Le CADTM soutient le peuple burkinabè en marche « Blaise dégage ! »

Communiqué de presse

30 octobre 2014 par CADTM


Le mardi 28 octobre dans la matinée une immense manifestation a parcouru les rues de Ouagadougou pour exiger le départ de Blaise Compaoré après 27 ans de pouvoir contesté. La mobilisation a été principalement organisée pour s’opposer au projet de loi, qui doit être examiné jeudi 30 octobre par l’Assemblée nationale, et qui prévoit le renouvellement du quinquennat présidentiel permettant le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré. Bobo-Dioulasso a vu aussi la détermination historique de très nombreux manifestants.

La journée de mobilisation était suivie, mercredi 29 octobre par une grève générale et de nombreuses revendications sociales sont venues s’ajouter au slogan principal « Blaise dégage ».
Les marcheurs ont prévu de barrer les routes jeudi 30 octobre, jour du vote du projet de loi à l’Assemblée nationale.

Présenté sur la scène internationale comme un garant de la paix, Blaise Compaoré sème le chaos et affronte la révolte du peuple burkinabè qu’il a réprimé pendant son long règne illégitime.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État et l’assassinat de Thomas Sankara, Blaise Compaoré s’y est maintenu à coup de trucages des élections. Il a remporté les dernières élections de 2010 avec seulement 1,5 million de voix (soit 80% des suffrages exprimés) dans un pays qui compte 16 millions d’habitants, et entend depuis modifier la constitution pour pouvoir conserver son fauteuil indéfiniment.
Blaise Compaoré est l’élève modèle du FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
et de la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
 : celui qui paye ses dettes et qui applique les réformes économiques préconisées par les institutions, sans ce soucier de leurs impacts sur la population. En juillet 2014, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque africaine de développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds européen de développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique extérieure du Burkina Faso est de 2,55 milliards de dollars (1317 milliards de francs CFA) contre 2 milliards de dollars en 2009 et 832 millions de dollars en 1990. En plus de vingt ans de service, la politique de Blaise Compaoré a multiplié par trois la dette extérieure publique du pays. Dans le même temps, un véritable programme de démantèlement des services publics a débuté avec la signature en 1991 du premier plan d’ajustement structurel Plan d'ajustement structurel En réaction à la crise de la dette, les pays riches ont confié au FMI et à la Banque mondiale la mission d’imposer une discipline financière stricte aux pays surendettés. Les programmes d’ajustement structurel ont pour but premier, selon le discours officiel, de rétablir les équilibres financiers. Pour y parvenir, le FMI et la Banque mondiale imposent l’ouverture de l’économie afin d’y attirer les capitaux. Le but pour les États du Sud qui appliquent les PAS est d’exporter plus et de dépenser moins, via deux séries de mesures. Les mesures de choc sont des mesures à effet immédiat : suppression des subventions aux biens et services de première nécessité, réduction des budgets sociaux et de la masse salariale de la fonction publique, dévaluation de la monnaie, taux d’intérêt élevés. Les mesures structurelles sont des réformes à plus long terme de l’économie : spécialisation dans quelques produits d’exportation (au détriment des cultures vivrières), libéralisation de l’économie via l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes, ouverture des marchés par la suppression des barrières douanières, privatisation des entreprises publiques, TVA généralisée et fiscalité préservant les revenus du capital. Les conséquences sont dramatiques pour les populations et les pays ayant appliqué ces programmes à la lettre connaissent à la fois des résultats économiques décevants et une misère galopante. ...

Aujourd’hui la mobilisation des Burkinabè contre Blaise Compaoré est historique. Le peuple veut qu’il dégage !

Le CADTM soutient le peuple Burkinabè qui s’oppose à la révision constitutionnelle qui doit permettre à Blaise Compaore de se représenter.

Le CADTM soutient les manifestant-e-s et les mouvements sociaux qui se battent depuis des années pour un Burkina libre et démocratique.




Autres articles en français de CADTM (281)