Le CADTM soutient le musicien et animateur de radio Sams’K Le Jah et condamne fermement l’interdiction d’accès à la radio qui lui a été imposée

5 mai 2011 par CADTM , ATTAC/CADTM Burkina Faso


Le Comité pour l’Annulation de la Dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
du Tiers Monde soutient le musicien et animateur de radio Sams’K Le Jah et condamne fermement l’interdiction d’accès à la radio qui lui a été imposée.
Sams’K Le Jah, musicien, directeur des programmes et animateur à la radio Ouaga FM au Burkina Faso, s’est vu interdire l’accès à la radio.
Se revendiquant d’un reggae de révolte et de combat, il a plusieurs albums à son actif Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
dont un consacré à Thomas Sankara. Il y a deux ans il a monté le festival « Sankara Revival » à la date d’anniversaire de la naissance de Thomas Sankara et il a également organisé en 2007, avec d’autres artistes engagés, un grand concert pour la commémoration des 20 ans de l’assassinat du président révolutionnaire.
Le CADTM l’a rencontré à plusieurs reprises. En 2010, le comité a organisé un concert à Liège et Sams’K Le Jah a également répondu à une interview « Sur les traces de Thomas Sankara » [1]. En 2011, pendant la caravane des mouvements sociaux se rendant à Dakar, le chanteur s’est fait le porte-voix de l’hommage rendu à Thomas Sankara [2]

Sur les ondes de Ouaga FM, il animait une émission hebdomadaire de reggae durant laquelle il n’hésitait pas à dénoncer le régime de Blaise Compaoré tout en appelant la jeunesse à se mobiliser.
Cette émission, ses chansons et son militantisme l’ont rendu très populaire, au point que la jeunesse le considère aujourd’hui comme l’un de ses portes-paroles.

Plusieurs personnes ont essayé de le faire taire. Il a reçu en 2007 des menaces de mort, puis sa voiture a mystérieusement brulé devant les locaux de Ouaga FM. Les pressions sont également venues de la part de la direction de la radio puis du Conseil supérieur de la communication qui lui ont interdit dans un premier temps de parler de politique, avant de lui interdire également de passer de la musique sur Thomas Sankara.

Le mouvement de révolte né en février dernier au Burkina Faso est largement porté par la jeunesse, même si celui-ci dépasse les revendications estudiantines. En effet, nombreuses sont les voix qui se lèvent pour exiger la fin du règne Compaoré.
Dans ce contexte, Sams’K Le Jah est devenu, un de ceux qu’il faut faire taire. Il ose dire tout haut ce que la majorité de la population pense tout bas : « ce président là, il doit partir, il partira ». C’est ce morceau « Ce président là » [3] qui a mis le feu au poudre. Après deux semaines de suspension d’émission, Sams’K Le Jah

l’avait programmé dans sa playliste ... La réponse fut immédiate : une note de service a été placardée dans les bureaux de Ouaga FM dans laquelle le promoteur de la radio lui interdisait l’accès aux locaux et au matériel.
Ce n’est pas la première fois que le Burkina de Compaoré musèle les « indisciplinés » [4] ... il suffit de se rappeler Norbert Zongo qui reste un exemple dans le combat pour la liberté de la presse burkinabé.

-  Le CADTM dénonce et condamne avec indignation les « sanctions » dont est victime Sams’k le Jah qui démontrent une fois de plus la régression de la liberté d’expression dans un régime de plus en plus autoritaire.

- Le CADTM rappelle l’illégitimité du pouvoir de Blaise Compaoré. Arrivé au pouvoir par un coup d’État et l’assassinat de Thomas Sankara, Blaise Compaoré s’y maintient depuis 24 ans à coups de trucages des élections et de changements de la constitution [5]

-  Le CADTM soutient le peuple burkinabé en lutte pour imposer un changement radical de société au service des populations, projet largement porté par Thomas Sankara.

« Il n’y aura jamais de victoire sans lutte car jamais personne ne vous donnera rien gratuitement, surtout pas les fruits d’une lutte pour une vie » Norbert Zongo.

Contact presse : Pauline - 0032 488/ 29 81 04 – pauline chez cadtm.org
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