Communiqué de presse

Le CADTM juge décevant le sommet des ministres des Finances du G8

11 février 2006 par CADTM


Les ministres des Finances des pays du G8 G8 Ce groupe correspond au G7 plus la Fédération de Russie qui, présente officieusement depuis 1995, y siège à part entière depuis juin 2002. viennent de se réunir à Moscou et, pour le CADTM, le bilan de cette réunion est très décevant. Aucune décision sérieuse sur la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
n’a été annoncée alors qu’elle demeure un instrument d’oppression des peuples du Sud particulièrement puissant.

Aujourd’hui, 2,8 milliards de personnes doivent survivre avec moins de 2 dollars par jour et il est désormais acquis que les modestes objectifs de développement du millénaire, fixés en 2000 pour l’horizon 2015, ne seront pas atteints. De nombreuses régions du monde ont même une situation humaine et sociale qui ne cesse de se détériorer.

Fragilisés au-delà de l’admissible par les mesures néolibérales imposées par les pays du G8 à travers le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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et la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
, privés de toute défense immunitaire permettant de prendre en compte l’intérêt des populations démunies, les pays en développement sont durement frappés par la dette, la pauvreté et la corruption. L’épidémie de grippe aviaire, qui vient de toucher le continent africain pour la première fois, risque d’y faire des ravages terribles, et les politiques d’ajustement structurel imposées par les grands argentiers y ont une grande part de responsabilité. Mais les dirigeants du G8 n’y accordent d’importance qu’en termes de croissance et de PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
, sourds et aveugles aux souffrances sur place, autistes quant à la déliquescence de systèmes de santé et d’urgence que leurs exigences ont provoquée.

La dette, omniprésente dans le quotidien des populations du Sud, est la grande absente de ce sommet. Le G8 s’est révélé incapable de prendre des mesures aptes à remédier à cette situation catastrophique. Pour le CADTM, l’annulation totale et inconditionnelle de la dette de tous les pays en développement et l’abandon des politiques imposées par le G8 sont les premières mesures à prendre pour apporter un début de solution.

Les maigres annonces de juin 2005 n’ont même pas encore été mises en application par toutes les parties prenantes. Dès lors, le CADTM veut poser avec insistance la question de la légitimité même de ce funeste directoire de l’économie mondiale qu’est le G8.

Le Comité pour l’annulation de la dette est « déçu » par le G8 Finances

PARIS, 11 fév 2006 (AFP) - Le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) a jugé samedi « décevant » le bilan de la réunion des ministres des Finances du G8 à Moscou, déplorant qu’aucune décision « sérieuse » sur la dette n’ait été annoncée.

« La dette, omniprésente dans le quotidien des populations du Sud, est la grande absente de ce sommet » et « le G8 s’est révélé incapable de prendre des mesures aptes à remédier à cette situation catastrophique », a déclaré le CADTM, dans un communiqué.

La réunion des ministres des Finances à Moscou a été dominée par les questions énergétiques.

Les ministres des Finances du G8 se sont aussi dits favorables, samedi, au remboursement anticipé d’une nouvelle tranche de la dette russe, mais sans soutenir la volonté de Moscou de le lier à des projets d’aide aux pays pauvres.

Le CADTM réclame l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure publique de tous les pays en développement et souhaite « l’abandon des politiques imposées par le G8 ».