Communiqué de presse

Le CADTM affirme sa solidarité aux populations victimes de la double catastrophe que connait actuellement le Japon : catastrophe naturelle et catastrophe nucléaire.

15 mars 2011 par CADTM


Au delà du sentiment de solidarité qu’engendrent les catastrophes naturelles, c’est sur le sentiment d’indignation face à la catastrophe nucléaire que le CADTM tient à insister.

Le CADTM condamne l’utilisation du nucléaire civil imposé à la population japonaise, malgré les souvenirs ineffaçables des crimes contre l’humanité que furent les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagazaki.

Le CADTM condamne le recours à la boite de Pandore atomique sur un territoire insulaire qui connait régulièrement tremblements de terre et tsunamis.

Par conséquent, le CADTM condamne l’imposition mondiale d’un modèle de développement non généralisable, tant de points de vue culturel que géographique.

Le CADTM condamne le manque d’informations crédibles qui accompagne les accidents et catastrophes nucléaires, de Three Miles Island (Etats-Unis) en 1979 à Tchernobyl (Ukraine) en 1986, sans oublier les innombrables incidents qui jonchent la courte histoire de cette industrie. Un choix des élites qui engendre des dégâts considérables et ce pour des siècles.

Le CADTM condamne le manque de réalisme des zélateurs atomiques qui nient les risques et raillent les opposants, à coups de campagnes promotionnelles mensongères et manipulatrices.

Le CADTM réaffirme son opposition à l’industrie nucléaire dans les centrales électronucléaires civiles ainsi que sous toutes ses formes militaires.

La sortie du nucléaire n’est pas un choix mais une nécessité motivée par les arguments suivants :
- la raréfaction de l’uranium ;
- l’absence de solutions pour un stockage sans danger des déchets ;
- le coût financier exorbitant - de la construction des centrales à leur décontamination finale ainsi que la gestion des déchets - de cette industrie ;
- le coût énergétique - la gestion confinée durant 100 000 ans des déchets et des parties contaminées d’une centrale consumera plus d’énergie que celle produite par la centrale - ou ce que l’on appelle la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
énergétique du nucléaire ;
- la pollution liée à l’extraction du minerai nécessaire à cette industrie s’accompagne encore trop souvent d’un pillage éhonté des ressources naturelles du Sud ;
- la dangerosité de cette énergie.

Des alternatives crédibles à la production d’électricité nucléaire existent et doivent être mises en place. En Europe, les énergies renouvelables pourront assurer 99,5 % des besoins en électricité en 2050 si le nucléaire perd l’accès prioritaire aux réseaux de distribution dont il bénéficie aujourd’hui. C’est à dire si l’on choisit d’en sortir rapidement.

Le CADTM exige un audit scientifique public sur la question, ainsi que la possibilité de réaliser une série de référendums nationaux sur l’arrêt du recours à cette énergie.

Le CADTM réaffirme que le productivisme est une idéologie moribonde que l’humanité doit remplacer par un nouveau paradigme basé en priorité sur le respect des droits humains et ceux de la nature.