Déclaration face à la réunion du G20 en Corée du Sud

Le G20 sans consensus face à la crise. C’est le moment de reprendre un débat démocratique et inclusif de la crise

12 novembre 2010 par Latindadd


Plus de deux ans se sont écoulés depuis que l’incapacité du système néolibéral à assurer le bien-être de la population mondiale a été mis à nu. La crise issue de ce modèle est d’une telle envergure qu’elle nécessite le concours de tous les pays du monde. Or le G7 G7 Groupe réunissant les pays les plus puissants de la planète : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon. Leurs chefs d’État se réunissent chaque année généralement fin juin, début juillet. Le G7 s’est réuni la première fois en 1975 à l’initiative du président français, Valéry Giscard d’Estaing. a tenté de légitimer un nouvel espace en tant qu’issue politique pour controler les dommages crées par la crise, le G20 G20 G20 : Le Groupe des vingt (G20) est un groupe composé de dix-neuf pays et de l’Union européenne dont les ministres, les chefs de banques centrales et les chefs d’État se réunissent régulièrement. Il a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi compte tenu du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Sont membres : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, l’Union européenne (représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne). , qui inclut quelques économies émergentes et s’est autoproclamé comme forum qui solucionnerait la chute de l’économie mondiale. Le G20 entend maintenant se consolider en tant qu’espace de régulation de l’ordre économique mondial, capable d’aboutir à des accords contraignants en termes de collaboration fiscale et de régulation financière. Il n’y est cependant pas parvenu et la réalité atteste que ce groupe ne cherche pas l’intérêt commun : la guerre des devises et les divergences entre l’application de mesures pro-cycliques ou contre-cycliques minent cet espace, mettant en évidence la prétention des pays membres du G7 à continuer à controler le G20 au profit de leurs lobbistes nationaux. On ne s’est pas dûment attaqué à l’émission des dérivés Dérivés
Dérivé
Dérivé de crédit : Produit financier dont le sous-jacent est une créance* ou un titre représentatif d’une créance (obligation). Le but du dérivé de crédit est de transférer les risques relatifs au crédit, sans transférer l’actif lui-même, dans un but de couverture. Une des formes les plus courantes de dérivé de crédit est le Credit Default Swap.
financiers par la banque privée, une des causes de la crise. Pis, la dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
contractée par plusieurs pays développés afin de sauver la banque privée est maintenant payée par les travailleurs et les retraités, affectés par les réformes néolibérales. Le modèle économique global qui consiste à réduire la part des salaires et des impôts dans le PIB PIB
Produit intérieur brut
Le PIB traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Le Produit intérieur brut est un agrégat économique qui mesure la production totale sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées. Cette mesure est notoirement incomplète ; elle ne tient pas compte, par exemple, de toutes les activités qui ne font pas l’objet d’un échange marchand. On appelle croissance économique la variation du PIB d’une période à l’autre.
avec la concentration consécutive des recettes en profits, reste intact, et l’Europe qui se résistait au modèle s’y est prêtée en 2010. La consommation basée sur le crédit se poursuit à la hausse malgré la crise.

Face à cette situation, nous soulignons que :

1. La crise n’est pas terminée. Bien que le G20 se targue d’avoir empêché la débâcle mondiale, la dette publique des pays européens de l’OCDE OCDE
Organisation de coopération et de développement économiques
Créée en 1960 et basée au Château de la Muette à Paris, l’OCDE regroupe les quinze membres de l’Union européenne auxquels s’ajoutent la Suisse, la Norvège, l’Islande ; en Amérique du Nord, les États-Unis et le Canada ; en Asie-Pacifique, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Entre 1994 et 1996, trois pays du Tiers-Monde ont fait leur entrée : la Turquie, candidate à entrer également dans l’Union européenne ; le Mexique qui forme l’ALENA avec ses deux voisins du Nord ; la Corée du Sud. Depuis 1995, se sont ajoutés trois pays de l’ex-bloc soviétique : la République tchèque, la Pologne et la Hongrie. En 2000, la République slovaque est devenue le trentième membre.

Liste des pays membres de l’OCDE par ordre alphabétique : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque, République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Turquie.
Site :
atteignait en 2010 81% du PIB en moyenne, témoignant d’une importante crise fiscale sur le vieux continent. Les dettes de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne dépassent 82% du PIB, celle de la France atteint 92% du PIB. De plus, il y a un haut risque de bulles financières du fait de la spéculation Spéculation Opération consistant à prendre position sur un marché, souvent à contre-courant, dans l’espoir de dégager un profit.
Activité consistant à rechercher des gains sous forme de plus-value en pariant sur la valeur future des biens et des actifs financiers ou monétaires. La spéculation génère un divorce entre la sphère financière et la sphère productive. Les marchés des changes constituent le principal lieu de spéculation.
sur les matières premières ; on assiste à une guerre des devises au sein de laquelle les Etats-Unis veulent gagner en liquidité Liquidité
Liquidités
Capitaux dont une économie ou une entreprise peut disposer à un instant T. Un manque de liquidités peut conduire une entreprise à la liquidation et une économie à la récession.
et en compétitivité en réimprimant des dollars et en exigeant des autres pays qu’ils réévaluent leurs monnaies, sans égard à l’impact sur les populations. Tout cela affecte l’emploi et, de fait, le bien-être de la population.

2. Malgré leur discrédit, les Institutions financières internationales (IFI) restent au service et se posent en défenseurs tenaces du modèle néolibéral caduc.
- Le système de vote au sein des IFI ne reflète pas le changement au sein du pouvoir mondial ni le nouveau rôle que jouent le Brésil, la Chine, la Russie et l’Inde, et moins encore l’affaiblissement de l’Europe dans l’économie mondiale. Au sein du G20, l’Europe bénéficie d’une double représentation, à travers l’Union européenne et par le biais des pays européens membres du G7. En 2018, le BRIC + 3 (Indonésie, Corée du Sud et Turquie) pèsera plus lourd que le G7, ce qui ouvre la discussion sur la structure du pouvoir en général.
- Les IFI ont essayé de sortir de leurs propres crises de légitimité en se repositionnant et en adoptant un autre langage. Le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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est parvenu à canaliser les fonds destinés à solutionner la crise à travers sa Ligne de Crédit Flexible, mais il n’a pas supprimé les conditionnalités, celles-ci faisant désormais office de pré-requis. Pour sa part, la Banque mondiale Banque mondiale
BM
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créée en juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis), à l’initiative de 45 pays réunis pour la première Conférence monétaire et financière des Nations unies. En 2011, 187 pays en étaient membres.

Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes :
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 189 membres en 2017) octroie des prêts concernant de grands secteurs d’activité (agriculture et énergie), essentiellement aux pays à revenus intermédiaires.
L’Association internationale pour le développement (AID, ou IDA selon son appellation anglophone, 164 membres en 2003) s’est spécialisée dans l’octroi à très long terme (35 à 40 ans, dont 10 de grâce) de prêts à taux d’intérêt nuls ou très faibles à destination des pays les moins avancés (PMA).
La Société financière internationale (SFI) est la filiale de la Banque qui a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées du Tiers Monde.
Enfin, le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts tandis que l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) cherche à favoriser l’investissement dans les PED. Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de « conseiller » les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix. Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.

TYPES DE PRÊTS ACCORDÉS PAR LA BM :

1) Les prêts-projets : prêts classiques pour des centrales thermiques, le secteur pétrolier, les industries forestières, les projets agricoles, barrages, routes, distribution et assainissement de l’eau, etc.
2) Les prêts d’ajustement sectoriel qui s’adressent à un secteur entier d’une économie nationale : énergie, agriculture, industrie, etc.
3) Les prêts à des institutions qui servent à orienter les politiques de certaines institutions vers le commerce extérieur et à ouvrir la voie aux transnationales. Ils financent aussi la privatisation des services publics.
4) Les prêts d’ajustement structurel, censés atténuer la crise de la dette, qui favorisent invariablement une politique néo-libérale.
5) Les prêts pour lutter contre la pauvreté.
Site :
gère les « fonds verts » pour faire face aux problèmes liés au changement climatique, mais ils ne constituent qu’un petit pourcentage de son porte-feuille tandis qu’elle persiste à financer les industries basées sur les énergies non-renouvelables.
- Les politiques que les IFI recommandent aux pays industrialisés sont déjà bien connues des PED : ouverture commerciale et des mouvements de capitaux, dérégulation du marché du travail et réduction des dépenses publiques, en dépit des impacts sociaux que de telles mesures ont provoqué par le passé.
- On entend consolider « un réseau global de sécurité financière et la promotion du développement » pour contrer les fluctuations soudaines du capital et être en mesure de réagir plus rapidement face à la prochaine crise. On cherche donc des palliatifs, non pas une solution qui mette un terme aux crises chroniques du système.
- La restructuration des IFI ne peut se limiter à des augmentations minimes et insuffisantes des quotas de participation de certains PED, d’autant plus quand leur direction reste au main des puissances mondiales. Les IFI devraient être sous la direction des Nations-Unies, au service du bien commun, elles devraient réduire leurs fonctions et se coordonner avec les institutions nées d’initiatives de régionalisation qui se renforcent sur les continents.

3. Il n’y a pas de volonté politique pour réguler les marchés spéculatifs. Toutes les décisions se prennent à pas lents, et parmi les quelques propositions importantes présentées dans le cadre de la Convention des Nations-Unies face à la Crise et son impact sur le développement, aucune n’a été mise en pratique. Le processus Bâle III n’est pas parvenu à passer d’une banque spéculative à une banque basée sur les réserves.

4. Pis, il n’y a aucune volonté de sortir de la crise. Les débats au sein du G20 réaffirment le néolibéralisme et cherchent les moyens de le maintenir. On cherche simplement le status quo propre à assurer les profits de quelques mutinationales.
Les thèmes à l’ordre du jour du sommet en Corée - la structure du capital des banques, le renforcement de la régulation des institutions financières systématiquement importantes, la distribution des fonds publics au secteur financier, entre autres - sont limités quant à l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’amélioration de l’emploi, de la qualité de vie et des droits humains. L’absence totale de remise en question d’un système néolibéral qui provoque des crises systémiques récurrentes, et qui au cours de décennies d’existence n’a pas réussi à éliminer ou réduire de manière substantielle la pauvreté et les inégalités, nous impose de réitérer les demandes que nous signalons depuis le début de la crise :

a) Il est urgent de mettre en place une Nouvelle Architecture Financière Internationale fondée sur la régulation et la supervision des flux financiers. Dans ce cadre, les pays doivent assurer le controle des capitaux et la régulation monétaire afin de limiter l’entrée de devises spéculatives qui génèrent des problèmes de liquidités et affectent les secteurs entrepreneuriaux de la population. Par le biais de la régulation financière, les pays recouvreront davantage d’autonomie afin de mettre en place des politiques publiques ; dans un même temps, des cadres de régulation aux niveaux régionaux permettront que les systèmes financiers concourrent davantage à la réalisation des biens publics de chaque région.

b) La collaboration internationale est indispensable pour sortir de la crise et créer des conditions plus justes entre les pays. Celle-ci ne doit pas être entendue uniquement en tant que coopération monétaire et liberté de mouvements des capitaux, tel que l’ont insinué les IFI lors de leur dernière réunion. Les PED sont les principaux affectés par la crise et par le système qui en est à l’origine ; de ce fait ils ont besoin de ressources afin de réduire les inégalités sociales propres à chaque région. En ce sens, il est nécessaire de mettre en place :
- Un moratoire Moratoire Situation dans laquelle une dette est gelée par le créancier, qui renonce à en exiger le paiement dans les délais convenus. Cependant, durant la période de moratoire, les intérêts continuent de courir. Un moratoire peut également être décidé par le débiteur, comme ce fut le cas de la Russie en 1998 et de l’Équateur en 1999. de la dette, pour générer des liquidités afin que les PED puissent pourvoir aux priorités sociales, et non financières.
- Des Audits de la dette, qui permettent d’identifier les dettes illégales et illégitimes, et de les répudier.
- Des ressources pour faire face à la crise, que les pays industrialisés qui en sont à l’origine remettront à titre de réparation pour les dommages causés.
- Une autre gestion de l’endettement, par le biais d’un traitement équitable entre les IFI et les pays, en respectant la souveraineté de ces derniers et sans conditionnalités qui entravent la liberté des Etats à mener les politiques publiques dont ils ont besoin.
- Une véritable Justice Fiscale, basée sur des impôts sur le revenu et non à la consommation, qui permette une meilleure redistribution des richesses et qui participe à l’établissement d’une taxe substantielle sur les secteurs et industries dont les impacts sont négatifs pour l’environnement et la société.

c) Il faut un financement pour faire face aux problèmes causés par le changement climatique. Les pays industrialisés en sont à l’origine du fait du modèle productif prédateur sur les ressources, tandis que les PED en subiront plus sévèrement les conséquences. Il faut prendre rapidement des engagements concrêts et additionnels aux ressources destinées à la crise, sous forme concessionnelle et sans générer un nouvel endettement. En ce sens, nous soutenons les propositions issues de la Table sur le Financement du Sommet de Cochabamba de même que les initiatives émanant de différents secteurs en faveur d’un financement équitable : la fin des subsides aux combusibles fossiles, l’internalisation des coûts environnementaux par les industries conformément à leur impact environnemental, et autres taxes internationales. De plus, nous appuyons la proposition du G77 G77 Le G77 est une émanation du Groupe des pays en voie de développement qui se sont réunis pour préparer la première Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) à Genève en 1964. Le Groupe offre un forum aux PED pour discuter des problèmes économiques et monétaires internationaux. En 2000, le G77 regroupait plus de 130 pays. et de la Chine pour que les pays industrialisés consacrent entre 0,5% et 1% de leur produit intérieur brut à la lutte contre le changement climatique.

d) L’Amérique latine doit consolider son processus d’intégration, en impulsant l’UNASUR. Dans ce cadre, renforcer le processus de régionalisation des finances globales est un complément fondamental afin de disposer d’une plus grande autonomie, de récupérer des ressources financières et d’encourager le développement soutenable. Plus spécifiquement, il faut :
- Des institutions qui appuient un développement soutenable, telle une Banque du Sud qui soutienne la petite industrie, le bien-être social, et le développement technologique et scientifique qui permettent une économie soutenable.
- Un Fonds de Réserve, afin que la région dispose d’autonomie et de réserves face à une détérioration de la balance des paiements Balance des transactions courantes
Balance des paiements
La balance des transactions courantes d’un pays ajoute à la balance des biens et services la balance des transferts unilatéraux, concernant des biens ou services importés ou exportés sans rétribution apparente : dons, subventions, envois d’argent à l’étranger par des travailleurs immigrés, etc. Le solde, appelé solde des paiements courants, traduit la position financière d’un pays par rapport au reste du monde.

Un pays disposant d’un excédent de ses paiements courants est un pays prêteur vis-à-vis du reste du monde. Inversement, si la balance d’un pays est déficitaire, ce pays devra se tourner vers les prêteurs internationaux afin d’emprunter pour ses besoins de financement. La balance des opérations en capital, dont le solde est l’opposé du solde des paiements courants, vient boucler la balance des paiements, qui est donc, par définition, équilibrée.
, et un système de paiement distinct du dollar qui limite la contagion de futures crises et la dépendance à la banque internationale pour le financement de la production locale.
- Un Cadre de Régulation Financier Régional qui établisse les règles pour un fonctionnement efficient et efficace des institutions financières de la région dans le cadre d’un développement soutenable, et les instruments de régulation à disposition des Etats pour controler les marchés en faillite.

Le G20 a montré n’avoir aucun intérêt à améliorer les règles du jeu pour tous. Il cherche une « stabilisation systémique » pour que les capitaux recouvrent une rentabilité exarcerbée, en faisant croire au monde que l’économie de tous croît. Cependant, en Amérique latine, le chômage post-crise a touché 39 millions de personnes, portant à 189 millions le nombre de latinoaméricains vivant sous le seuil de pauvreté ; le coéfficient des inégalités de la région est de 0,53 [1], portant l’Amérique latine au rang de région la plus inégale du monde, et on estime à plus 100 milliards de dollars par an la somme que les PED avons besoin afin que nous puissions faire face aux problèmes environnementaux causés par les pays industrialisés, mais qu’ils se refusent jusqu’alors à nous donner. Le G20 ne doit pas être l’espace où l’on débat de problèmes globaux et où l’on décide de mettre en place des mesures qui concernent le monde entier, puisque en tant que groupe il ne représente que 10% des pays. Les légitimer en tant que conducteurs de l’économie mondiale reviendrait à consolider le système qui veut que ceux qui détiennent et produisent le plus d’argent détiennent davantage le droit à décider, au dessus du reste de la population.

Dans ces conditions, nous demandons la mise en place d’une nouvelle architecture financière internationale, fondée sur le controle des capitaux et la régulation financière ; une autre gestion de l’endettement, en menant des audits de la dette et en disposant de ressources pour faire face à la crise financière ; une véritable justice fiscale ; des ressouces pour s’attaquer au problème du changement climatique et une réelle impulsion de l’UNASUR.



Notes

[1Chiffres de 2007.

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