Le CADTM abolit… les frontières linguistiques

10 mai par Rémi Vilain

Depuis sa naissance, le CADTM (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis l’Assemblée mondiale du réseau de 2016) porte une attention particulière à ce que la diffusion de son travail soit la plus large et accessible possible. Le site du CADTM est évidemment un outil privilégié pour répondre à cet objectif !

Après avoir fait peau neuve au printemps 2015, le site du CADTM est désormais disponible en 6 langues ! Déjà consultable en version francophone, anglophone, hispanophone et lusophone, il sera dorénavant possible de consulter nos analyses et plaidoyers en langues allemande et italienne ! Sans oublier les sites autonomes du CADTM en versions arabe et grecque !

Ces efforts ne sont pas vains puisque les divers canaux de diffusion des informations provenant du réseau CADTM sont en constante évolution. Français, anglais, espagnol et portugais confondus, le site du CADTM est en effet consulté à une moyenne mensuelle de 110 000 « visiteurs uniques » en 2015-2016, soit une augmentation de la fréquentation de 1200% depuis le lancement du site au cours de l’année 2003. Ce faisant, le site CADTM est le plus important site mondial alternatif sur la problématique des dettes.

Si les réseaux sociaux n’ont pas le monopole de l’information alternative et ne remplacent pas une rencontre en bonne et due forme, notre visibilité sur ces derniers est également en plein essor. Nos diverses pages Facebook francophone, anglophone et hispanophone progressent de jour en jour, tandis que les différents groupes nationaux Facebook (exemple « CADTM Belgique ») – davantage axés sur la diffusion de nos activités respectives et des mobilisations locales – accueillent constamment de nouveaux membres. Notre compte Twitter voit également son nombre d’abonné-e-s croître à un rythme certain, la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 184 membres en 2003) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRETS ACCORDES PAR LA BM :
1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site : http://www.banquemondiale.org
, le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
, l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
et autres ennemi-e-s d’une transition écologique et sociale n’ont qu’à bien se tenir !

La réflexion menée sur notre bulletin électronique avec une nouvelle mise en page accompagnée d’un édito résumant les faits les plus importants de la semaine porte également ses fruits puisque vous n’êtes pas moins de 22 935 inscrits en français, 11 158 en espagnol et 6049 en anglais !

Ces progrès sur la scène internationale sont en adéquation avec la volonté du CADTM d’être avant tout un réseau mondial, au cœur des luttes sociales du monde entier à travers de nombreux partenaires et membres du réseau du CADTM, en Afrique, en Amérique latine et Caraïbe, en Asie, et en Europe. A ce titre nous souhaitons la bienvenue aux trois organisations du Gabon, d’Italie et du Luxembourg qui viennent de nous rejoindre dans la lutte pour mettre fin au « système dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
 » !

Intéressé-e-s par l’annulation des dettes illégitimes à travers la réalisation d’audit citoyen ? par l’arrêt des politiques d’ajustement structurel Ajustement structurel Politique économique imposée par le FMI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts. et des plans d’austérité ? par l’instauration d’une véritable justice fiscale et d’une juste redistribution de la richesse ? par la socialisation des banques ? par la défense de l’agriculture paysanne ? par la reconnaissance de la dette écologique ? pour la reconnaissance de la primauté des droits humains fondamentaux sur les droits des créanciers ?

Alors n’hésitez plus à nous rejoindre !

Le site du CADTM en italien : http://it.cadtm.org/
Le site du CADTM en allemand : http://de.cadtm.org/

Auteur.e

Rémi Vilain

Permanent au CADTM Belgique