Communiqué de presse

Le CADTM juge consternantes les proclamations du G8 et dénonce la répression féroce contre des manifestants pacifiques

9 juin 2007


Année après année, le G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. n’en finit plus de se contenter de proclamations creuses qu’il n’a nullement l’intention de tenir, sur fond de répressions féroces contre des manifestants pacifiques. Neuf membres du CADTM France et du CADTM Belgique ont été détenus pendant plus de 48 heures, sans la moindre raison valable.

A propos de l’aide à l’Afrique, le G8 se fend une fois de plus d’une promesse qui ne coûte pas grand-chose. Le doublement de l’aide d’ici 2010, promis à Gleneagles en 2005, a été répété, mais les derniers chiffres publiés sont catastrophiques : selon l’OCDE OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques
Créée en 1960 et basée au Château de la Muette à Paris, l’OCDE regroupe les quinze membres de l’Union européenne auxquels s’ajoutent la Suisse, la Norvège, l’Islande ; en Amérique du Nord, les États-Unis et le Canada ; en Asie-Pacifique, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Entre 1994 et 1996, trois pays du Tiers-Monde ont fait leur entrée : la Turquie, candidate à entrer également dans l’Union européenne ; le Mexique qui forme l’ALENA avec ses deux voisins du Nord ; la Corée du Sud. Depuis 1995, se sont ajoutés trois pays de l’ex-bloc soviétique : la République tchèque, la Pologne et la Hongrie. En 2000, la République slovaque est devenue le trentième membre.

Liste des pays membres de l’OCDE par ordre alphabétique : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie.
Site :
et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, l’aide à l’Afrique hors remises de dettes a baissé en 2006. D’autre part, les 60 milliards de dollars promis à terme, sans échéancier précis, afin de lutter contre le sida, la tuberculose et la malaria, ont pour partie déjà été annoncés au cours des derniers mois, il n’y a donc là pas grand-chose de nouveau. Dans le même temps, le secteur de la santé se détériore gravement en Afrique et le nombre de personnes qui y souffrent de la faim s’accroît. Souvenons-nous également que dès 1970, les pays riches s’étaient engagés à consacrer 0,70% de leur revenu national brut à l’aide au développement. Près de 40 ans plus tard, le chiffre exact pour les pays du G7 G7 Groupe réunissant les pays les plus puissants de la planète : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing. est de seulement 0,26%.

A propos du climat, le G8 s’est contenté de sauver la face, mais sans prendre le moins du monde la mesure de l’enjeu environnemental pour les décennies à venir. Reconnaître la nécessité de réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre est bien la moindre des choses, mais cela n’a aucune chance d’être crédible et efficace sans objectif chiffré commun aux huit pays. Pourtant, ce sont les pays du G8 qui en sont les principaux émetteurs et les populations des pays en développement en subissent de plus en plus durement les conséquences.

Ce sommet du G8 a aussi nettement marqué la reprise de la course aux armements, sous l’impulsion des Etats-Unis. Estimées à 1000 milliards de dollars en 1990 et 1200 milliards de dollars en 2006, les dépenses militaires mondiales devraient atteindre 1500 milliards de dollars en 2007. Les Etats-Unis y consacrent plus de 500 milliards de dollars à eux seuls. Pour le CADTM, la revendication du désarmement généralisé n’est pas négociable.

A propos de la reprise du cycle de Doha au sein de l’Organisation mondiale du commerce OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site :
(OMC), le G8 prend prétexte de sa nécessité pour les pays pauvres, alors que la logique de ces négociations, dans la droite ligne des politiques d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
imposées depuis les années 1980, est profondément néfaste pour les populations pauvres des pays en développement.

Quant aux autres sujets abordés, le G8 s’est contenté du strict minimum qui ne sera évidemment pas atteint, voire d’effets d’annonce qui ne trompent personne.

Pour le CADTM, huit chefs d’Etat, reclus dans un lieu surprotégé par d’imposantes forces armées qui ont bafoué sur ordre la liberté de circulation et de protestation pacifique, font mine de se réjouir d’avancées qui n’existent pas.

Le CADTM ne reconnaît aucune légitimité au G8, qui comme la Banque mondiale, le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
ou l’OMC, traverse une crise de légitimité absolument gravissime. Pour le CADTM, il faut construire au plus vite une alternative basée sur un fonds de développement des Nations unies relié à un réseau de Banques du Sud, dont la priorité absolue serait la garantie des droits humains fondamentaux.



Traduction(s)

Dans la même rubrique