Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia : Quelques premières leçons

3 avril par Gustave Massiah


Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia s’est déroulé du 13 au 17 mars 2018. Le mot d’ordre retenu était « Résister c’est créer, résister c’est transformer ». Ce forum avait trois dimensions : un forum bahianais qui a été une grande réussite, un forum brésilien déterminé par la situation au Brésil et en Amérique latine, un forum international axé sur la situation mondiale et l’avenir des forums.

Le Forum a été très suivi. Entre la marche et les activités, il y a eu suivant les estimations entre 50000 et 80000 participants. Ils venaient massivement de Bahia et du Brésil. Comme c’est le cas dans tous les forums, la plupart des participants viennent du pays et de la région. Il y a eu des participants de 120 pays. Surtout d’Amérique Latine, avec quelques autres fortes délégations (Allemagne, Espagne, France, Maroc, Québec, Suisse). Plusieurs mouvements africains étaient représentés. Il y avait des mouvements asiatiques en petit nombre (Inde, Chine, Népal, Japon, Indonésie, …). Il y a eu près de 2000 activités, référencées autour de 19 axes thématiques.

Nous aborderons dans la suite : le forum bahianais, la situation au Brésil et en Amérique Latine, le forum international, la situation mondiale, les interrogations des mouvements, l’avenir des forums.

Dans le cadre de la délégation coordonnée par le CRID, PartagerCsympa a réalisé cinq excellentes vidéos de 5 minutes qui donnent à voir et à entendre le Forum.
- Episode 1 : Un autre monde est possible ?
https://www.youtube.com/watch?v=I38h8PAgov4
- Episode 2 : Rendre l’argent
https://www.youtube.com/watch?v=x4fiIJveDHE
- Episode 3 : Amplifier la révolte
https://www.youtube.com/watch?v=ATik7poHEXc
- Episode 4 : La révolution sera féministe
https://www.youtube.com/watch?v=cRHOQRdC1bU&feature=youtu.be
- Episode 5 : L’Heure du bilan du FSM
https://www.youtube.com/watch?v=i7r7s4N1BxU


Le Forum social mondial de Bahia

Le FSM de Bahia s’est déroulé dans une ambiance électrique. Joyeuse et enthousiaste au départ, tragique après l’assassinat de Marielle Franco. Le Forum a été porté par l’enthousiasme des mouvements bahianais dont on peut mesurer l’énergie très bien saisie dans la première vidéo de PartagerCsympa.

Trois grands mouvements ont porté le Forum : le mouvement des femmes ; le mouvement afro-brésilien ; le mouvement des peuples traditionnels. Le mouvement des femmes a pris en Amérique latine une énorme importance avec des manifestations monstres, pour le 8 mars, dans de nombreux pays et notamment en Argentine. L’Assemblée des Femmes, activité exclusive du 16 mars au matin a été un moment considérable (voir la vidéo de l’épisode 4, la révolution sera féministe). Le mouvement afro-brésilien a été très structurant. Il porte une revendication plus générale, celle du refus des discriminations et des racismes. Le mouvement des peuples traditionnels était très présent, portant la convergence entre les peuples autochtones et les peuples afro-brésiliens. Il y a eu aussi une très forte présence des mouvements de jeunesse et des mouvements étudiants pour la gratuité de l’Université.

L’assassinat de Marielle Franco a démontré la liaison dramatique entre les mouvements des femmes et les mouvements afro-brésiliens. Marielle, élue à Rio, militante du mouvement afro-brésilien, du mouvement des femmes et du mouvement lesbien animait une commission contre les violences policières dans les favelas à Rio. Cette favelara refusait que des policiers assassinent en toute impunité des Noirs et des enfants des favelas, pratiquement toujours des enfants noirs. Son assassinat pourrait marquer un tournant dans les affrontements sociaux et politiques au Brésil. Les manifestations de protestation à Rio, Sao Paulo, Salvador et dans tout le Brésil ont souligné l’importance de ce tournant.


La situation brésilienne et en Amérique latine

Les mouvements sociaux brésiliens étaient très présents au FSM. Notamment les syndicats brésiliens, le mouvement des sans toit, et une partie du MST. Sans oublier comme nous l’avons dit les mouvements des femmes, des jeunes, des afro-brésiliens et des peuples traditionnels.

Si l’accord était unanime contre Temer et l’offensive de la droite brésilienne ; la discussion était ouverte sur les élections qui auront lieu dans quelques mois. La candidature de Lula était acceptée par tout le monde mais le débat était ouvert sur l’appréciation de la politique et des propositions du PT. Lula a fait un meeting dans un stade avec une présence de beaucoup de participants du forum. La mobilisation a été réelle et les tensions ont été visibles entre le PT, le PCDoB et le PSOL.

La situation au Brésil a été liée à la situation en Amérique Latine ; à la montée des droites et au désarroi des mouvements de gauche. L’intervention des Etats-Unis est certes active, mais elle ne suffit pas à tout expliquer. Les gouvernements progressistes ont été pris en tenaille par l’offensive les droites, les conséquences de leurs alliances avec les secteurs financiers, la baisse des recettes des exportations des matières premières, la radicalisation des classes moyennes.


La dimension internationale

La dimension internationale du Forum était réelle à travers les représentants de très nombreux mouvements et la multiplicité des activités.

De nombreux forums thématiques ont tenu des rencontres pendant le forum. Les réunions et les débats ont montré que les réseaux internationaux étaient vivants. La discussion a été difficile du fait des moyens limités notamment pour les traductions.

Le Forum Social Mondial reste le principal espace de rencontre des mouvements et de débat sur la situation internationale. Même si, depuis quelques années, il n’est plus le lieu central de la contestation du néolibéralisme et doit faire face à une nouvelle période de la mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
.


La discussion sur la situation mondiale

La discussion a porté par de très nombreux canaux sur la situation mondiale. Il est encore trop tôt pour en suivre toutes les approches ; elles se dégageront dans le temps à travers les différents réseaux internationaux qui en retiendront des éléments et les répercuteront.

Il y a un accord assez général sur la caractérisation de la période comme celle d’une contre-révolution, et même celle de plusieurs contre-révolutions. Cette contre-révolution met en avant des idéologies racistes, xénophobes, sécuritaires. Elle désigne comme boucs émissaires dans tous les pays du monde les étrangers et les migrants. Elle s’appuie sur les conservatismes islamistes, hindouistes, évangélistes.

Certaines activités ont travaillé sur le moment actuel du néolibéralisme, à partir de la séquence ouverte par l’élection de Trump. L’évolution du néolibéralisme mêle austérité et autoritarisme, une catégorie politique « austéritaire ». Plusieurs questions ont été soulevées : quelle évolution du libre-échange et des nouvelles contradictions du capitalisme ? Quelles nouvelles contradictions géopolitiques avec les guerres en cours et les risques accrus de guerre ?

Plusieurs activités, sur l’Amérique Latine notamment, ont abordé la question des limites et des contradictions des mouvements qui se réclamaient de la gauche et des gouvernements qui en sont issus. Si les politiques contre la pauvreté et les inégalités ont été reconnues, il faut en mesurer les limites, notamment sur la question des discriminations. Et mesurer aussi les limites et les dangers des alliances qui passent par l’acceptation de la direction par les oukases des entreprises multinationales et des institutions financières internationales. Les politiques productivistes, extractivistes et les économies rentières d’exportation de matières premières ont montré leurs nocivités et leurs limites.


La situation des mouvements

Le Forum social mondial reste le principal espace de rencontre des mouvements qui se reconnaissent dans l’altermondialisme. Il n’est plus le lieu central de l’alternative à la mondialisation capitaliste dans sa phase néolibérale mais il y participe. Les mouvements se sont diversifiés et se retrouvent dans des espaces différenciés. De nouveaux mouvements ont émergé, d’une part, et de nombreux mouvements se sont repliés sur des espaces nationaux, d’autre part.

Les mouvements sont confrontés à la nouvelle situation. Comment lutter dans une situation de contre-révolution en faisant face à des offensives extrêmement violentes des classes dominantes et des entreprises et institutions multinationales et à une stratégie de précarisation généralisée ? Comment aussi résister aux idéologies racistes, xénophobes et sécuritaires qui portent les vagues conservatrices ? Les résistances existent et les contradictions n’ont pas diminué. Le Forum permet de les percevoir et de voir émerger de nouvelles formes de luttes et de nouveaux fronts de résistance.

Le Forum est un espace dans lequel les mouvements discutent des questions qu’ils se posent. Les débats dans les mouvements portent sur la nécessaire définition d’une stratégie. Comment articuler la réponse à l’urgence et les résistances, avec la définition d’un projet et les alternatives. Dans les mouvements un fort débat porte sur la manière d’agir et sur les formes d’action Action
Actions
Valeur mobilière émise par une société par actions. Ce titre représente une fraction du capital social. Il donne au titulaire (l’actionnaire) le droit notamment de recevoir une part des bénéfices distribués (le dividende) et de participer aux assemblées générales.
et d’organisation. Les interrogations sont vives sur les formes Etat, les formes partis et les formes mouvements.

Le Forum social mondial est confronté aux interrogations de certains mouvements qui voudraient s’engager dans une politique plus offensive. De nombreux débats sont engagés, notamment sur les priorités à donner aux interventions des mouvements dans chaque pays, aux échelles nationales. Et aussi, le débat sur l’« ongéisation » des mouvements et des espaces internationaux. Il faut aussi noter les tentatives de nouveaux espaces internationaux de mouvements, comme celui qui a été engagé par le MST et La Via Campesina, qui, tout en étant présents dans les forums ont pris une certaine distance.

Une tentative a été menée avec la proposition d’une Assemblée des peuples, mouvements et territoires en résistance en partant des formes nouvelles de luttes. Il y en a de très nombreuses : luttes des femmes, luttes sur l’urgence climatique, luttes sociales, luttes des peuples autochtones, luttes de la jeunesse au Maghreb et partout dans le monde, luttes des pipelines du Dakota, luttes contre l’extractivisme Extractivisme Modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources naturelles, humaines et financières, guidé par la croyance en une nécessaire croissance économique. , luttes culturelles. Cette assemblée n’a pas encore trouvé la manière de rendre visible l’articulation entre la spécificité et la convergence de ces luttes et de ces mouvements. L’Agora des initiatives a permis de rendre visibles de très nombreuses actions proposées à partir du forum social mondial par des réseaux internationaux.


L’avenir des forums

Les forums ne résument pas le mouvement altermondialiste. Ils n’en restent pas moins une forme importante. Le mouvement altermondialiste est né de la contestation de la mondialisation néolibérale à la fin des années 1970. Sa première phase a été marquée par les luttes contre la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
et les programmes d’ajustement structurel Ajustement structurel Les Plans d’ajustement structurel ont été imposés par les IFI en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts, projets financés par la Banque mondiale, conditionnalités du FMI, etc.
Les Plans d’austérité, appliqués depuis aux pays endettés du Nord, sont des copiés/collés des Plans d’ajustement structurel subits par les pays du Sud depuis 30 ans.
. Sa deuxième phase, après la chute du mur de Berlin, a été marquée par le refus d’un système institutionnel mondial qui subordonne le droit international au droit des affaires à travers l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site :
, la Banque Mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
et le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

Cliquez pour plus.
. La troisième phase, après Seattle, a été celle des forums sociaux mondiaux qui a culminé avec le forum de Belém en 2009. Nous entrons dans une nouvelle phase dont il faut inventer les formes.

Dans cette nouvelle phase, les FSM vont se poursuivre et restent très utiles. Régulièrement certains viennent dire que les FSM ne sont plus centraux et qu’il vaut mieux les arrêter pour que quelque chose d’autre puisse naître. Et pourtant, les FSM ne veulent pas mourir et tout aussi régulièrement, d’autres viennent s’en saisir et veulent les renouveler. Les FSM sont pour l’instant nécessaires, même s’ils sont très insuffisants. Ils ont une spécificité, c’est pour l’instant le seul espace où les mouvements confrontent leur stratégie à l’échelle internationale et s’interrogent sur la dimension internationale de leur stratégie.
https://intercoll.net/VERS-UN-NOUVEAU-CYCLE-DE-L-ALTERMONDIALISME

Le Conseil International s’est réuni après le Forum. Il a félicité les organisateurs brésiliens pour la réussite de ce Forum. Il a décidé de mettre en œuvre la décision antérieure d’élargir le Conseil aux organisateurs des forums thématiques et régionaux. Il a aussi décidé de se réunir en novembre, à Mexico, à l’occasion du Forum Social Mondial des Migrations, ou au Maghreb.

Des propositions d‘évolution du Forum Social Mondial ont été proposées. Elles convergent vers la nécessité de donner la priorité au processus du forum social mondial par rapport au centrage sur un événement unique tous les deux ou trois ans. Il s’agit de définir, de diversifier, de renforcer et de rendre visible ce processus des forums sociaux mondiaux.

De nombreux évènements, tous mondiaux, sont déjà lancés. Citons : le Forum Social mondial contre l’extractivisme en Afrique du Sud, en août 2018 ; le Forum Social Mondial des Migrations, à Mexico en novembre 2018, avec cinq caravanes continentales pour le préparer, dont la caravane des pays côtiers en Afrique de l’Ouest ; les actions contre le G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). , à Buenos Aires en décembre 2018 ; le FSM sur les économies alternatives à Barcelone, en avril 2019 ; le Forum sur la Santé et la Sécurité sociale, à Bogota, en juin 2019 ; le Forum social Panamazonien, en Colombie en octobre 2019 ; la marche mondiale Jai Jagat, de septembre 2019 à septembre 2020, qui partira de New Delhi, traversera 17 pays, pour soumettre un mémorandum à Genève aux Nations Unies ; le Forum Mondial pour la Paix à Genève, à l’arrivée de Jai Jagat en septembre 2020.

Il a été proposé d’organiser un événement chaque année, en réponse au Forum Economique Mondial de Davos. Le prochain serait organisé à Genève en mars 2019.
Le renforcement du secrétariat international, au Maghreb, est une condition nécessaire et indispensable, pour faciliter et rendre visible les évènements du processus du forum social mondial.



Source : Intercoll

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