Les Chiffres de la Dette 2015 : Chapitre 3

La Dette au Sud

11 février 2015 par Eric Toussaint , Daniel Munevar , Pierre Gottiniaux , Antonio Sanabria

En dépit des discours optimistes de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
et du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
des PED continue de représenter un sérieux obstacle à la satisfaction des droits humains et besoins fondamentaux de leurs habitants. La présente section analyse cette situation et ses caractéristiques spécifiques dans trois régions du Sud |1|. Nous verrons l’évolution de la dette et les principaux indicateurs économiques qui lui sont associés depuis les années 1960 en Afrique, Amérique latine et Asie. Même si en termes relatifs le poids de la dette publique externe a diminué depuis les années 2000, les montants absolus consacrés au paiement de la dette continuent d’être significatifs.

Force est de signaler que, comme la dette externe a fortement augmenté en termes absolus, une baisse des prix des matières premières pourrait rendre insoutenable le paiement de la dette pour les pays qui tirent leurs revenus de ces exportations. C’est le cas de pays comme le Nigeria, le Venezuela, le Brésil, l’Argentine, la Guinée équatoriale, la RDC, l’Angola et de dizaines d’autres. Si en plus, comme c’est prévisible, les taux d’intérêt remontent dans les pays du Nord, à commencer par les taux d’intérêt aux États-Unis, le prix que devront payer les pays en développement pour emprunter afin de rembourser deviendra également insoutenable. Enfin, quand les taux remonteront au Nord, des centaines de milliards de dollars placés temporairement dans les places boursières du Sud repartiront vers le Nord à la recherche de meilleurs rendements. Une telle conjoncture avait conduit dans les années 1980 à la crise de la dette dans de nombreux pays en développement. La Banque des règlements internationaux (BRI), pourtant généralement prudente, parle elle-même dans son rapport annuel publié en juin 2014, de « piège de la dette » pour caractériser la situation dans laquelle sont entrés beaucoup de pays en développement.


3.1. L’Afrique et le Moyen-Orient


3.1.1. La dette et les ressources destinées à son remboursement

Pour les pays d’Afrique du Nord, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, les montants totaux de la dette externe ont été multipliés par 73 entre 1970 et 2012. Au cours de cette période, ils ont remboursé 145 fois la quantité initiale due en 1970.

Tableau 3.1. La dette et les ressources destinées à son remboursement (en milliards de dollars US) : Afrique et Moyen-Orient |2|


3.1.2. Transferts nets sur la dette

Au cours de la période 1985-2012, les pouvoirs publics des pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne ont remboursé 61 milliards de dollars de plus que ce qu’ils ont reçu en prêts (au cours de cette même période) |3|.


Tableau 3.2. Transferts nets sur la dette extérieure de 1985 à 2012 (en milliards de dollars US) : Afrique et Moyen-Orient

Un solde positif indique que le financement qui entre via l’emprunt est supérieur au montant affecté au remboursement pour une année donnée. Un solde négatif indique que les remboursements dépassent les entrées liées à l’endettement.


3.1.3. Comparaison des flux de transferts

Pour le continent africain dans son ensemble, l’aide publique au développement (APD APD On appelle aide publique au développement les dons ou les prêts consentis à des conditions financières privilégiées accordés par des organismes publics de pays industrialisés. Il suffit donc qu’un prêt soit consenti à un taux inférieur à celui du marché (prêt concessionnel) pour qu’il soit considéré comme une aide, même s’il est ensuite remboursé jusqu’au dernier centime par le pays bénéficiaire. Les prêts bilatéraux liés (qui obligent le pays bénéficiaire à acheter des produits ou des services au pays prêteur) et les annulations de dette font aussi partie de l’APD.

Outre l’aide alimentaire, on peut distinguer trois grands types d’utilisation des fonds ainsi dégagés :le développement rural, les infrastructures, l’aide hors projet (financement des déficits budgétaires ou de la balance des paiements). C’est ce dernier poste qui augmente le plus. Cette aide est « conditionnée » par la réduction du déficit public, la privatisation, la bonne conduite écologique, l’attention aux plus pauvres, la démocratisation, etc. Toutes ces conditions sont définies par les principaux gouvernements du Nord et le couple Banque mondiale/FMI. Cette aide passe par trois canaux : l’aide multilatérale, l’aide bilatérale et les ONG.
) |4| et les ressources envoyées par les migrants compensent à peine les ressources transférées par ces pays à leurs différents créanciers et aux entreprises étrangères présentes sur le continent.


Tableau 3.3. Comparaisons entre flux de transferts en 2012 (en milliards de dollars US) : Afrique et Moyen-Orient
 |5|

Comme le tableau en témoigne, l’aide au développement comptabilisée pour le Moyen-Orient en 2012 est allée pratiquement dans sa totalité au paiement du service de la dette Service de la dette Somme des intérêts et de l’amortissement du capital emprunté. externe. L’envoi des migrants représente quant à lui une somme trois fois plus importante que l’APD concédée par les gouvernements du Nord.

En 2012, le rapatriement des bénéfices de l’Afrique a représenté 5 % de son PIB contre 1 % pour l’APD.
Alors : qui aide qui ?

En ce qui concerne l’Afrique subsaharienne, les flux sortants vers l’étranger à travers le service de la dette et le rapatriement des bénéfices des transnationales sont quasiment équivalents aux flux entrants au sein de la région au titre de l’aide publique au développement et de l’envoi de ressources par les migrants, avec même un solde négatif d’un milliard de dollars. En 2012, le rapatriement des bénéfices de la région la plus appauvrie de la planète a représenté 5 % de son PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
contre 1 % pour l’aide publique au développement. Dans ce contexte, il convient de se demander : qui aide qui ?

Rappelons que le bilan faiblement négatif pour l’Afrique subsaharienne ou celui faiblement positif pour l’ensemble de l’Afrique et du Moyen-Orient sont incomplets : si on prenait en compte l’ensemble des flux entre ce continent et les pays développés, le bilan serait largement négatif. En effet, s’il l’on prenait en compte le pillage des ressources naturelles de l’Afrique par les grandes sociétés privées, la fuite des cerveaux africains, les biens mal acquis amassés par le 1% le plus riche et placés dans les pays développés, les manipulations des prix de transfert par les sociétés transnationales privées... on verrait clairement que l’Afrique est saignée à blanc. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de donner ici des chiffres précis par manque d’espace |6|.


3.1.4. La dépendance par rapport à l’exportation de matières premières

Les pays de la région continuent à dépendre fortement de l’exportation de matières premières. Ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix de ces produits.


Tableau 3.4. Part des matières premières dans les exportations de biens en 2012 |7| : Afrique et Moyen-Orient


3.2. L’Asie, l’Europe centrale et orientale et la Turquie


3.2.1. La dette et les ressources destinées à son remboursement

En Asie, la dette externe des pays de la région a été multipliée par 102 entre 1970 et 2012. Au cours de cette période, l’Asie a destiné 4 900 milliards de dollars au paiement de la dette externe.


Tableau 3.5. La dette et les ressources destinées à son remboursement (en milliards de dollars US) : Asie et PECOT


3.2.2 Transferts nets sur la dette

La crise financière qui a commencé en 2007-2008 aux États-Unis et qui s’est ensuite propagée en Europe a entraîné une croissance rapide des flux de capitaux vers les pays asiatiques. Cette dynamique a eu pour conséquence des soldes positifs en matière de transferts nets sur la dette. Il s’agit d’un changement significatif par rapport à la tendance historique de transferts nets négatifs observée depuis la décennie des années 1980. Il faut cependant noter qu’à partir de mai 2013 jusqu’à la fin de l’année, les capitaux ont commencé à quitter la région (en particulier l’Indonésie, les Philippines et l’Inde) lorsque la Réserve fédérale américaine a fait comprendre aux marchés financiers Marchés financiers
Marché financier
Marché des capitaux à long terme. Il comprend un marché primaire, celui des émissions et un marché secondaire, celui de la revente. À côté des marchés réglementés, on trouve les marchés de gré à gré qui ne sont pas tenus de satisfaire à des conditions minimales.
que sa politique allait commencer à changer, avec moins d’achats d’actifs Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
financiers aux États-Unis et une possible augmentation du taux d’intérêt. Il s’agit là d’une anticipation de ce qui peut se produire dans un futur proche. Cela rappelle la crise asiatique de 1996-1997.


Tableau 3.6. Transferts nets sur la dette extérieure de 1985 à 2012 (en milliards de dollars US) : Asie et PECOT

Un solde positif indique que le financement qui entre via l’emprunt est supérieur au montant affecté au remboursement pour une année donnée. Un solde négatif indique que les remboursements dépassent les entrées liées à l’endettement.


3.2.3. Comparaison des flux de transferts

Si en termes relatifs le poids de la dette a diminué en Asie, le paiement de celle-ci et le rapatriement des bénéfices des transnationales dépassent largement les montants comptabilisés comme aide publique au développement et ceux envoyés par les migrants.


Tableau 3.7. Comparaisons entre flux de transferts en 2012 (en milliards de dollars US) : Asie et PECOT
 |8|


3.2.4. La dépendance par rapport à l’exportation des matières premières

La région de l’Asie de l’Est présente une faible dépendance vis-à-vis de l’exportation de matières premières. Cette situation lui est favorable puisqu’elle implique une évolution stable des recettes en devises. Néanmoins, l’Asie de l’Est dans son ensemble, à l’instar des autres régions en développement, est marquée par la volonté du patronat et des gouvernements qui le représentent de maintenir les salaires les plus bas possibles pour rester « compétitifs ». Cela constitue un obstacle fondamental à un véritable développement. Il faut également prendre en compte la possibilité que les pays exportateurs de matières premières qui achètent les marchandises de Chine et d’Asie de l’Est rencontrent des problèmes de solvabilité en cas de baisse des prix des matières premières et ne puissent plus continuer à importer autant de produits manufacturés d’Asie qu’antérieurement. De même, si la crise reprend aux États-Unis et en Europe, les importations de produits chinois, coréens, etc. pourraient diminuer.


Tableau 3.8. Part des matières premières dans les exportations de biens en 2012 (% du total) : Asie et PECOT


3.3. L’Amérique latine et les Caraïbes


3.3.1. La dette et les ressources destinées à son remboursement

En Amérique latine et dans les Caraïbes, la dette externe a été multipliée par 165 entre 1970 et 2012. Au cours de la même période, la région a transféré à ses créanciers un total de 3 253 milliards de dollars.

Tableau 3.9. La dette et les ressources destinées à son remboursement (en milliards de dollars US) : Amérique latine et Caraïbes |9|


3.3.2. Transferts nets sur la dette

L’Amérique latine présente un des soldes négatifs de dette externe les plus élevés parmi les continents en développement pour la période 1985-2012. Néanmoins, comme dans le cas de l’Asie, cette tendance historique a été partiellement inversée ces dernières années en raison de la croissance des flux de capitaux qui sont entrés dans la région. L’expérience vécue au cours des années 1970, avec l’entrée de flux de capitaux jusqu’à l’éclatement de la crise de la dette en 1982, incite à la prudence.


Tableau 3.10. Transferts nets sur la dette extérieure de 1985 à 2012 (en milliards de dollars US) : Amérique latine et Caraïbes


3.3.3. Comparaison des flux de transferts

L’Amérique latine, tout comme l’Afrique et l’Asie, subit un transfert de ressources au profit des créanciers. Les montants transférés dépassent de loin l’APD.


Tableau 3.11. Comparaisons entre flux de transferts en 2012
(en milliards de dollars US) : Amérique latine et Caraïbes
 |10|


3.3.4. Dépendance par rapport à l’exportation de matières premières

La région se trouve à un niveau intermédiaire en termes de dépendance par rapport aux exportations de matières premières en comparaison des deux autres grandes régions étudiées.

Tableau 3.12. Part des matières premières dans les exportations de biens en 2012 (en % du total) : Amérique latine et Caraïbes


3.3.5. L’évolution de la dette interne

La dette interne a progressivement remplacé la dette externe en tant que source principale de financement du secteur public. Pour les pays de l’échantillon ci-dessous, la dette interne a été multipliée par 4 entre 2000 et 2013. La dette externe est restée stable au cours de cette période.


Tableau 3.13. Composition de la dette publique (en milliards de dollars US et en % de la dette totale) en Amérique latine entre 2000 et 2013
 |11|

2000 2005 2013
Dette publique par pays En Mds $ % de la dette totale En Mds $ % de la dette totale En Mds $ % de la dette totale
Argentine interne 47 36 % 68 53 % 137 70 %
externe 81 64% 61 47 % 60 30 %
Brésil interne 302 79 % 541 87 % 1293 95 %
externe 80 21 % 82 13 % 64 5 %
Colombie interne 26 58 % 51 69 % 118 74 %
externe 18 42 % 23 31 % 41 26 %
Équateur interne 3 22 % 4 25 % 10 43 %
externe 11 78 % 11 75 % 13 57 %
Mexique interne 74 47 % 124 63 % 337 75 %
externe 85 53 % 72 37 % 110 25 %


3.3.6. L’impact de la dette sur l’utilisation des ressources publiques

Grâce à l’audit de la dette réalisé en 2007-2008 et à la suspension unilatérale de paiement qui a suivi et a permis une réduction importante du stock de la dette Stock de la dette Montant total des dettes. , l’Équateur est le seul pays de la région où les dépenses de santé et d’éducation sont plus importantes que celles consacrées au service de la dette |12|. Dans les autres pays, la dépense liée au service de la dette a la priorité par rapport aux autres obligations Obligations
Obligation
Part d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. Le détenteur de l’obligation, l’obligataire, a droit à un intérêt et au remboursement du montant souscrit. Il peut aussi, si la société est cotée, revendre son titre en bourse.
de l’État.


Tableau 3.14. Répartition des dépenses dans les budgets nationaux (en % du PIB et en % du budget) en Amérique latine en 2013
 |13|


Notes

|1| La définition de région utilisée dans le présent travail correspond à celle utilisée par la Banque mondiale. Les chiffres sont exprimés en dollars courants.
Cette section se base sur les données de la Banque mondiale (sauf mention contraire) : Banque mondiale, International Debt Statistics, http://databank.banquemondiale.org

|2| Les remboursements correspondent à la somme des amortissements et du paiement des intérêts sur la dette.

|3| Transfert net sur la dette extérieure publique d’Afrique du Nord et Moyen-Orient (-105) + transfert net sur la dette extérieure publique d’Afrique subsaharienne (44) = -61 milliards de dollars US.

|4| Comme mentionné auparavant, une grande partie de l’APD n’arrive pas sous la forme de flux financiers dans les pays en développement mais reste dans les pays « donateurs » (voir encart au point 2.4).

|5| Le chiffre de l’aide publique au développement correspond à la somme que les pays « donateurs » comptabilisent comme aide officielle bien que cela ne constitue pas un flux réel (voir encart au point 2.4). Le chiffre du rapatriement des bénéfices des entreprises transnationales fait référence à la section « paiements » dans les revenus de la balance des comptes courants et correspond aux bénéfices obtenus par les filiales des transnationales qui sont envoyés aux maisons mère dans les pays d’origine de celles-ci.

|6| Voir également note de bas de page 80 p.39.
Nous recommandons la lecture des travaux de l’économiste Léonce Ndikumna, notamment « Savings, Capital Flight, and African Development - Part 1 », 12 août 2014, http://triplecrisis.com/savings-capital-flight-and-african-development-part-1/ et http://triplecrisis.com/author/leonce-ndikumana/#sthash.vlyv7ARw.dpuf.
Voir également la vidéo en anglais http://triplecrisis.com/video-africa-lost-1-6-trillion-in-capital-flight-and-odious-debt-over-forty-years/

|7| Les chiffres pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord correspondent à 2011.

|8| Comme mentionné précédemment, il s’agit des chiffres officiels de l’aide publique au développement, bien que cela ne constitue pas un flux réel (voir encart au point 2.4). Le chiffre du rapatriement des bénéfices des entreprises transnationales fait référence à la section « paiements » dans les revenus de la balance des comptes courants et correspond aux bénéfices obtenus par les filiales de transnationales qui sont envoyés aux maisons-mères dans les pays d’origine de celles-ci. Source : base de données de la Banque mondiale.
Rappelons également que selon le CADTM, le bilan demeure incomplet car ces données ne rendent pas compte de l’ampleur réelle du drainage des ressources des pays en développement vers les pays développés. Cf. note de bas de page 80 p.39.

|9| Les remboursements correspondent à la somme des amortissements et du paiement des intérêts sur la dette.

|10| Comme mentionné précédemment, il s’agit des chiffres officiels de l’aide publique au développement, bien que cela ne constitue pas un flux réel (voir encart au point 2.4). Le chiffre du rapatriement des bénéfices des entreprises transnationales fait référence à la section « paiement » dans les revenus de la balance des comptes courants et correspond aux bénéfices obtenus par les filiales de transnationales qui sont envoyés aux maisons-mère dans les pays d’origine de celles-ci. Source : base de données de la Banque mondiale.
Rappelons également que selon le CADTM, le bilan demeure incomplet car ces données ne rendent pas compte de l’ampleur réelle du drainage des ressources des pays en développement vers les pays développés. Cf. note de bas de page 80 p.39.

|11| Source : Banque interaméricaine de développement (BID), Latin American Macro Watch Data Tool, http://www.iadb.org
Les données pour la dette de l’Argentine correspondent à 2012.

|12| Attention cependant, la dette externe de l’Équateur a commencé à remonter récemment en raison d’emprunts auprès de la Chine, à quoi il faut ajouter un nouvel emprunt auprès de la Banque mondiale.

|13| Source : Les données pour l’Argentine au niveau gouvernemental proviennent du Budget général de la Nation pour l’année 2013 : Ministère d’économie et des finances publiques, Présidence de la Nation (Argentine), Presupuesto 2013 Resumen, Buenos Aires, 2013, http://www.mecon.gov.ar/onp/html/presupresumen/resum13.pdf ;
Les données pour le Brésil relatives au gouvernement central pour l’année 2014 proviennent de l’Audit citoyen de la dette : Maria Lucia Fattorelli, « Dívida consumirá mais de um trilhão de reais em 2014 », Auditoria Cidadã da Dívida, http://www.auditoriacidada.org.br/wp-content/uploads/2013/09/Artigo-Orcamento-2014.pdf ;
Les données pour la Colombie proviennent du Budget général de la Nation pour 2013 : Ministerio de Hacienda y Crédito Público, República de Colombia, Presupesto general de la Nación, 2013,
http://www.minhacienda.gov.co/presupuesto/index.html ;
Celles pour l’Équateur du Budget général de la Nation pour 2012 : Ministère des finances, Gouvernement national de la République d’Équateur, Presupuesto General del Estado, 2012, http://www.finanzas.gob.ec/el-presupuesto-general-del-estado.

Auteur.e

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, est porte-parole du CADTM international et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014, Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 créée par la la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission a poursuivi ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.


Auteur.e

Daniel Munevar

est un économiste post-keynésien de 30 ans originaire de Bogotá, en Colombie. De mars à juillet 2015, il a travaillé comme assistant de l’ancien ministre des finances grec, Yanis Varoufakis ; il le conseillait en matière de politique budgétaire et de soutenabilité de la dette. Auparavant, il était conseiller au Ministère des Finances de Colombie et conseiller spécial pour les investissements directs à l’étranger auprès du Ministère des Affaires étrangères de l’Équateur. C’est une des figures marquantes dans l’étude de la dette publique en Amérique latine. Il est membre du CADTM AYNA.


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Auteur.e

Pierre Gottiniaux

Permanent au CADTM Belgique


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