Non à l’OMC et aux traités de libre échange

Le TTIP coule, l’OMC et les ALE doivent aussi s’écrouler

Communiqué de Presse de la Via Campesina - Harare, le 8 septembre 2016

9 septembre par La Via Campesina

CC - Flickr - fuzheado

Le 10 septembre est la journée d’action contre l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
, La Via Campesina, mouvement paysan international qui rassemble plus de 200 millions de paysans venant de 164 organisations membres dans 73 pays, commémore la mort de Lee Kyung Hae et continue à lutter pour la FIN de l’OMC.

L’année dernière, à Nairobi, lors de la 10e session ministérielle sur le commerce, les négociations ont abouti à la dernière heure afin de sauver les apparences alors que l’OMC OMC
Organisation mondiale du commerce
Née le 1er janvier 1995, elle remplace le forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les États avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Un des objectifs de l’OMC est le démantèlement, lorsqu’ils existent encore, des monopoles nationaux constitués en vertu d’une décision publique. C’est déjà le cas pour les télécommunications dont la décision a été prise dans le cadre de l’OMC en février 97. Mais il en reste d’autres comme les chemins de fer qui attirent la convoitise des grands groupes financiers.

Un autre objectif est la libéralisation totale des investissements. L’instrument utilisé a été le projet d’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). L’AMI dont l’élaboration avait été décidée lors de la réunion ministérielle de l’OCDE de mai 1995, vise l’ensemble des investissements : directs (industrie, services, ressources naturelles) et de portefeuille. Il prévoit des dispositifs de protection, notamment pour le rapatriement total des bénéfices. L’AMI a été comme tel abandonné en 1997 mais est réapparu sous la forme d’une multitude d’Accords bilatéraux sur l’investissement, ce sont les nouveaux « habits » de l’AMI.

L’OMC fonctionne selon le mode « un pays - une voix » mais les délégués des pays du Sud ne font pas le poids face aux tonnes de documents à étudier, à l’armée de fonctionnaires, avocats, etc. des pays du Nord. Les décisions se prennent entre puissants dans les « green rooms ». Toutefois, dans la lancée de l’épisode de Seattle en novembre 1999, la conférence de Cancun (Mexique) en septembre 2003 a été marquée par la résistance d’un groupe de 22 pays émergents du Sud, qui se sont alliés en la circonstance pour mener la conférence à l’échec, face à l’intransigeance des pays du Nord.
Site : http://www.wto.org/indexfr.htm
tentait de se réinventer et de chercher une légitimité en Afrique. Depuis la réunion de Nairobi, les membres de l’OMC ont tenu leur première réunion informelle sur l’agriculture, le 8 mars de cette année, afin de discuter du futur des négociations sur l’agriculture. Nous devons nous mobiliser de plus en plus pour la FIN de l’OMC, afin que, dans les préparations de la 11e réunion ministérielle en 2017, l’agriculture sorte du champ d’action de l’OMC.

En ce 13e anniversaire du martyre de Lee Kyung Hae, nous rejetons les Accords de libre-échange bilatéraux et multilatéraux qui vont à l’encontre des intérêts des peuples et de la démocratie. Ces accords sapent le contrôle par les peuples de leurs propres ressources comme le soulignait déjà les paroles de Lee : « Je voudrais avertir tous les citoyens que l’espèce humaine est en danger. De grandes entreprises internationales non contrôlées et un petit nombre de membres de l’OMC organisent une mondialisation Mondialisation (voir aussi Globalisation)
(extrait de F. Chesnais, 1997a)
Jusqu’à une date récente, il paraissait possible d’aborder l’analyse de la mondialisation en considérant celle-ci comme une étape nouvelle du processus d’internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a été à la fois l’expression et l’un des agents les plus actifs.
Aujourd’hui, il n’est manifestement plus possible de s’en tenir là. La « mondialisation de l’économie » (Adda, 1996) ou, plus précisément la « mondialisation du capital » (Chesnais, 1994), doit être comprise comme étant plus - ou même tout autre chose - qu’une phase supplémentaire dans le processus d’internationalisation du capital engagé depuis plus d’un siècle. C’est à un mode de fonctionnement spécifique - et à plusieurs égards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher à comprendre les ressorts et l’orientation, de façon à en faire la caractérisation.

Les points d’inflexion par rapport aux évolutions des principales économies, internes ou externes à l’OCDE, exigent d’être abordés comme un tout, en partant de l’hypothèse que vraisemblablement, ils font « système ». Pour ma part, j’estime qu’ils traduisent le fait qu’il y a eu - en se référant à la théorie de l’impérialisme qui fut élaborée au sein de l’aile gauche de la Deuxième Internationale voici bientôt un siècle -, passage dans le cadre du stade impérialiste à une phase différant fortement de celle qui a prédominé entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le début des années 80. Je désigne celui-ci pour l’instant (avec l’espoir qu’on m’aidera à en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la polémique) du nom un peu compliqué de « régime d’accumulation mondial à dominante financière ».

La différenciation et la hiérarchisation de l’économie-monde contemporaine de dimension planétaire résultent tant des opérations du capital concentré que des rapports de domination et de dépendance politiques entre États, dont le rôle ne s’est nullement réduit, même si la configuration et les mécanismes de cette domination se sont modifiés. La genèse du régime d’accumulation mondialisé à dominante financière relève autant de la politique que de l’économie. Ce n’est que dans la vulgate néo-libérale que l’État est « extérieur » au « marché ». Le triomphe actuel du « marché » n’aurait pu se faire sans les interventions politiques répétées des instances politiques des États capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette liberté que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouvée pour se déployer mondialement comme ils n’avaient pu le faire depuis 1914, tient bien sûr aussi de la force qu’il a recouvrée grâce à la longue période d’accumulation ininterrompue des « trente glorieuses » (l’une sinon la plus longue de toute l’histoire du capitalisme). Mais le capital n’aurait pas pu parvenir à ses fins sans le succès de la « révolution conservatrice » de la fin de la décennie 1970.
indésirable, inhumaine, non démocratique, qui dégrade l’environnement et tue les paysans. Il faut l’arrêter immédiatement, sinon la logique fausse du néolibéralisme effacera la diversité de l’agriculture mondiale avec des résultats désastreux pour l’espèce humaine. »

Les accords de libre-échange (ALE) tels que l’Accord économique et commercial global (CETA en anglais), le Partenariat transpacifique (TPP en anglais) et le Partenariat économique global régional (RCEP en anglais) sont conçus pour profiter aux larges entreprises. Mais ces grandes entreprises, en accaparant les marchés locaux et les terres agricoles des paysans les conduisent à leur perte. Depuis l’adoption des ALE, nous avons constaté un déclin drastique du nombre de paysans et de paysannes. La nature n’a pas été épargnée non plus car les ALE portent atteinte à la protection de l’environnement et au bien-être animal. La sûreté alimentaire est aussi menacée avec les conséquences sur la santé que l’on connaît. De surcroît, les ALE, par le biais de mécanismes litigieux de résolution de différents entre investisseurs et États, érodent la souveraineté des états les laissant à la merci des larges entreprises transnationales (TNC). Nous demandons à nos gouvernements de s’engager à mettre en place des programmes d’achats publics et institutionnels robustes qui permettent aux paysans d’avoir accès à un marché rémunérateur, participatif et stable pour les produits de leur ferme.

Le controversé Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) négocié entre l’Union Européenne et les États-Unis est au point mort, les négociations étant bloquées. Cela représente une étape significative dans notre mobilisation contre les ALE. C’est une opportunité pour redire le projet destructeur de ces accords et mettre fin à ce type de négociations.

Lee n’était pas n’importe qui. Il avait fondé une coopérative et une association de paysans en Corée, Il avait été législateur d’état et avait été reconnu par le gouvernement de Corée et par l’ONU comme un paysan remarquable. Pourtant, il avait perdu sa terre, comme des millions d’autres paysans coréens, après que le gouvernement ait signé, en 1992, l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT GATT Forum permanent de négociation qu’était l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) où les Etats avaient seulement le statut de « parties contractuelles ». Il est remplacé en le 1er janvier 1995 par l’OMC. ), prédécesseur de l’OMC.

Nous demandons, aujourd’hui, à nos organisations membres, à nos alliés, aux mouvements sociaux du monde entier de se mobiliser contre l’agenda néolibéral de l’OMC qui sert à la promotion du pouvoir des multinationales sur l’humanité. Nous devons continuer à nous battre pour un monde basé sur la souveraineté alimentaire.

À bas l’OMC

FIN à l’OMC

STOP aux ALE

Souveraineté alimentaire maintenant !