Forum sociaux
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Sénégal
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1er janvier 2004 par Virginie de Romanet
Du 18 au 21 décembre 2003, le CADTM a participé au Forum social sénégalais et à l’Université des mouvements sociaux.
Du 18 au 21 décembre 2003, le CADTM a participé au Forum social sénégalais et à l’Université des mouvements sociaux.
Le premier événement organisé par la CONGAD (plate-forme des ONG) a rassemblé environ 250 personnes venues des quatre coins du pays, avec en sus des représentants des ONG les plus importantes du pays, des mouvements de femmes, de jeunes, de paysans, de handicapés... Le Forum social sénégalais est une émanation du Forum social africain, qui se situe lui-même dans la lignée du Forum social mondial. D’autres forums nationaux ont déjà eu lieu en 2003 dans de nombreux pays africains. L’étape suivante devrait être l’organisation de forums dans les quartiers et les villages.
Le Forum s’est ouvert par une rencontre plénière et les interventions des principaux responsables d’ONG (CONGAD, ENDA, ARCADE, le Forum des Alternatives africaines, le Forum du Tiers-Monde, etc.), des représentants de partis politiques, un représentant de monde enseignant et le président du Forum social sénégalais, M. Adama Gueye. Il a été question du rôle et du poids de la première puissance mondiale, de la guerre en Irak, de la militarisation du monde et de la criminalisation des oppositions, du développement des résistances, etc.
Les ateliers, quant à eux, se sont articulés autour de cinq grandes thématiques : la première portait sur la dette, la pauvreté et la politique des Institutions financières internationales (IFI), la deuxième sur l’agriculture, la troisième sur les politiques de libéralisation et de privatisation du marché mondial et du commerce équitable, la quatrième sur le SIDA, le genre et le développement participatif, la cinquième sur la société civile sénégalaise face aux enjeux de la mondialisation.
De l’atelier dette, plusieurs idées forces sont ressorties. L’avocat El Hadj Guissé a cité l’article 12.35 du code civil français qui stipule que "tout paiement suppose une dette" et que donc si l’on paie plus que ce que l’on doit, on peut exiger en retour. Il a également mentionné qu’avant l’indépendance les colonies étaient déjà débitrices. Or, en droit successoral, un enfant simplement conçu mais pas encore né ne peut être débiteur. De plus, le taux d’intérêt était à cette époque unilatéralement fixé à 14% et il s’agit, selon les praticiens du droit pénal, d’un taux usuraire, alors que l’usure est un délit. Pour prendre au mot les chefs d’état qui demandent un audit sur la dette, Guissé a proposé la saisine de la Cour internationale de Justice.
Il a également été question des Documents stratégiques de Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont la CNUCED a fait l’analyse approfondie pour 27 pays et en a conclu que toutes les conditionnalités qui figuraient dans les Plans d’Ajustement structurel si contestés qu’ils ont fini par être remplacés par les DSRP se retrouvaient dans ces mêmes DSRP.
Quant au NEPAD, il a fait consensus : pour les participants, il s’agit d’un programme qui reprend à son compte toutes les solutions libérales et cherche tout simplement à vendre l’Afrique aux multinationales.
Le deuxième événement du Forum était l’Université des mouvements sociaux, organisée par le Comité sénégalais pour l’Annulation de la Dette. De nombreux exposés ont eu lieu sur le sujet, qui ont mis en évidence la mainmise occidentale exercée sur l’économie des pays du Tiers Monde, notamment par le biais des Plans d’Ajustement structurel - désormais rebaptisés « Documents stratégiques de Réduction de la Pauvreté »...
Seule ombre au tableau de ce Forum riche en échanges constructifs, en analyses rigoureuses et en propositions alternatives : l’absence remarquée des grands médias, qui n’ont pas daigné accorder le moindre écho à l’événement...