Prêt de l’UE à la Tunisie

Le Parlement européen condamne la Tunisie aux recettes qui ont mené la Grèce au désastre

17 avril 2014 par CADTM , CNCD


CC - Cédric Puisney

Ce 16 avril 2014, les députés européens ont approuvé à une large majorité le prêt « d’assistance macrofinancière » de 300 millions d’euros à la Tunisie. Le CNCD-11.11.11 et le CADTM regrettent cette décision qui contribue à faire perdurer une situation illégitime : la seule attitude responsable aujourd’hui est de décréter un moratoire sur le remboursement de la dette tunisienne afin de permettre à ce pays de réaliser un audit pour identifier et annuler sans condition les dettes odieuses et illégitimes.

Pour Renaud Vivien, co-secrétaire général du CADTM Belgique, « ce prêt ne va pas aider les Tunisiens, il va au contraire aggraver leur situation ! Il va avant tout servir à rembourser aux créanciers européens la vieille dette Dette Dette multilatérale : Dette qui est due à la Banque mondiale, au FMI, aux banques de développement régionales comme la Banque Africaine de Développement, et à d’autres institutions multilatérales comme le Fonds Européen de Développement.
Dette privée : Emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur.
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics.
contractée par le régime Ben Ali. Cette dette devrait être annulée plutôt que remboursée : elle est odieuse selon le droit international car elle n’a pas été décidée démocratiquement par le peuple tunisien et n’a pas servi ses intérêts, mais ceux d’une petite élite corrompue ».

Le prêt de l’UE est lié au respect des conditionnalités économiques imposées par le FMI FMI
Fonds monétaire international
Le FMI a été créé en 1944 à Bretton Woods (avec la Banque mondiale, son institution jumelle). Son but était de stabiliser le système financier international en réglementant la circulation des capitaux.

À ce jour, 188 pays en sont membres (les mêmes qu’à la Banque mondiale).

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. « Or », observe Antonio Gambini, chargé de recherche au CNCD-11.11.11, « le programme que le FMI a imposé à la Tunisie correspond à celui que le FMI lui-même a reconnu comme un échec dans le cas de la Grèce : des coupes sombres dans les dépenses publiques, la dérégulation du marché du travail et d’autres mesures ultra-libérales qui aboutissent in fine non seulement au désastre social mais aussi à l’échec économique ».

Selon certaines informations, la Commission européenne projette de réaliser les prochains prêts « d’assistance macrofinancière » (par exemple à destination de l’Ukraine) en usant d’une autre base légale, afin d’éviter de devoir passer par la codécision avec le Parlement européen. Pour Antonio Gambini, « il s’agirait clairement, de la part de la Commission européenne, d’un subterfuge dangereux pour se soustraire au débat démocratique ».

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Contacts presse :

Renaud Vivien, co-secrétaire général du CADTM Belgique : +32 497 04 79 99

Antonio Gambini, chargé de recherche au CNCD-11.11.11 : +32 479 48 28 78