dollars des banques centrales d’Amérique latine sont déposés hors de la région, dans le dénommé premier monde, sous prétexte de sécurité » a t-il dénoncé.
De ce fait, il faut construire un « fond du sud, qui rassemble les réserves déposées en dehors du sud et les multiplie pour éviter les crises financières et équilibrer les balances de paiements » a-t-il demandé.
Correa a déclaré que l’objectif sera de « renverser et de mettre fin à l’écueil de l’isolement et de la lutte fratricide » et également d’ « éliminer la subordination aux organismes financiers régionaux, et de dépasser les limites commerciales et les profondes asymétries ».
« La longue et triste nuit néolibérale a non seulement conduit à la dépendance économique mais aussi à un pillage sans scrupule, avec ses politiques d’ajustement apatrides pour spolier les peuples », a souligné le président équatorien.

Un instrument pour la libération

Le président venezuélien Hugo Chávez a quant à lui souligné que la Banque du Sud est devenue une réalité qui aurait été impensable pour le continent il y a 9 ans d’ici. « Il y a eu de nombreux obstacles. L’obstacle majeur est le manque de conscience de notre part, car il s’agit d’un changement de paradigme ».
Il a estimé que la Banque du Sud, à côté d’autres initiatives comme PetroSur, constitue « l’union de l’effort des pays d’Amérique du Sud pour combattre la pauvreté, la misère, la marginalité, l’analphabétisme, pour garantir à nos peuples l’éducation, la santé, le logement, et un emploi digne. En résumé, il s’agit d’un instrument pour la libération ».
En outre, le président a affirmé qu’il est maintenant temps de récupérer les capitaux latinoaméricains afin de les investir dans les besoins de la région.
« La Banque du Sud doit être un premier pas pour commencer à récupérer ces capitaux qui sont les nôtres, ceux de notre peuple, et les convertir en investissements pour le développement, en investissements dans la lutte contre la pauvreté. La phrase est de Artigas : ’Nous ne devons rien attendre sinon de nous-même’ » a déclaré Hugo Chávez.

La Banque commencera ses activités en 2008

La Banque du Sud commencera ses activités en 2008 avec un capital initial de 7 milliards de dollars. Elle aura son siège à Caracas et deux annexes à Buenos Aires et à La Paz.
Concernant le système d’apport des pays membres à la Banque, une source officielle argentine a révélé qu’il y avait deux positions : ceux qui penchent pour que l’apport soit fixé de manière égalitaire et ceux qui préfèrent qu’il soit différencié.
L’organisme suprême de décision de la Banque du Sud sera un Conseil d’administration composé des ministres des Finances et de l’Economie.
L’entité est née d’une idée du président Chávez, qui a donné lieu à la tenue d’une dizaine de réunions techniques entre les pays qui ont adhéré à cette proposition du dirigeant venezuélien.
La cérémonie de lancement de la Banque du Sud était initialement prévue mercredi dernier à Caracas, mais les présidents ont décidé de la faire ce dimanche à Buenos Aires, où tous se rassemblaient pour assister à l’investiture de Cristina Fernández de Kirchner.
La présidente nouvellement élue de l’Argentine a également participé ce dimanche à la cérémonie à la Casa Rosada, et a adressé quelques mots aux présidents présents. Cette cérémonie est ainsi la dernière du président Kirchner.