Le FSM de Belem ou l’adieu à Porto Alegre

5 mars 2009 par Denise Mendez


LE FSM de BELEM ou L‘ADIEU à PORTO ALEGRE.

Du fait de son gigantisme le FSM de Belem échappe au regard d’une seule personne, ce qui limite la portée de toute vision trop rapide de cet événement.
Cependant, on ne peut pas sérieusement prendre pour une victoire de l’altermondialisme la présence de 150.000 personnes à Belem. Ce n’est pas seulement à cause de son gigantisme que le FSM de Belem avait des aspects de grande foire et pas uniquement une foire aux idées, comme l’indiquait le grand panneau publicitaire de l’avenue Almirante Barroso au quartier du Castanhal « El Comercio en busca de un mundo melhor : Foro social mundial ».

Les chiffres : plus de 100.000 inscrits ; 1900 Amérindiens, 1400 quilombolas (descendants d’Africains), 4500 journalistes, 4000 organisations (491 européennes, 489 africaines, 334 asiatiques, 155 nord américaines et le reste sud américaines et essentiellement brésiliennes :témoignent-ils d’un engagement massif et conscient contre le néolibéralisme ?

Le décryptage du programme tel qu’il a été publié avec ses 2300 activités suscite un certain étonnement s l’on se souvient de la cohérence de la programmation des FSM de Porto Alegre et si on veut bien retenir les articles majeurs de la charte de Principes élaborée à Porto Alegre ; par exemple l’article 1 qui stipule « le FSM réunit les entités et mouvements qui s’opposent au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital ».
L’article 4 « les alternatives proposées par le FSM s’opposent au processus de globalisation Globalisation (voir aussi Mondialisation) (extrait de Chesnais, 1997a)

Origine et sens de ce terme anglo-saxon. En anglais, le mot « global » se réfère aussi bien à des phénomènes intéressant la (ou les) société(s) humaine(s) au niveau du globe comme tel (c’est le cas de l’expression global warming désignant l’effet de serre) qu’à des processus dont le propre est d’être « global » uniquement dans la perspective stratégique d’un « agent économique » ou d’un « acteur social » précis. En l’occurrence, le terme « globalisation » est né dans les Business Schools américaines et a revêtu le second sens. Il se réfère aux paramètres pertinents de l’action stratégique du très grand groupe industriel. Il en va de même dans la sphère financière. A la capacité stratégique du grand groupe d’adopter une approche et conduite « globales » portant sur les marchés à demande solvable, ses sources d’approvisionnement, les stratégies des principaux rivaux oligopolistiques, font pièce ici les opérations effectuées par les investisseurs financiers, ainsi que la composition de leurs portefeuilles. C’est en raison du sens que le terme global a pour le grand groupe industriel ou le grand investisseur financier que le terme « mondialisation du capital » plutôt que « mondialisation de l’économie » m’a toujours paru - indépendamment de la filiation théorique française de l’internationalisation dont je reconnais toujours l’héritage - la traduction la plus fidèle du terme anglo-saxon. C’est l’équivalence la plus proche de l’expression « globalisation » dans la seule acceptation tant soit peu scientifique que ce terme peut avoir.
Dans un débat public, le patron d’un des plus grands groupes européens a expliqué en substance que la « globalisation » représentait « la liberté pour son groupe de s’implanter où il le veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales »
capitaliste commandé par les grandes corporations multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de ses intérêts ».
L’article 12 « Le FSM diffuser les résultats des réflexions sur les mécanismes de domination du capital, sur les moyens et actions Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
de résistance et de dépassement de cette domination... »
Or, bon nombre des activités enregistrées –souvent des revendications fondées sur la promotion des victimes– peuvent s’accommoder du système néolibéral qui fait une large place à l’expression des subjectivités les plus diverses dès lors qu’elles ne s’opposent pas à la loi du profit et qu’elles occultent les contradictions de classes.

A Belem, les activités qui traduisent les luttes véritables contre le néolibéralisme ont été noyées dans la masse d’activités s’inscrivant dans le flou de certains articles, tel l’article 8 sur « espace pluriel et diversifié » ou l’article 11 qui fait du FSM un « espace ouvert à tous ». A Belem le pluralisme et la diversification ont été appliqués généreusement de manière à intégrer les prosélytes de toutes les religions ou sectes, les adeptes de drogues diverses, les partisans de sexualités multiples, les végétariens, les handicapés, les enfants, les protecteurs des animaux, etc.

UN PROGRAMME HÉTÉROCLITE

La programmation du FSM de Belem est la plus hétéroclite qui soit ; et la plus égalitaire : tous les événements : conférences, séminaires, show musical, défilé etc. étant qualifiées d’un même titre « activité ». Alors qu’à Porto Alegre le FSM répondait à un choix de thèmes et une hiérarchisation de priorités les organisateurs de Belem ont abandonné le FSM à une atomisation des sujets ; ceux qui traitaient des phénomènes politiques les plus graves comme ceux qui se limitaient à défendre des intérêts subjectifs. Ce refus de prioriser les thèmes se reflétait dans l’attribution des locaux. La plupart des organisations internationales se consacrant à des thèmes majeurs de l’altermondialisme se sont vu attribuer une salle de 40 ou 50 places, alors qu’elles se préparaient à réunir des centaines de participants.

Dans ce programme, qu’on peut lire comme une énumération à la Prévert, on est frappé par la liste des cultes religieux. Je ne parle pas ici des organisations liées à la Théologie de la libération telle que la Commission Pastorale de la Terre qui soutient les luttes des paysans sans terre, ou l’organisation Justicia y Paz qui est solidaire des victimes des paramilitaires, ni les autres organisations religieuses internationales dont les objectifs éthiques coïncident avec ceux de la Charte de Principes.

Quelques exemples parmi la série d’activités de l’UFPA ou l’UFRA : « Association de sciences intuitives Ananda Marga, chansons d’amour cosmique, danses et méditations » ; « 
Mana Mani ; communication créative avec danses circulaires et traditions d’Amazonie, par Dea Melo » ; « Biodanse et vision écologique de l’être, Leticia Pacheco ». Mais le culte qui a retenu l’attention car il se déroulait chaque jour à la chapelle de l’UFPA est le culte de Santo Daime dont la grande pretresse est Maria Bethania de Albuquerque. L’activité programmée au FSM s’intitulait « la Ayahuasca ; conscience d’Homo sapiens ». ce culte exige de boire une tasse de ayahuasca ( extrait de la plante hallucinogène utilisée sous le nom de yagé par certains Amérindiens pour modifier l’état de conscience). Le premier jour a été distribué 100 litres de tisane de ayahuasca pour mettre les participants en condition de réceptivité (à remarquer qu’il n’ y avait aucun Amérindien parmi les participants ; il était recommandé de s’abstenir aux femmes enceintes et aux personnes ayant un traitement médical).

Dans la série des 2300 « activités » du FSM on en trouve « pour tous les goûts » comme écrit le journal « O Liberal ». Ainsi le thème de la libéralisation des drogues a été présent durant les 5 jours ; il a donné lieu à une bruyante marche de plusieurs milliers de personnes, le samedi 31 janvier le long des kilomètres de voies de l’UFRA. » la marche da maconha ». Autour des campements de jeunes il régnait une ambiance de vacances ; jeunes filles en bikini, volutes de marijuana, filles à moitié nues faisant graver sur leur corps des peintures amérindiennes. Quelques Amérindiens, vêtus tantôt de blue jeans tantôt de pagne en raphia, essayaient de gagner quelque argent en peignant la peau des « Blancs ou en posant auprès d’eux pour une photo contre paiement de 10 rials.

LES ÉVÉNEMENTS SÉRIEUX

Au milieu de cette foire bruyante, colorée, pittoresque, un certain nombre de débats sérieux ont eu lieu, principalement dans les tentes réservées aux grandes organisations brésiliennes. Les grandes personnalités de l‘altermondialisme étaient à Belem de même que les organisations internationales engagées dans les luttes contre le néolibéralisme et la proposition d’alternatives à : la crise systémique, la crise climatique, le système de libre échange, le rôle des transnationales, la politique commerciale de l’Union européenne en Amérique Latine, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
publique etc.
Reste à savoir combien de ces organisations ont pu en pratique réaliser les échanges qu’elles
avaient prévus afin de parvenir à des convergences avec d’autres organisations. Ce qui est la raison d’être du FSM. Les obstacles à vaincre étaient nombreux : incohérence de la programmation, dispersion des activités à travers les dizaines d’hectares de l’université rurale,qui peut se vanter de les avoir franchi.

Outre les minuscules salles de l’UFPA, Il y avait aussi les grandes tentes, en majorité sur le site de l’UFRA réservées principalement aux organisations brésiliennes : Tente des Peuples Indigènes, Tente Afro négritude- quilombola, Tente des Peuples de la forêt, Tente Coalition eucuménique, Tente pan amazonienne, Tente Cuba 50 ans, Tente Irmao Dorothy. Ces tentes auraient pu être le siège de l’activité majeure du Forum pan amazonien, qui était la marque originale de ce FSM, mais du fait du chevauchement des activités, des distances et du manque d’information, il s’est produit une sorte de dilution comme une absorption par la forêt voisine.
Quelques Tentes, cependant, ont tenu leur promesse c’est la cas de la Tente Dorothy Stang, du nom de la religieuse nord américaine assassinée en 2005 sur ordre de latifundistes car elle collaborait avec les paysans sans terre.
Beaucoup de personnalités importantes de l’altermondialisme se trouvaient à Belem, mais elles passaient inaperçues ; c’est le cas de David Harvey, le grand géographe nord américain invité par « Action Aid », dont l’intervention a été ignorée par les 100 000 participants et en particulier les Amazoniens qui avaient tout lieu de tirer parti de sa réflexion.

LA VERSION OPTIMISTE : les Déclarations finales ?

Les optimistes s’appuient sur les Déclarations adoptées par les Assemblées finales auxquelles ils attribuent une grande portée. Pourtant, il y a lieu de s’interroger sur la teneur des déclarations mais surtout sur la manière dont elles ont été adoptées.
L’assemblée des assemblées qui a eu lieu le dimanche 1er février et avait été annoncée comme
la grande convergence mondiale des organisations participantes au FSM, a été bien modeste On avait prévu 22 assemblées, seules une poignée d’entre elles ont eu lieu, pâle reflet des 100 000 participants.
On peut relever la nouveauté des conclusions du débat sur la Justice Climatique qui ont abouti à dénoncer la responsabilité du marché et du modèle de développement dominant et à renforcer l’engagement solidaire du Nord et du Sud, pour dénoncer les fausses solutions actuellement proposées.
La Déclaration de l’Assemblée sur l’Eau et l’appel à récupérer les Biens communs introduisent ces thèmes majeurs dans l’agenda mondial.
La Déclaration des Peuples Indigènes introduit une nouvelle dimension dans le FSM.
Elle se présente comme revendication pour la récupération des territoires ancestraux des peuples originaires et la promotion de leur civilisation et organisation politique, en opposition à la « civilisation occidentale capitaliste ».
La Déclaration des Peuples Noirs du Brésil reprend les revendications énoncées au sein des quilombolas ; les quilombo ayant été les refuges les esclaves en fuite ; le plus célèbre le quilombo do Palmares a été au 17e siècle durant 40 ans un refuge d’Africains libres avant d’être détruit par l’armée hollandaise. Aujourd’hui les peuples Noirs du Brésil revendiquent la propriété collective des terres des divers quilombo constitués dans l’histoire du pays. Ils revendiquent également la reconnaissance des particularismes culturels hérités de leur déportation d’Afrique.

Il faut retenir de la déclaration des peuples amazoniens : » la crise de la civilisation occidentale capitaliste nous oblige à reconstruire, réinventer de nouvelles options pour assurer la cohabitation entre la nature la société l’Etat. Nous proposons et nous pratiquons l’unité entre la Terre mère, la société et la culture ; l’eau comme droit humain fondamental non marchandisable, la décolonisation du pouvoir, l’Etat plurinational.. »

Il faut remarquer que le contenu de ces déclarations se trouvait déjà à l’issue des 3 forums des Peuples Indigènes des Amériques qui ont eu lieu depuis 2001 sous l’égide en particulier des grandes organisations de l’Equateur, la CONAIE ( confédéracion de los pueblos indigenas de Ecuador) et la COICA ( Coalicion indigena de la cuenca amazonica). Désormais se sont jointes à elles les confédérations indigènes du Pérou de Bolivie de Paraguay, de Colombie d’Amérique centrale. Le mouvement Amérindien est constitué d’un réseau d’organisations de l’altiplano qui rencontrent celles du bassin amazonien incluant l’Orinoco au Nord et le Parana au Sud ouest.

Il est encore impossible de mesurer l’impact politique du rassemblement à Belem des représentants d’une cinquantaine de petits peuples venus du Para et même du haut Solimoes(nom de l’Amazone dans son cours supérieur).
La question se pose donc de savoir dans quelle mesure le gigantisme du FSM et son hétérogénéité sont susceptibles produire de la connaissance réciproque et de faire surgir des convergences d’alternatives au capitalisme.

Pour y répondre je suggère un détour par une hypothèse sur le rôle de Lula et la gouverneur Ana Julia Carepa dans le FSM de Belem.

QUELQUES HYPOTHÈSES

Le FSM de Belem répond à la vision de Chico Whitaker, Candido Grzybowski et Oded Grajev d’un espace de rencontres internationales pour échanger des idées et des expériences
sociales, devenant un processus dont le terme serait inconnu puisque ce forum exclue toute option politique. La vision des trois membres très actifs Actif
Actifs
En général, le terme « actif » fait référence à un bien qui possède une valeur réalisable, ou qui peut générer des revenus. Dans le cas contraire, on parle de « passif », c’est-à-dire la partie du bilan composé des ressources dont dispose une entreprise (les capitaux propres apportés par les associés, les provisions pour risques et charges ainsi que les dettes).
du Conseil International du FSM s’accorde parfaitement avec celle du président Lula da Silva engagé dans la construction, d’un capitalisme brésilien puissant mais assorti de quelques mesures redistributrices comme la bolsa familia.
Il semble que le choix de Belem et du thème amazonien soit dicté par un impératif : face aux pressions exercées ces dernières années par les grands pays du Nord en vue de donner à l’Amazonie une sorte de statut de bien commun de l’humanité, le gouvernement brésilien entend rappeler que pour l’essentiel, l’Amazonie fait partie du territoire brésilien. Quelle meilleure occasion que le Forum social mondial pour présenter au monde ces gens de la forêt qui sont des brésiliens (et aussi, équatoriens, colombiens, péruviens, boliviens, vénézuéliens, guyanais) et montrer que le gouvernement entend respecter leur territoire et leur mode de vie ancestral.

Le président brésilien a ainsi expliqué dans une interview au journal O Liberal, les projets par lesquels il entend assurer la protection de l’Amazonie tout en exploitant ses richesses, en particulier les bois précieux. Il s’agit de planifier la gestion soutenable de certaines zones par certaines entreprises qui recevront une licence et de contrôler l’exportation des bois précieux en s’assurant qu’ils proviennent bien de la zone autorisée. Pour favoriser le développement de l’Amazonie, Il entend créer des zones franches à Belem comme à Manaus En somme, il s’agit d’ développement « soutenable » qui s’inscrit dans les lois du marché.

Lorsqu’on a visité Belem durant les jours précédant le FSM on mesure le paradoxe entre d’une part ; l’état de dégradation des infrastructures de la ville ; ensablement du port, égouts à ciel ouvert, saleté des rues, ruine du patrimoine historique, chaos des transports, mendiants et malades mentaux errant dans le parc de la place de la République et, d’autre part, le spot télévisé quotidien présenté par la gouverneur Ana Julia Carepa, assurant que le monde entier avait le regard tourné vers Belem et promettant que le FSM serait la manne pour ses habitants.

Il est vrai qu’à 24 heures de l’ouverture, on a vu brusquement des bataillons d’éboueur s’activer dans les quartiers menant aux deux universités sièges du FSM et prenant un soin particulier au nettoiement de l’avenue Nazaré et Melchar aux abords des grands hôtels. L’impréparation de la ville était frappante et l’impréparation des organisateurs locaux encore davantage. La coordinatrice générale Aldalice Oterlo, adjointe de la gouverneur, est restée sourde aux au milieu des critiques sur la désorganisation totale. Il est vrai que la seule lecture du programme, dont elle avait la responsabilité indiquait une méconnaissance des thèmes politiques du forum. Elle semblait avoir pour seul souci d’accueillir toutes les propositions et surtout celles qui émanaient du Para afin de contenter les électeurs éventuels de Ana Julia Carepa (ce qui explique pourquoi il a été impossible de communiquer avec les facilitateurs du FSM travaillant sous la responsabilité de cette dame. cf. Le compte rendu du séminaire sur la Politique commerciale de l’UE en Amérique Latine et les avatars de sa programmation jusqu’au dernier moment).

Quant au président Lula da Silva, qui pour la première année a renoncé à se rendre au Forum de Davos il semblait avoir, parmi ses objectifs, la promotion de la candidate à sa succession Dilma Roussef actuelle ministre de la maison présidentielle. Ce forum auquel il avait convié
une foule de ministres et de gouverneurs, devait être celui du grand consensus autour de sa personne. Mais cette célébration a été quelque peu troublée par le MST. En effet, le mouvement des sans terres qui avait convié les 4 présidents progressistes Evo Morales, Hugo Chavez, Fernando Lugo et Rafael Correa à dialoguer avec les représentants du mouvement social participant au FSM, avait exclu la participation de Lula à cette rencontre. Il s’agissait de faire savoir que le président Lula n’avait pas rempli ses engagements envers les paysans sans terre.

L’enthousiasme manifesté par les participants à l’égard des quatre présidents et la nature de leur dialogue avec eux portant sur quelques options politiques concrètes : ALBA, UNASUR, Banco del Sur, Traités de commerce des peuples, incitait à se poser des questions sur la diversité et la dispersion des activités du FSM qui se déroulait au même moment.

Comment ne pas s’interroger sur la pertinence d’un FSM comme celui de Belem ? Est il autre chose qu’un baume sur les plaies sociales ?

En observant les files interminables de jeunes gens des quartiers pauvres de Belem, ou duPara et même du haut Amazone, qui attendaient depuis l’aube, sous le soleil et sous la pluie, le long de la voie « périmetral » pour s’inscrire au Forum, on mesurait qu’ils voyaient dans cet événement l’espérance de changer leur vie. Il est vrai que Belem c’est Bethléem.