2 décembre > 3 décembre

Paris, France

La France et l’Europe après le Brexit

Conférence internationale de EReNSEP à Paris

Les 2 et 3 décembre 2016, l’équipe parisienne d’EReNSEP* organise une conférence internationale intitulée « La France et l’Europe après le Brexit ». L’ère de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
capitaliste, de la financiarisation de l’économie et de l’adhésion aveugle aux marchés touche à sa fin. Les exigences de rétablissement d’un contrôle public des marchés, de restructuration et de démocratisation de l’État, de résolution des défis écologiques et de renforcement de l’économie sociale ne cessent de croître. Ces questions seront au centre des discussions lors de cette rencontre.

L’Europe est entrée dans une période critique. L’échec de l’Union économique et monétaire est un fait irrémédiable, les économies européennes sont en berne, la colère et l’indignation montent chez les travailleur-euse-s. Malheureusement, à ce jour, c’est principalement l’extrême-droite, voire le fascisme, qui bénéficie de cette situation. La gauche européenne paie le prix de sa malheureuse acceptation de l’idéologie européaniste, de son adhésion à l’Union européenne et à l’Union économique et monétaire, de sa résignation implicite au mantra néolibéral du « Il n’y a pas d’alternative ».

Les nuages s’amoncellent au-dessus de l’Europe, et la France sera probablement l’un des épicentres de l’orage à venir. Mais il est encore temps pour la gauche de reprendre la direction des évènements. Pour cela, il est urgent qu’elle renouvelle son discours, ses pratiques et ses propositions économiques, sociales et politiques.

L’entrée à la conférence est gratuite. Pour y participer, merci de remplir le formulaire d’inscription en ligne ici.


Source : EReNSEP

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