Mali

Le CADTM Afrique dénonce le Traité néo-colonial de défense et de coopération militaire entre la France et le Mali

Communiqué de Presse

7 août 2014 par CADTM Afrique


ADC J-R. Drahi/SIRPA Terre

Communiqué de Presse

La France, après avoir méthodiquement mis au point son plan d’occupation militaire du Mali, vient d’obtenir la signature d’un nouveau pacte colonial qui place définitivement le Mali sous sa tutelle au nom de la lutte contre le terrorisme. Le document signé permet à l’armée française d’agir en dehors de tout contrôle de l’État malien.

Le contenu reste strictement confidentiel, pourtant le parlement malien va le ratifier sans en connaître réellement le contenu.

Désormais, les forces françaises pourraient circuler sans restriction sur le territoire malien. Elles n’auront pas à solliciter un accompagnement des forces maliennes. Et l’État du Mali n’aura aucun droit de regard, encore moins de contrôle, sur les agissements des troupes présentes sur son sol. Bien au contraire, c’est l’armée française qui pourra intégrer au sein des unités maliennes, des détachements de liaison et d’appui afin de mieux les surveiller et de les espionner. Cette action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
s’étendra aux écoutes téléphoniques de dirigeants politiques, d’acteurs sociaux, de toute personne pouvant représenter un danger quelconque à la stratégie de mise sous tutelle du Mali.

De plus, les autorités maliennes chargées de l’ordre et de la sécurité publique autoriseront les membres du détachement français à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes, y compris sur la voie publique ! Cela veut dire que toute manifestation démocratique peut-être réprimée sans ménagement par un détachement français.

Il s’agira aussi de donner une couverture juridique à d’éventuelles opérations d’évacuations des ressortissants français du territoire malien. Laquelle fera l’objet d’interprétations de toute sorte par la France qui, comme par le passé, a toujours étouffé les tentatives d’émancipation des peuples en venant au secours des régimes les plus corrompus, les plus antidémocratiques du continent et les plus soumis aux intérêts occidentaux. Rappelons-nous les opérations « Barracuda » en Centrafrique, « Manta » puis « Épervier » au Tchad, « Requin » au Gabon, « Turquoise » au Rwanda, « Licorne » en Côté d’Ivoire.

Il est clair que le nouvel accord franco-malien ira au-delà de la simple coopération de défense classique. Paris agira selon ses besoins. Officiellement il s’agit d’améliorer l’échange de renseignements entre les deux pays mais dans les faits la France ne sera pas tenue, du fait de ce nouvel accord de défense, d’informer les autorités maliennes des actions qu’elle entreprend sur le territoire malien.

Pour rompre avec le néocolonialisme, le Réseau CADTM Afrique exige :

- l’annulation pure et simple de cet accord de défense militaire qui n’a pas bénéficié du consentement du peuple malien ;
- le respect de la souveraineté du peuple malien ;
- l’annulation de toutes les dettes illégitimes du Mali à l’égard de la France, mais aussi envers d’autres créanciers multilatéraux comme la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
qui utilisent l’arme de la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
pour imposer leurs politiques néolibérales.



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