Communiqué

La Samir : Crime économique d’État

26 novembre par ATTAC/CADTM Maroc

Le slogan en arabe sur le drapeau de photo de la mobilisation contre la liquidation de la Samir : Non à l’assassinat de SAMIR.

Samir en arabe=سامير

Non à l’impunité des décideurs publics.

Oui au redémarrage de la raffinerie sous contrôle populaire.

Plus d’une année après l’arrêt de l’activité de la raffinerie de la Samir à Mohammedia, l’État continue à faire la stratégie de l’autruche face à une crise économique majeure que traverse le pays. L’arrêt de la Samir renforce le poids du cartel des pétroliers et réduit à néant le semblant de souveraineté énergétique du Maroc. La situation actuelle est causée par la gestion catastrophique de ce dossier par l’État depuis 20 ans. Nous sommes bien face à un crime économique d’État qui risque de demeurer impuni, comme le sont ceux de la CNSS, la BNDE, le Crédit Agricole ou le CIH.

La crise actuelle trouve ses racines dans la décision de privatiser cette entreprise publique en 1997. Le bradage de ce fleuron stratégique national à une entreprise saoudienne, sans expertise, a été dénoncé par l’association en 2001 dans le cadre de notre campagne : « Privatisation : stoppons l’hémorragie ».

La démission de l’État a continué crescendo avec l’absence de suivi du plan d’investissements prévu par le cahier de charges de la privatisation et l’absence de tout contrôle de la qualité des produits distribués sur le marché local qui continuaient à être dangereux pour la santé des citoyens. Les dépassements de l’actionnaire saoudien vont se poursuivre, encouragés par un silence complice de l’État. Ce qui nous a menés vers la catastrophe financière que représente la Samir, aujourd’hui. Une dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
de 43 milliards de DH, dont 12 milliards de DH à l’égard de l’administration de la douane. Les largesses de l’État n’ont pas été compensées par aucun effort pour l’assainissement de l’entreprise ou le respect des engagements en termes d’investissement et d’emploi. Le laxisme de l’État aidant, la faillite de la Samir était donc inéluctable. Le silence de l’État et sa frilosité dans ce dossier trouve aussi des explications dans la menace brandie par l’actionnaire saoudien de poursuivre le gouvernement marocain devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI CIRDI Le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) a été créé en 1965 au sein de la Banque mondiale, par la Convention de Washington de 1965 instituant un mécanisme d’arbitrage sous les auspices de la Banque mondiale.

Jusqu’en 1996, le CIRDI a fonctionné de manière extrêmement sporadique : 1972 est la date de sa première affaire (la seule de l’année), l’année 1974 suivit avec 4 affaires, et suivirent de nombreuses années creuses sans aucune affaire inscrite (1973, 1975,1979, 1980, 1985, 1988, 1990 et 1991). L’envolée du nombre d’affaires par an depuis 1996 (1997 : 10 affaires par an contre 38 affaires pour 2011) s’explique par l’effet des nombreux accords bilatéraux de protection et de promotion des investissements (plus connus sous le nom de « TBI ») signés a partir des années 90, et qui représentent 63% de la base du consentement à la compétence du CIRDI de toutes les affaires (voir graphique)). Ce pourcentage s’élève à 78% pour les affaires enregistrées uniquement pour l’année 2011.

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), organe de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
et au service des investisseurs privés.

Durant les quinze mois de l’arrêt de la raffinerie, ATTAC CADTM Maroc a suivi avec grande inquiétude la situation de l’entreprise et la dégradation continue des conditions de travail de ses salariés. De part notre position en tant qu’association d’éducation populaire, orientée vers l’action, nous avons participé aux mobilisations appelant au redémarrage de la raffinerie et la préservation des droits des travailleurs de l’entreprise. Depuis le début du processus de liquidation judiciaire en mars dernier, nous suivons ce nouveau feuilleton sans se donner de faux espoirs. Dans ce contexte, nous souhaitons réitérer nos positions au sujet de la crise de la Samir et nous demandons ce qui suit :

Le secrétariat national
Le 26 novembre 2016


Auteur.e

ATTAC/CADTM Maroc

membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

Adresse : n°140, rue Cadi Bribri Akkari 10000. Rabat. Maroc Email azikiomar2008@gmail.com Site Web attacmaroc.org Tel 00 212 6 61 17 30 39