Communiqué de presse

Le CADTM soutient la grève générale du peuple guinéen et dénonce la répression orchestrée par le pouvoir illégitime de Lansana Conté

12 février 2007


Ce lundi 12 février, la grève générale a repris en Guinée pour demander le départ du président Lansana Conté, mais la répression a encore durement frappé, avec au moins 11 morts à
Conakry, portant le total à près de 100 depuis le début de l’année.

Il semblerait que l’armée ne soit plus totalement fidèle à ce régime à bout de souffle et qu’une partie de ses unités d’élite soit en train de basculer contre le clan au pouvoir. La capitale
est paralysée par des barricades et les principaux axes sont coupés.

Pour le CADTM, le peuple guinéen est privé depuis très longtemps des richesses dont il est le vrai propriétaire (notamment la bauxite dont son sous-sol regorge), au profit de grandes
entreprises étrangères et d’un clan proche du pouvoir qui s’enrichit de manière illégale et illégitime. Alors que le pays a sombré dans la misère et la corruption, le peuple est en droit de
demander des comptes à tous ceux qui se sont enrichis sur son dos.

Alors que la Guinée est la première colonie française à avoir accédé à l’indépendance en Afrique subsaharienne, dès 1958 avec le non de Sékou Touré au général de Gaulle, la
souveraineté populaire a bien vite été confisquée au profit de quelques-uns. Pour le CADTM, cette souveraineté populaire n’est pas négociable et le recours à la grève générale est le
moyen choisi par le peuple guinéen pour la revendiquer haut et fort.

Alors que cette grève avait dans un premier temps fait plier Conté en le forçant à accepter l’existence d’un Premier ministre, les espoirs n’ont pas été comblés puisqu’il n’a pas choisi une
personnalité de consensus, mais Eugène Camara, un de ses proches, détournant ainsi une fois de plus la revendication populaire.

Actuellement, le régime a recours à des expédients musclés pour sauver la parcelle de pouvoir qui lui reste. Selon Human Rights Watch, Conté, gravement malade, aurait même recruté
d’anciens rebelles libériens pour lui prêter main forte. Il vient de décréter l’état de siège qui lui donne tous les pouvoirs, au mépris des règles démocratiques.

Pour le CADTM, Lansana Conté doit quitter le pouvoir dans les plus brefs délais.

Enfin, le CADTM réclame un gouvernement respectueux de la volonté du peuple
guinéen, en rupture avec les politiques d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
dictées par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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, la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et les dirigeants des pays les plus industrialisés.