Communiqué de presse

Le CADTM dénonce la responsabilité de la Banque mondiale et du FMI dans les expulsions de délégués des ONG à Singapour

15 septembre 2006 par CADTM


Alors que l’assemblée générale du Fonds monétaire international FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
(FMI) et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
débutera le 19 septembre à Singapour, les autorités de ce pays ont fait savoir qu’elles refusaient l’entrée du territoire à plus de 30 représentants d’organisations non gouvernementales, tous étant pourtant accrédités officiellement par la Banque mondiale et le FMI.

Ces deux institutions se réfugient derrière les déclarations de leurs principaux dirigeants appelant à ce que les autorités singapouriennes permettent à ces représentants d’ONG d’assister à leurs assemblées annuelles, comme cela était convenu. Malgré cela, la responsabilité de la Banque mondiale et du FMI est entièrement engagée dans ce refus.

En effet, la cause initiale réside dans la recherche incessante de lieux de moins en moins accessibles aux contestataires des politiques d’institutions comme le FMI, la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce OMC
Organisation mondiale du commerce
Créée le 1er janvier 1995 en remplacement du GATT. Son rôle est d’assurer qu’aucun de ses membres ne se livre à un quelconque protectionnisme, afin d’accélérer la libéralisation mondiale des échanges commerciaux et favoriser les stratégies des multinationales. Elle est dotée d’un tribunal international (l’Organe de règlement des différends) jugeant les éventuelles violations de son texte fondateur de Marrakech.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays – une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ».

Site : www.wto.org
et le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. , toutes en mal de légitimité depuis de longues années. Après Doha en 2001, Dubaï en 2003, Hong Kong en 2005, Saint Pétersbourg en 2006, c’est Singapour que la Banque mondiale et le FMI ont choisi pour jouer ce rôle de bouclier policier face à ces contestations pourtant profondément légitimes.

La Banque mondiale et le FMI, qui conservent in fine les leviers de décision quant à l’organisation de cet évènement, auraient pu, face à l’attitude des autorités de Singapour, décider de différer leur réunion. Pourtant, à l’heure actuelle, ces institutions s’en tiennent à une déclaration publique notoirement insuffisante puisque le problème reste entier.

Tout cela confirme que le discours sur la « bonne gouvernance » n’est qu’un leurre pour continuer d’imposer dans le même temps des politiques d’ajustement structurel qui détériorent les conditions de vie de la majorité de la population des pays en développement.

Le CADTM appelle les ONG et les mouvements sociaux du monde entier à boycotter l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale.

Le CADTM appelle également les dirigeants des pays membres du FMI et de la Banque mondiale à s’opposer à de tels agissements et à ne pas envoyer de délégation à Singapour.