Le CADTM : 20 ans de lutte aux côtés des exploité-e-s

25 décembre 2010 par Eric Toussaint


Exposé de conclusion de la journée de célébration du 20e anniversaire du CADTM réalisée à Bruxelles le 27 novembre 2010. La présente version a été revue et éditée par l’auteur. La version vidéo est en ligne

1. Depuis 20 ans maintenant, le Comité pour l’annulation de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
du tiers monde (CADTM) s’est caractérisé par son combat contre la dette qui est utilisée par les créanciers comme un puissant instrument de domination et de pompage de richesses. Sans relâche, le CADTM a su, à partir de cette question placée au cœur de son combat, tisser des liens avec les luttes du monde entier, sur des thématiques diverses, afin de formuler une analyse globale du système capitaliste et d’avancer des alternatives Voir la charte politique du réseau international CADTM . 20 ans après sa création, le CADTM est aujourd’hui un réseau international horizontal présent dans plus de 30 pays répartis sur 4 continents . Voir également la charte de fonctionnement du réseau CADTM international.

2. Le CADTM est convaincu qu’il n’y aura pas de changements révolutionnaires mondiaux sans une multitude de combats locaux. C’est pourquoi la dimension locale (quartier, ville, région...) est primordiale à condition qu’elle soit systématiquement reliée à la dimension internationale.

3. Depuis sa création, le CADTM a mis un point d’honneur à inviter lors d’événements publics des représentant-e-s des luttes en provenance des 4 coins de la planète afin de favoriser les convergences. C’est ainsi qu’il a invité des ouvriers d’usines en grève en Belgique (par exemple, les sidérurgistes des Forges de Clabecq qui ont mené une lutte très dure et exemplaire), des représentants de la mouvance zapatiste du Mexique, Rosario Ibarra combattante mexicaine des droits humains, Vandana Shiva féministe d’Inde en pointe dans le combat écologiste, des représentants du mouvement indigène d’Equateur, du Mouvement des Sans Terre du Brésil, une multitude de militantes et militants d’Afrique, Lidy Nacpil (Philippines) et Beverly Keene (Argentine) de Jubilé Sud, Adolfo Perez Esquivel (Argentine) prix Nobel de la Paix, René Dumont agronome combattant écologiste, l’évêque Jacques Gaillot quand il a reçu un coup de crosse du Vatican pour son combat radical du côté des opprimés, Albert Jacquard généticien, Alejandro Olmos d’Argentine et bien d’autres représentants et représentantes des luttes pour un autre monde possible.

4. A partir de l’angle d’attaque de la dette et convaincu qu’il fallait renforcer une puissante dynamique altermondialiste, le CADTM a participé très activement à la création du Forum social mondial à Porto Alegre au Brésil en 2001. Il a contribué à renforcer l’assemblée mondiale des mouvements sociaux, a participé à la fondation du Forum social de Belgique (et les organisations membres du réseau international CADTM ont fait de même dans leur pays respectif) et du Forum social européen. L’objectif poursuivi : construire des outils de transformation du monde. De ce point de vue, notre bilan est tout à fait honorable, bien qu’il y ait encore énormément de choses à faire. Il faut continuer la lutte sans relâche et avec enthousiasme.

5. Le CADTM est un mouvement social international et a, en ce sens, un fonctionnement et des objectifs différents de nombreuses ONG.
Beaucoup d’ONG, en fonction de leur plan d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
dont dépend leur financement, changent régulièrement de thématique, passant par exemple du travail décent à la souveraineté alimentaire, de la dette du tiers-monde au changement climatique...
Le CADTM souhaite développer une continuité de thématique tout en étant ouvert activement aux combats des autres. Le CADTM a essayé de participer à une multitude de combats tout en mettant constamment la question de la dette au centre des préoccupations des autres. L’enjeu pour le CADTM est que les autres mouvements, comme par exemple la Marche Mondiale des Femmes (MMF Money Market Funds
MMF
Les Money Market Funds (MMF) sont des sociétés financières des États-Unis et d’Europe, très peu ou pas du contrôlées ni réglementées car elles n’ont pas de licence bancaire. Ils font partie du shadow banking. En théorie, les MMF mènent une politique prudente mais la réalité est bien différente. L’administration Obama envisage de les réglementer car, en cas de faillite d’un MMF, le risque de devoir utiliser des deniers publics pour les sauver est très élevé. Les MMF suscitent beaucoup d’inquiétude vu les fonds considérables qu’ils gèrent et la chute depuis 2008 de leur marge de profit. En 2012, les MMF états-uniens maniaient 2 700 milliards de dollars de fonds, contre 3 800 milliards en 2008. En tant que fonds d’investissement, les MMF collectent les capitaux des investisseurs (banques, fonds de pension…). Cette épargne est ensuite prêtée à très court terme, souvent au jour le jour, à des banques, des entreprises et des États.
Dans les années 2000, le financement par les MMF est devenu une composante importante du financement à court terme des banques. Parmi les principaux fonds, on trouve Prime Money Market Fund, créé par la principale banque des États-Unis JP.Morgan, qui gérait, en 2012, 115 milliards de dollars. La même année, Wells Fargo, la 4e banque aux États-Unis, gérait un MMF de 24 milliards de dollars. Goldman Sachs, la 5e banque, contrôlait un MMF de 25 milliards de dollars.
Sur le marché des MMF en euros, on trouve de nouveau des sociétés états-uniennes : JP.Morgan (avec 18 milliards d’euros), Black Rock (11,5 milliards), Goldman Sachs (10 milliards) et des européennes avec principalement BNP Paribas (7,4 milliards) et Deutsche Bank (11,3 milliards) toujours pour l’année 2012. Certains MMF opèrent également avec des livres sterling. Bien que Michel Barnier ait annoncé vouloir réglementer le secteur, jusqu’à aujourd’hui rien n’a été mis en place. Encore des déclarations d’intention...
1. L’agence de notation Moody’s a calculé que pendant la période 2007-2009, 62 MMF ont dû être sauvés de la faillite par les banques ou les fonds de pensions qui les avaient créés. Il s’est agi de 36 MMF opérant aux États-Unis et 26 en Europe, pour un coût total de 12,1 milliards de dollars. Entre 1980 et 2007, 146 MMF ont été sauvés par leurs sponsors. En 2010-2011, toujours selon Moody’s, 20 MMF ont été renfloués.
2 Cela montre à quel point ils peuvent mettre en danger la stabilité du système financier privé.
), intègrent la problématique de la dette dans leur thématique. Simultanément, le CADTM lui-même intègre le combat féministe dans ses propres analyses, sa pratique quotidienne et sa stratégie d’action. Ce n’est qu’un exemple, on pourrait en mentionner de nombreux autres : la participation au combat pour la justice climatique, pour la promotion des droits humains (qu’ils soient politiques, civils, économiques, sociaux ou culturel conçus comme indivisibles), pour la souveraineté alimentaire, pour la démilitarisation… j’en oublie et non des moindres.

6. Après toutes ces années consacrées à la lutte pour l’annulation de la dette, on s’aperçoit aujourd’hui que la question centrale dans les pays européens est la dette publique dans le sens où toutes les politiques sociales et économiques menées par les gouvernements en place prennent prétexte de l’explosion récente de la dette publique pour tenter d’imposer de véritables plans d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
avec leur cortège d’atteintes aux droits sociaux fondamentaux. Que l’on soit en Belgique, en Roumanie, en France, en Espagne, en Grèce, en Pologne, en Grande Bretagne, en Irlande... dans tous les pays de l’Union européenne et en dehors de celle-ci, la dette publique est devenue un thème central. La dette qui constitue une préoccupation vitale pour les populations des pays du Sud de la planète est venue aussi sur le devant de la scène dans les pays du Nord. Notre démarche qui consistait à faire converger les luttes au Nord et au Sud s’en retrouve incontestablement renforcée.

7. Le CADTM a développé une expertise au service des mouvements sociaux. Beaucoup de think tank, de bureaux d’étude (même politiquement à gauche) donnent la priorité au lobbying afin d’influencer des gouvernements, des ministres, des parlementaires, les dirigeants d’institution comme la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
ou le Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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. Ils produisent des recherches et des plaidoyers avec pour interlocuteurs principaux les gouvernants et les directions des institutions du pouvoir.
Notre option a été de nous placer du côté des mouvements sociaux, de produire une analyse pertinente et de la mettre à la disposition des citoyennes et des citoyens de base organisés en association, la « société civile d’en bas » comme dirait François Houtart.
Cela a un effet démultiplicateur car si réellement cette analyse est prise en compte par les mouvements sociaux, par la société civile d’en bas, alors cela percole vers les lieux du pouvoir car un rapport de force se constitue. Cela devient un thème qui est un centre d’intérêt de l’opinion publique, un thème de mobilisation à la base, dans la rue. Alors le pouvoir politique est obligé d’en tenir compte.

8. Les institutions financières internationales (BM, FMI), quand elles invitent les ONG et d’autres composantes de la société civile, veulent juste passer devant les caméras pour faire croire qu’elles pratiquent un véritable dialogue. Les représentants des IFI adoptent un discours creux, ronflant, ils veulent donner l’impression d’avoir compris leurs erreurs, ils font leur acte de contrition et affirment qu’ils sont en train de changer leur mode d’opérer, mais en réalité ils appliquent la même logique néolibérale du tout marché et tout pour l’exportation. Le CADTM est disposé à participer à des confrontations publiques avec ces institutions afin notamment de leur demander des comptes et d’améliorer la connaissance du public en portant la contradiction par des débats publics. En revanche, le CADTM se refuse à participer à des organes de concertation permanente avec celles-ci. Le CADTM refuse d’être instrumentalisé.

9. Le CADTM recherche l’unité entre les organisations qui travaillent sur le même thème, même si elles ont un point de vue différent. Cela vaut pour Jubilé Sud dont nous avons soutenu l’action dès sa création en 1999, cela vaut aussi pour Eurodad, basé à Bruxelles, qui donne la priorité au lobbying. Cela vaut pour Latindadd, ce réseau latino américain basé au Pérou. Cela vaut pour tous les mouvements qui agissent pour une solution au problème de la dette. Depuis 2007, nous avons contribué à mettre en place une coordination permanente entre tous les mouvements qui agissent sur la question de la dette des pays en développement, nous avons également réussi à organiser ensemble chaque année une semaine globale d’action contre la dette et les IFI.
Même si nous n’avons pas exactement la même approche quant au contenu des analyses et des revendications, même si nous différons quant à la stratégie, cela ne nous a jamais empêchés d’essayer de travailler ensemble, car c’est le meilleur moyen d’atteindre des résultats.
Une des armes de ceux que nous combattons consiste à nous diviser, c’est pour cela qu’il faut chercher l’unité. Pas à n’importe quel prix bien sûr. Mais il faut faire des efforts extrêmement importants pour atteindre l’unité entre des mouvements différents qui agissent sur un même thème.

10. Il faut aussi la convergence entre organisations qui travaillent sur des thématiques différentes et sont composées différemment (Via Campesina, syndicats de salariés, ATTAC...), il faut converger entre ceux et celles qui travaillent avec pour priorité la question des droits humains, les autres sur la libération des femmes, etc.
Il est fondamental que les partis politiques, les mouvements sociaux, les organisations de citoyens, des ONG de gauche travaillent ensemble au changement.
Dans cette perspective-là, nous avons convoqué le 29 septembre 2010 à Bruxelles une réunion de tous les mouvements sociaux, des citoyens et des partis politiques qui sont prêts à affronter en Europe l’utilisation de la dette publique comme prétexte pour mettre en place des plans d’austérité.
Des partis politiques et des mouvements sociaux d’orientations différentes se sont mis autour de la table afin notamment de convoquer en 2011 une grande conférence européenne contre la dette et les politiques d’austérité. Il faut aussi bien sûr l’unité entre les peuples du Nord et du Sud de la planète, c’est le cœur de notre démarche. Le CADTM déploie beaucoup d’énergie afin de faire entendre au Nord, les voix du Sud, Les Autres Voix de la Planète.

11. Dans ce monde capitaliste globalisé, une série de peuples dont la boussole, les valeurs de vie et la vision du monde ne sont pas le tout au marché, la priorité à la propriété privée et l’accumulation de richesses personnelles se sont fait entendre grâce à leur action résolue en faveur du rejet du capitalisme et des politiques néolibérales extractivistes. C’est le cas notamment des peuples originaires, les populations indigènes d’Amérique latine par exemple
Y compris au Nord, des collectivités ont maintenu, face à la logique capitaliste, un autre type d’options. Des secteurs de la population, notamment dans la jeunesse, cherchent par des luttes et leur mode de vie à rompre avec la logique productiviste capitaliste. On pourrait aussi mentionner les réseaux d’économie solidaire, d’échanges de services. L’autre monde possible pour lequel nous agissons est basé partiellement là-dessus. Bien sûr, pour réaliser concrètement cet autre monde possible, il faut une authentique révolution à tous les niveaux.

12. Au delà de l’action de conscientisation, notre travail a-t-il été utile ? La réponse est affirmative.
Nous avons contribué très concrètement à la réalisation de l’audit de la dette équatorienne en 2007-2008, à partir du moment où le gouvernement de ce pays a décidé de poser un acte unilatéral souverain pour trouver un début de solution au problème du remboursement de la dette qui représentait alors 38% du budget de l’Etat. Nous avons été en ce sens très utiles, puisqu’une partie de la dette de l’Équateur a été éliminée pour un montant de 3,2 milliards de dollars (plus les intérêts qui restaient à payer jusqu’en 2030). Nous avons contribué, certes modestement, à ce que la nouvelle Constitution de l’Équateur contienne toute une série d’articles pour empêcher que se perpétue la question de la dépendance à l’égard de la dette publique. Un peu auparavant, nous avions contribué à ce que le Paraguay décide de répudier une dette illégale contractée auprès de banques suisses. Le CADTM a également contribué par ses conseils à la mise en place d’une Banque du Sud entre 7 pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Uruguay, Venezuela) dont l’activité devrait prochainement débuter. On le voit, lorsque des gouvernements progressistes nous ont demandé notre concours, nous avons été prêts à prendre nos responsabilités. Cela ne nous a jamais empêchés d’exprimer des critiques à leur égard. De plus, le CADTM a développé une expertise sur la dette et ses alternatives qui permet à toute organisation ou à tout gouvernement qui souhaite lutter réellement contre la dette de trouver des outils déjà prêts dans ce but.

13. Le CADTM a une boussole, un critère fondamental : être toujours et partout du côté de celles et de ceux qui sont exploité-e-s ou opprimé-e-s. Notre critère fondamental dans toutes les actions que nous entreprenons, y compris quand nous envisageons d’apporter notre soutien à certains gouvernements de gauche comme c’est le cas en Amérique latine, est : cela vient-il en aide à celles et ceux qui sont exploités pour progresser vers leur émancipation ? Si la réponse est positive, alors nous fonçons à leurs côtés !



Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.
Il est l’auteur des livres, Capitulation entre adultes : Grèce 2015, une alternative était possible, Syllepse, 2000, Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent, 2017 ; Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège.
Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015.